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I. — Tribu des Perseacées

§ I. — Apollonias.

Apollonias cannriensis.

Le Violet de Paris est sans action sur le produit de sécrétion de cette plante. L’orcanelte montre la disposition suivante :

Tige. — A la période primaire, on trouve quelques rares cellules à essence dans la moelle et d’assez nombreuses dans l’écorce. Plus tard, on remarque en outre quelques cellules ligneuses remplies d’huile essentielle ; dans le liber secondaire, on ne rencontre pas de cellules nettement différenciées ; quelques cellules du parenchyme libérien prennent la coloration rouge, et çà et là dans quel- (|ues autres cellules apparaissent un ou deux globules colorés, de grosseur variable.

En résumé, c’est Yécorce et le liber qui paraissent contenir le plus d’essence.

Feuille.—Bc larges cellules à mucilage, sur lesquelles les réactifs sont sans action, se trouvent entre tes cellules en palissade à la face supérieure de la feuille ; sous l’assise chlorophyllienne, apparaissent disposées irrégulièrement quelques cellules spéciales arrondies et de moins grande dimension que les précédentes. Ce sont les cellules à huile essentielle.

§ II- — Genre Cinnamomum.

Dans ce genre, l’huile essentielle paraît localisée surtout dans le Liber, excepté chez le Cinnamomum zetjlanicum,doni le bois,quand la tige est âgée, en contient à peu près autant que le liber. Ces plantes sont peu mucilagineuses, et tes cellules à mucilage existent surtout dans l’écorce et le liber secondaire.

La feuille est peu aromatique, les cellules à mucilage sont principalement situées dans l’assise en palissade, et ce fait est à peu près constant pour toute la famille. Cependant, il arrive quelquefois que, sous l’action des réactifs, le contenu de quelques-unes de ces grandes cellules se contracte contre la paroi ; il prend alors trèslégèrement la coloration, comme s’il existait en mélange une petite quantité d’essence. Sous le parenchyme chlorophyllien, il apparaît quelques rares cellules remplies d’essence ; dans le liber ou le bois des faisceaux libéro-ligneux des nervures, on voit aussi des cellules remplies d’huile essentielle. Dans le collenchyme, on peut remarquer aussi quelques cellules prenant les colorations caractéristiques. Du reste, la localisation est ordinairement la môme dans les faisceaux des nervures que dans ceux de la lige. Pour toutes les espèces de cc genre, l’étude des cellules sécrétrices a été faite avec les deux réactifs, dont les résultats ont toujours concordé.

Cinnamomum zeylanicum (Voir fig. 1, 3 et 4).

Racine, — La racine présente des cellules sécrétrices dispersées dans l’écorce et dans je liber secondaire {ch, fig. I) ; de plus, on rencontre çà et là des globules isolés dans d’autres cellules du parenchyme cortical et libérien.

Tige. — L«s formations primaires contiennent peu d essence ; quelques cellules spéciales se colorent légèrement dans la moelle, dans le liber et parfois dans le parenchyme ligneux. A la période secondaire, l’essence paraît se localiser surtout dans le liber et le

Fig. 12.— Coupe longitudinale d’une TIGE DE Cinnamomum Zeylanicum.

s/), fibres périoyoliques. — es, cellules scléreuses.— c,cambium. — b, bois.

ch, cellules à essence. — m, moelle.

bois,et plus la plante est âgée, plus le bois paraît en contenir. Les cellules à mucilage sont très-grandes et se rencontrent principalement dans le liber secondaire et l’écorce.

En coupe longitudinale, les cellules ligneuses remplies d’huile essentielle diffèrent sensiblement de leurs voisines. On peut remarquer (ch, fig. 12) que ces cellules, dont la paroi est lignifiée, ne se sont pas allongées en fibres et que leurs extrémités ne se terminent pas en pointe comme celles des autres fibres ligneuses .Ce caractère est constant dans toutes les plantes chez lesquelles j’ai pu constater la présence de l’huile essentielle dans le bois.

On rencontre même çà et là dans les rayons médullaires des cellules remplies entièrement d’huile essentielle.

L’écorce montre aussi quelques grandes cellules à essence et à mucilage.

En résumé, dans celte espèce le liber et le bois sont les parties les plus riches en essence, et chez un échantillon de 1 cm. de diamètre provenant du Muséum, la quantité d’huile volatile paraissait au microscope plus forte dans le bois que dans le liber.

Feuille. — Elle contient très peu d’essence, si ce n’est dans le liber et le bois des faisceaux libéro-ligneux des nervures. L’assise

chlorophyllienne est interrompue par de grandes cellules à mucilage, dont quelques-unes prennent parfois très légèrement les colorations. Rarement on rencontre dans le parenchyme de [la feuille une petite cellule arrondie contenant de l’huile essentielle, et on peut voir çà et là quelques globules isolés se colorant sous l’action des réactifs.

