‹ Contribution à l'étude histologique des lauracéesChapitre 14 sur 16 · II. — Litsêacées · texte numérisé non relu

II. — Litsêacées

Dans quelques genres de cette tribu que nous allons étudier, il est à remarquer que,contrairement à ce que nous avons vu chez tes Perséacées, la partie de la plante qui paraît la plus riche en essence est généralement l’écorce et non le liber, bien que ce dernier en contienne quelquefois en assez grande quantité {Sassafras, Lilsea Japonica, etc.). Les Litséacées sont, du reste, souvent très-mucilagineuses {Sassafras, Litsea laurifoUa, Laurus sericea, etc.) et leur produit de sécrétion presque toujours une huile grasse et insensible à l’action du Violet de Paris. Ce dernier agit néanmoins quelquefois, mais très-légèrement, et donne certaines différences avec l’orcanette qui montre, chez la plupart de ces espèces, de nombreux globules colorés, isolés dans diverses cellules des parenchymes.

§ I. — Genre Sassafras.

Sassafras officinalis.

Chez celte plante, le Violet agit lentement, et si on plonge les coupes dans un mélange des deux réactifs, on voit la coloration rouge apparaître d’abord pour être remplacée bientôt par l’autre.

Tige. — Dans les formations primaires, les cellules sécrétrices se rencontrent surtout dans la moelle et le liber, quelques cellules de l’écorce se remplissent aussi d’huile essentielle. Dans les tiges âgées, la localisation se fait surtout dans le liber et dans la moelle ; quelques cellules du bois prennent également les colorations.

L’orcanette montre de plus dans un assez grand nombre de cellules du parenchyme libérien et cortical de petits globules colorés, insensibles à l’action du Violet et qui sont probablement des glo-

bules d’huile grasse. Les cellules du bois qui sont devenues sécrétrices offrent les mêmes caractères que celles des Cinmmomum et Camphora, c’est-à-dire épaississement des parois d’une façon analogue aux cellules voisines, mais sans allongement en fibres. La moelle est remplie de larges cellules à mucilage.

Genre Litsea.

Ce genre Litsea nous montrera outre des cellules sécrétrices spéciales, un grand nombre de globules plus ou moins gros, colorables seulement par l’orcanette et répandus irrégulièrement dans des cellules quelconques des divers parenchymes.

Litsea japonica.

Cette plante est très-aromatique. Dans les tiges jeunes, l’essence est surtout dans la moelle, soit en gouttelettes isolées plus ou moins grosses, soit remplissant les cellules. Le liber, le péricyclique, l’écorce présentent aussi quelques cellules sécrétrices. Quand ta tige est âgée, c’est dans le liber primaire qu’on en rencontre le plus grand nombre. Ce liber présente, du reste, un aspect particulier ; il est formé de cellules irrégulièrement aplaties, lignifiées fortement, à paroi jaunâtre et formant une sorte d’anneau autour des formations libériennes secondaires. Le liber secondaire, l’écorce, la moelle et plus rarement le bois contiennent aussi des cellules sécrétrices ou des globules isolés.

Feuille. — La coupe transversale de cette feuille, représentée fig. 10, laisse voir do grandes cellules à mucilage dans le parenchyme en palissade et dans le parenchyme sous-jacent; quelques cellules arrondies, de dimensions bien moindres que les précédentes, contiennent de l’huile essentielle. Il est à noter aussi que quelquesunes des larges cellules de la face extérieure présentent sous l’action des réactifs l’apparence, déjà signalée, d’un contenu contracté contre la paroi et se colorant légèrement ; de plus, quelques rares cellules du collenchyme inférieur des bandes sclèrenchymateusés sont remplies d’essence.

Litsea laurifolia.

Tige. — Les échantillons de cette plante, quoique assez âgés, contiennent peu d’essence ; en revanche, elle est extrêmement mu-

cilagineuse. Pendant la période primaire, quelques cellules sécrétrices apparaissent dans l’écorce et la moelle ; l’écorce est remplie de larges cellules à mucilage. Au cours du développement, la moelle ne tarde pas à se résorber et la coupe est alors analogue à celle du Laurus sericea (fig. 17). Les cellules spéciales à essence sont donc en petit nombre et situées principalement dans l’écorce, quelquesunes se rencontrent dans le liber et le bois.

Feuille. — Presque pas d’essence dans cet organe, si ce n’est dans quelques cellules en face de faisceaux libéro-ligneux des nervures. Les grandes cellules de l’assise chlorophyllienne ne prennent aucunement les colorations.

Lüsea ferruginea.

Tige. — Quelques cellules spéciales à huile essentielle dans l’écorce et la moelle des jeunes tiges ; plus tard, on trouve en outre, dans un très-grand nombre de cellules du parenchyme cortical, des petits globules essentiels parfaitement distincts et colorables à l’orcanette. Rien dans le liber, ou seulement très rarement quelques globules isolés; rien dans le bois; quelques cellules sécrétrices dans la moelle. La localisation principale de l’essence est donc dans l’écorce.

Feuille. — De larges cellules à mucilage à la face supérieure, pas d’essence ou de très-rares globules dans diverses cellules du parenchyme. On trouve seulement quelques cellules à essence en face des faisceaux libéro-ligneux des nervures.

§ III. — Genre Lindera.

Lindera Benzoin.

Cette plante présente, dans les formations jeunes et dans les formations âgées, de grandes cellules sécrétrices dans l’écorce, de dimension cependant moindre que les cellules à mucilage, quelques rares globules dans la moelle et quelques cellules spéciales dans le liber secondaire.

