CHAPITRE III
Application des réactifs à l’étude de la localisation des huiles essentielles des Lauracées.
Cette étude porte sur vingt-trois espèces appartenant aux ditlérents genres de la famille qu’il m’a été possible de me procurer (1).
Les tiges et les feuilles ont été plus longuement examinées, car dans la plupart des cas, les racines et les fleurs m’ont manqué. Toutes les précautions possibles ont été prises pour éviter le transport de gouttelettes huileuses par le rasoir en faisant les coupes. Pour cela, après chaque coupe, on lave le rasoir à l’alcool et on l’essuie avec précaution -, de'^lus, on peut examiner aussi une coupe un peu épaisse, dans laquelle alors la majorité des cellules sécrétrices ou des globules d’essence épars dans les cellules se colorent par osmose. Dans ce cas, il est impossible de suspecter le transport par le rasoir.
Nous allons donc étudier dans chaque tribu les genres et les espèces que nous avons pu nous procurer. Comme on le verra plus loin, il n’existe pas de localisation spéciale : tantôt les cellules sé-
(1) La plus grande partie des échantillons qui m'ont servi dans ces recherches proviennent du Jardin de Botanique de l’École de Médecine et et de Pharmacie d’Alger et sont dus à l’obligeance de MM, Trabut et Hérail, professeurs à cette école.
crétrices sont dans l’écorce et la moelle, tantôt dans le liber, etc. ; quelquefois même, il n’existe pas de réservoirs particuliers, et ce sont des cellules analogues à celles du parenchyme ambiant qui sont devenues sécrétrices et remplies d’huile essentielle. Souvent aussi, on trouve dos gouttelettes isolées d’essence, et chez certaines plantes des genres Apollonias, Laurus, Lilsea, l’orcanette colore un assez grand nombre de petits globules sur lesquels le Violet de Paris est sans action. Ces gouttelettes sont probablement composées d’huile grasse, car la coupe traitée par l’éther et plongée de nouveau dans les réactifs ne prend plus les colorations.
L’élude des cellules sécrétrices des Lauracées ne peut donc aider en aucune façon à leur classification, car leur disposition est trèsvariable dans les diverses espèces d’un môme genre. Nous continuerons donc à suivre la classification de Bentham et Hooker, et pour chaque plante étudiée, nous donnerons la localisation ; 1" dans la racine, quand l’échantillon ne nous manquera pas ; 2" dans la lige très-jeune, autant que possible au moment où les formations secondaires ne sont pas ou sont seulement très-peu développées ; 3“ dans la lige la plus âgée possible ; 4“ dans la feuille. On étudiera aussi quelques écailles de bourgeons, différentes pièces du périantlie de la (leur et quelques embryons.