Cinmmomum aromaiicum.

Tige. — Dans la tige primaire, la coupe laisse voir de larges et très nombreuses cellules sécrétrices dans l’écorce et la moelle ; quelques-unes d’entre elles sont un peu colorées par l’orcanelle et le Violet de Pans ; plusieurs se rencontrent aussi dans le liber primaire.

Plus tard, les cellules à essence se diflérencient nettement dans le liber, l’écorce et la moelle ; quelques cellules du bois deviennent sécrétrices ; çà et là quelques globules huileux isolés se trouvent dans les éléments du parenchyme ligneux.

Feuille. — Les grosses cellules mucilagineuses sont rares dans le parenchyme en .palissade, mais en-dessous quelques-unes paraissent contenir un peu d’essence en mélange avec le mucilage. Les faisceaux des nervures répètent les localisations de la tige, c’est-à-dire contiennent des cellules sécrétices dans leur liber et leur bois. De plus, on constate aussi la présence de ces dernières dans le tissu de soutien qui entoure ces faisceaux.

Cinmmomum dulce.

Tige.— A la période primaire, on n’aperçoit qu’un petit nombre ■de cellules à essence, disposées çà et là dans la zone interne de l’écorce, le liber et la moelle ; très rarement quelques cellules du parenchyme ligneux se colorent.

A la période secondaire, c’est dans le liber secondaire et dans l’écorce que l’essence apparaît en plus grande quantité. Dans l’écorce, elle se trouve dans de larges cellules ressemblant beaucoup aux cellules à mucilage, quoique généralement moins volumineuses. Dans le liber, surtout dans le liber secondaire, elle existe dans des cellules spéciales, toujours analogues, mais plus petites que les

cellules inucilagineuses, nombreuses aussi dans cette partie de la plante.

Feuille. — D’énormes cellules à mucilage sont incluses dans le parencliyme chlorophyllien, immédiatement sous l’épiderme supérieur. Les cellules spéciales à huile essentielle sont toujours placées au-dessous des cellules en palissade vers le milieu de l’épaisseur de la feuille ; elles sont arrondies, plus ou moins ovales et une fois moins grosses que les cellules à mucilage. Les faisceaux libéroligneux des nervures montrent aussi des cellules sécrétrices dans leur liber.

Cinnamomum Rheinvardthi.

La tige jeune renferme peu d’essence ; quelques grandes cellules analogues à celles à mucilage prennent un peu les colorations, et sont situées surtout dans la moelle et l’écorce. Plus lard, la plus grande partie de l’essence apparaît dans le liber, soit dans des cellules arrondies spéciales, soit dans d’autres cellules ne différant extérieurement en rien de leurs voisines du parenchyme libérien secondaire.

De larges cellules à mucilage se remarquent toujours dans l’écorce avec quelques cellules à huile volatile.

Fig.tS.— Coupe d’une écaille d’un bourgeon foliifère du Cinnamomum Hheinvardhti.

cm, cellules à mucilage. — cA,cellules à essence.— h, globule d’huile essentielle. — es, cellule scléreuse. ’

Dans la moelle, on voit aussi çà et là quelques globules ou des

masses finement granuleuses d’huile dans des cellules quelconques du parenchyme médullaire.

Comme dans les espèces précédentes, on peut constater la présence de cellules à essence dans les écailles de bourgeons ; et dans cette étude il est préférable d’employer le Violet de Paris, le réactif à l’orcanette donnant souvent des colorations gênantes avec la matière résineuse qui recouvre ces écailles. On remarque dans cette écaille (fig. 13) des cellules larges arrondies dont le contenu prend fortement les colorations, tandis que d’autres cellules analogues restent absolument incolores et contiennent un mucilage analogue à celui de la tige et de la feuille. De plus çà et là on voit un ou plusieurs globules colorés, épars dans des cellules quelconques.

jF’ewt'fte.—Très peu aromatique, cette feuille montre,à part les faisceaux des nervures, de nombreuses cellules à mucilage dont (|uelques-unes seulement prennent un peu les colorations.

Cinnamomum Kiamis.

Racine. — Elle renferme des cellules essentielles assez nombreuses dans l’écorce, quelques-unes dans la moelle, et de plus quelques globules épars.

Tige, — La tige contient aussi des cellules à essence, surtout dans la moelle et l’écorce. Le liber secondaire est criblé do larges cellules à mucilage, et on peut y remarquer aussi quelques cellules à essence beaucoup plus petites. Dans le bois, on constate aussi de loin en loin une cellule remplie d’buile essentielle ; et enfin dans l’écorce et même le liber on aperçoit çà et là des globules isolés (fig. 15).