Feuille. — La feuille montre peu de cellules à contenu incolore dans le parenchyme chlorophyllien, et de rares cellules à essence en dessous dans le parenchyme de la feuille.

Daphnidium gracile.

Tige. — Quand elle est jeune, cette tige possède des cellules à

huile essentielle clans l’écorce, la moelle et le péricycle ; les écailles des bourgeons en sont remplies. Plus tard, outre cette disposition, on trouve de nombreux globules épars dans les cellules du liber secondaire et de l’écorce, mais colorables seulement par l’orcanette ; le Violet donne cependant une légère coloration avec les grandes cellules spéciales.

Feuilles. — Quelques larges cellules incolores à la face supérieure et quelques autres d’un diamètre au moins moitié moindre, remplies d’huile essentielle et placées plutôt vers la face inférieure.

Genre Laurus.

Laurus nobilis.

Racine. — Quelques cellules spéciales à essence dans la Eône externe de l’écorce, dans l’endoderme, le péricyle et môme la moelle.

Tige. — L’apparence des cellules contenant les unes du mucilage, les autres de l’essence est la môme, et elles se rencontrent çà et là dans l’écorce et la moelle au moment des formations primaires ; plus tard les cellules à mucilage présentent un diamètre beaucoup plus considérable et on rencontre aussi un assez grand nombre de globules colorables en rouge, dans quelques cellules du parenchyme cortical ou médullaire. Rien dans le liber ; on ne remarque que très rarement soit une cellule du bois remplie d’huile essentielle, soit même une fibre péricyclique.

Feuille. — Dans cette plante, l’huile se rencontre dans les larges cellules spéciales de l’assise en palissade dont les unes restent complètement insensibles à l’action du réactif et les autres prennent une coloration variant du rose au rouge, c’est-à-dire paraissent contenir les unes du mucilage et les autres de l’huile ou un mélange de ces deux produits de sécrétion.

Laurus indica.

Plante extrêmement mucilagineuse, contenant un grand nombre de larges cellules à mucilage, surtout dans la zone interne de l’écorce, le liber et la moelle. Quelques-unes de ces cellules se colorent quelquefois légèrement en rose ; mais on trouve des globules isolés dans l’écorce et la mœlle plus petits et plus nombreux dans les formations âgées.. Le Violet de Paris colore un peu les rares cellules spéciales, mais est complètement sans action sur les globules isolés.

Feuille. — On ne constate aucune réaction sur le contour des larges cellules incluses dans l’assise en palissade ; (pielques globules apparaissent seulement çà et là dans le parenchyme et quelques cellules entièrement remplies apparaissent dans les faisceaux libero-ligneux des nervures.

Laurus sericea.

Tige .— Cette tige présente le même aspect que le Lilsea laurifo-

lia, c’est-à-dire que la moelle se résorbe de très bonne heure et que les cellules du parenchyme médullaire qui persistent se sclérilient fortement (lig. 17).

Pendant toute la durée de celte moelle depuis la période primaire, on peut y remarquer d’assez nombreuses gouttelettes d’essence qu’on rencontre aussi dans l’écorce et dans le liber secondaire. Seule l’é-

Fig. 17. — Coupe transversale de la coupe DU Laurus sericea.

col, collenchyme sous-épidermique. — fp, fibres péricycliques.— fl, fibres libériennes. — ch, cellules à essence. — cm, cellules à mucilage. — c, cambium.— mr, moelle résorbée.

corce montre quelques rares cellules à huile essentielle, et le liber secondaire est criblé de larges cellules à mucilage.

Feuille. — Même aspect que celle du Laurus indica.

Laurus carolinianus.

Tige. — Quand la tige est jeune, on aperçoit un petit nombre de cellules spéciales dans l’écorce et la moelle, et en plus dans cette dernière quelques globules épars.

Dans les tiges âgées, outre celles de l’écorce, on trouve des cellues à huile essentielle dans le liber secondaire. Les rayons médullaires et le parenchyme ligneux ont quelques-unes de leurs cellules complètement remplies. LeViolet de Paris donne ici les colorations, mais n’agit pas sur les fines gouttelettes que l’orcanetle colore dans la moelle, le liber secondaire et l’écorce, excepté quelques globules qui se teintent çà et là en violet.

Feuille. — Çà et là quelques cellules à essence dans le parenchyme de la feuille.

Laurus australis.

Tige. — Pendant les formations primaires, la coupe montre quelques cellules sécrétrices disséminées dans l’écorce et le liber. Ces cellules sont quelquefois complètement remplies, ou leur contenu forme une masse irrégulière accolée à la paroi. Quand la plante croît, la distribution des cellules à huile essentielle reste la même, et on peut remarquer dans la plupart des cellules de nombreux petits cristaux fins d’oxalate de chaux. Cette plante est très peu mucilagineuse.

Feuille. — Celte feuille présente un aspect particulier, elle est composée de l’assise chlorophyllienne à un ou deux rangs de cellules allongées,puis d’un parenchyme extrêmement lacuneux composant le reste de la feuille Jusqu’à l’épiderme inférieur. Les larges cellules du parenchyme en pallissade sont insensibles aux réactifs qui montrent cependant çà et Fig. 18.— Coupe transversale d’une là quelques petites cellules à FEUILLE DE Lourus australis. essence placées immédiate-

ch, cellule à essence. — cm, cellule à •**®*il dessous.

mucilage. — /oc, lacunes.

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