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cette espèce présente encore plus, sans doute, que Regulus ignicapillus (Temm.) une grande instabilité vis-à-vis de ces organes. Nous serait-il permis de considérer que les cæcums sont chez cette espèce de Columbidés en voie de régression et qu’elle tend à la formule de l'absence totale et régulière que nous avons constatée chez un certain nombre d’autres genres ? Mais si l’on admet ce point de vue que dire du cas des Roitelets ?
Nous voudrions maintenant donner un bref aperçu sur les variations analogues à celles que nous venons de décrire et qui avaient été déjà signalées par différents auteurs. Il faut tout d’abord spécifier que cette instabilité cæcale paraît affecter uniquement les espèces à cæcums lymphoïdes. C’est pourquoi KOSTANECKI (1) put douter de la valeur des observations de SCHIMKEWITSCH sur la grue ou le casoar : celui-c1 les décrit, nous dit-il, la première comme ne possédant qu’un seul cæcum et le second comme n’en ayant pas du tout. Mais KOSTANECKI s’avance peut-être un peu trop, lui aussi, en affrmant que ces observations sont fausses car « jamais on ne constate chez eux de variations individuelles ». En admettant même que ces termes de variation individuelle ne correspondent dans la pensée du savant polonais qu’à ce changement de type de cæcum ou à leur absence imprévue, et non à cette variabilité si fréquente dans la taille et la forme qu'il ne songe certainement pas à nier je crois néanmoins que son affirmation est beaucoup trop catégorique. Je me contenterais, en mettant en doute les observations de SCHIMKEWITSCH qu'il nous rapporte, — sans malheureusement nous donner de référence — d'affirmer que jusqu'à présent aucun cas ne peut nous être proposé avec la rigueur scientifique et les précisions sur les conditions d'examen que nous sommes en droit d'exiger.
Il nous faut maintenant préciser la valeur des observations de différents auteurs à propos de cette instabilité cæcale. Nous avons déjà dit en parlant des Ardéidés et du fait de l’unicité des cæcums dans cette famille que nous ne connaissions pas, en fait, d’autres cas dûment constatés de cæcums impairs, fût-ce comme variations individuelles. Toutefois réservant notre jugement sur les différentes
(1) K. KosTanECKI — Les cæcums des vertébrés etc... p. 70 en note.
observations présentées par certains savants, faute de données précises sur les conditions d'examen, nous n'avons pas voulu exclure la possibilité de telles exceptions ; celles-ci seraient d’ailleurs très rares puisque sur plus d’un millier d'oiseaux que j'ai disséqués, je n'en ai jamais rencontré.
Certaines espèces, telle que le Cormoran, Phalacrocorax car bo (L.) ont été décrites par de nombreux auteurs mais tandis que PERRAULT, CUvIER, CARUS, OWEN ne lui trouvent aucun cæcum, SIEBOLD et STANNIUS lui en reconnaissent un seul, et GARROD, MAUMUS, Mir- CHELL et KOSTANECKI en décrivent deux. Moi-même dans les exemplaires de cette espèce que j'ai disséqués j'ai toujours trouvé deux petits cæcums variant de 8 à 15 mm. ce qui correspond bien aux dimensions de 1 cm. que leur donne Maumus. Cet auteur n'a recours pour expliquer ces divergences d'opinion qu’au fait qu'une erreur est facile à faire dans l'observation par suite des dimensions restreintes ou de l’accolement des deux cæcums. Au contraire Kos- TANECKI à propos de cette même contradiction d'opinions l'explique par les variations individuelles de ces organes. Il admet ainsi, malgré ses observations personnelles, cette espèce comme particulièrement instable à ce sujet et pour mettre tout le monde d’accord il donne raison à chacun d’entre eux.
Un autre cas analogue se présente avec Picus viridis L. La plupart des auteurs l’ont décrit comme ne possédant pas de cæcum ; c'est en s'appuyant sur ces affirmations ainsi que sur ces recherches personnelles sur Dryobates major (L.) que Maumus rejette comme erronées les observations de SIEBOLD et STANNIUS. Par suite du manque de précision apportée par ces auteurs, il est juste de mettre en doute la valeur de leurs renseignements. Mais d’après ce que nous avons vu précédemment, nous pouvons dire aussi que MAUMUS n’a pas le droit sur ce point d'anatomie de conclure pour une espèce en en ayant étudié une autre même très voisine. Il faudrait encore ajouter que GADOW dans ses tables de Thier-Reichs reconnaît justement à cette espèce, à l'exclusion de tout autre Pic, la présence accidentelle de deux petits cæcums apparaissant comme de petites papilles de 1 mm. sur l'intestin. Mais comme il ne nous donne aucun détail sur ces exceptions, ne nous dit même pas s’il les a observées personnellement et avec quelle fréquence, nous ne pouvons non plus tenir compte de ses affirmations autrement que pour dire aux chercheurs : attention |