Feuille. — llya toujours de larges cellules à mucilage dans le parenchyme chlorophyllien ; quelques-unes d’entre elles sont légèrement colorables par les réactifs. Dans la partie médiane delà feuille, on rencontre aussi dès cellules à mucilage et rarement à essence. Les faisceaux libéro-ligneux représentent comme toujours la même structure que dans la tige, et on trouve d’une façon générale, comme on l’a déjà vu, quelques cellules du collenchyme, qui les entoure, entièrement remplies d’huile essentielle.

Fleur.— Les fleurs de cette espèce que j’ai pu me procurer ren-

ferment (fig. 14) des cellules à essence et des cellules à mucilage

ÉTAMiNBS DU Cinmmnmum Kiamis.

cm, cellule à mucilage.— c/t,cellule à essence.— h, globule d’huile essentielle, —po,grains de pollen.

que les réactifs colorants permettent seuls de distinguer, car l’aspect des unes et des autres est tout à fait semblable.

Ecorces de Cannelles commerciales.

Dans la Cannelle de Ceylan qui est composée, comme on l’a vu (fig. ü) du péricycle et du liber de la lige du Cinnamomum zeylanicum, on trouve dans le liber d’énormes cellules à mucilage, très nombreuses, plus ou moins régulièrement arrondies et des cellules (çh) remplies d’huile essentielle généralement plus petites que les précédentes et quelquefois déformé absolument analogue aux autres cellules du parenchyme libérien.

Dans la Cannelle de Chine, la disposition est la môme (fig. 7), sauf que l’écorce étant conservée,on y rencontre de grandes cellules contenant les unes du mucilage; les autres de l’essence et quelquefois prol)ablemerrt-"üirmélange des deux. On peut aussi constater çà et là quelques rares globules d’essence {h), isolés dans des cellules parenchymateuses quelconques.

§ III. — Genre Camphora.

Les deux espèces de ce genre que j’ai étudiées, présentent une structure très analogue à celle des Cinnamomum ; de même que, chez ces derniers, les cellules sécrétrices se rencontrent surtout dans le liber secondaire, bien que l’écorce, le bois et même la moelle en contiennent aussi.

Camphora offioinarum.

Racine.— La coupe transversale de la racine, déjà décrite anatomiquement plus haut (fig. 2), nous montre dans l’écorce de larges cellules à essence, ainsi que dans le péricycle et le parenchyme libérien ; de plus, on peut voir de loin en loin quelques globules d’essence isolés dans des cellules quelconques du parenchyme cortical ou libérien.

Tige. — Dans la tige très jeune, on trouve dans toutes les parties de la plante quelques cellules arrondies et prenant légèrement les colorations, qu’on fasse agir soit le Violet de Paris, soit l’orcanette; quand la tige est âgée, le Camphre paraît surtout localisé dans des cellules spéciales situées dans le liber secondaire. Beaucoup de cellules du parenchyme ligneux en sont généralement remplies ; et ces cellules qui présentent sur la coupe transversale l'aspect de fdires, possèdent sur la coupe longitudinale'les mêmes caractères que les cellules sécrétrices correspondantes du Cinnamomum zeylanicum (%• 12 ).

Feuille. — Il y a toujours de larges cellules à mucilage, incluses surtout dans le parenchyme en palissade ; cependant il arrive quelquefois, comme nous l’avons déjà vu, qu’on remarque dans l’une de ces cellules une masse irrégulière, finement granuleuse, colorée en rose ou encore en rouge, ressemblant au contenu cellulaire qui se serait contracté et qui contiendrait en mélange une petite quantité de Camphre.

Les faisceaux des nervures reproduisent comme toujours la même disposition de cellules sécrétrices que ceux de la tige.

Camphora muriela.

Tige. — Les cellules à huile essentielle, quand la tige est très-

jeune, ne diffèrent pas des autres et se rencontrent en plus ou moins grand nombre dans les diverses parties de cette tige ; ce n’est que plus tard que ces cellules se différencient nettement, elles apparaissent arrondies, de dimensions variables et le plus souvent complètement remplies par le camphre. .

C’est le liber qui est le lieu d’élection principal de ces cellules, mais on en rencontre aussi dans l’écorce, la moelle et très rarement dans le bois.

Feuille. — Même remarque que plus haut, certaines cellules ii mucilage comme celles du Camphora officinarum ont un contenu qui paraît se contracter et prend légèrement les colorations. Mais les cellules sécrétrices se trouvent dans le parenchyme moyen de la feuille, et sont de dimensions beaucoup moindres que les cellules à mucilage de la face supérieure.

§ IV. — Genre Phœbe.

Dans ce genre, c’est toujours dans le liber qu’on rencontre le plus grand nombre de cellules sécrétrices.

Phœbe païens.

Tige. — Pendant les formations primaires, on remarque des cellules à huile essentielle surtout dans l’écorce, le liber et la moelle ; dans les liges âgées, la moelle en contient peu, et c’est surtout dans le liber primaire que l’on voit des cellules remplies d’essence. Ce liber primaire forme dans cette plante une zone de cellules à parois épaissies, subérifiées, jaunâtres, très irrégulières et un certain nombre decescel-

Fig. 15. — Feuillr pu Phœbe païens, m, cellules à mucilage. — ch, cellules à essence.— fil, faisceau libère-ligneux.— sel, sclérenchyme.

Iules prennent énergiquement les colorations ; après cette zone viennent le liber secondaire et l’écorce avec des cellules spéciales arrondies contenant aussi de l’huile essentielle.

Feuille. — Dans cette feuille, la différence entre les cellules à essence et celles à mucilage est très-nette ; ces dernières sont grandes, ovales, nombreuses et situées dans le parenchyme en palissade ; très-rarement on trouve dans cette même couche une cellule arrondie, petite et remplie d’essence ; la très-grande majorité des cellules à essence se rencontrent au-dessous de l’assise chlorophyllienne, répandues çà et là dans le parenchyme ; leur dimension est deux ou trois fois moindre que celle des cellules à mucilage. On peut, de plus, observer çà et là quelques granulations colorées par les réactifs dans diverses cellules du parenchyme.

Phœbe lanceolala.

Tige. - Dans les très-jeunes tiges, l’écorce est parsemée de trèslarges cellules à mucilage ; elle contient peu de cellules à essence ; on remarque çà et là une des cellules de l’endoderme qui en est remplie. On trouve aussi quelques éléments sécréteurs dans le liber et la moelle. Plus tard, outre d’assez nombreuses cellules à huile essentielle dans le liber secondaire, le parenchyme libérien offre çà et là des globules d’essence plus ou moins gros.

Quelques éléments du bois et de la moelle prennent aussi les colorations.

Feuille. — Peu d’essence, mais de grandes cellules à mucilage ; on ne trouve de cellules nettement colorées que dans le collencliyme qui entoure les faisceaux libéro-ligneux des nervures.

Genre Fersea.

Eupersea gratissima.

Racine. — Elle contient peu d’essence, on voit çà et là quelques rares éléments sécréteurs dans la zone externe de l’écorce.

Tige. — Pendant les formations primaires, l’endoderme à peu près seul renferme des cellules à essence ; rarement il en existe dans le péricyclc. Dans les tiges âgées, on retrouve les mêmes cel-

Iules et quelques autres dans l’écorce et le liber secondaire. La

moelle en paraît toujours exempte.

Feuille. — Comme nous l’avons

Fig. 16. — Feuille de t,'Eupersea gratissima.

cm, cellule à mucilage.— ép, épiderme.

ch , cellule à essence.

I précédemment, la feuille de celte plante présente un aspect tout particulier, le tissu parenchymateux étant fréquemment détruit parles formations de liège sous-épidermique, il y a peu de cellules à essence ; du reste cette feuille est peu aromatique.

On peut remarquer dans l’assise en palissade quelques cellules analogues aux cellules à mucilage et qui prennent un peu la coloration rouge. On rencontre en outre quelques cellules sécrétrices en face des faisceaux libéroligneux des nervures.

Genre Nectandra.

Nectandra angustifolia.

Tige. — Elle offre de nombreuses cellules à essence dans l’écorce primaire ainsi que des cellules à mucilage à peu près de même aspect. Diverses cellules du liber primaire contiennent un ou plusieurs globules essentiels ; on observe, en outre, quelques cellules sécrétrices dans la moelle. Dans les formations secondaires qui ont, comme on l’a vu (fig. 5), un aspect particulier, la localisation reste à peu près la même ; mais quand le liber a déjà donné trois anneaux de fibres libériennes, entre la deuxième et la troisième strate, il existe d’assez nombreuses cellules sécrétrices et très-peu de cellules à mucilage. Quelques cellules ligneuses non allongées en fibres sont aussi remplies d’essence, et on peut même remarquer de rares cellules des rayons médullaires devenues sécrétrices.

Feuille. — Cette feuille est faiblement aromatique et mucilagineuse ; on n’y constate donc que- de rares cellules spéciales. Les

quelques cellules à essence qui existent chez elle sont situées dans le liber et le bois des faisceaux libéro-ligneux des nervures ou dans le collenchyme qui les entoure.

Le Violet de Paris acétique n’agit pas sur le produit de sécrétion de cette plante qui est composé du reste, pour la majeure partie, d’un corps gras qui empêche très-probablement la réaction de se produire. L’action de l’orcanette acétique seule nous a donc amené aux constatations ci-dessus.

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