‹ Contribution à l'étude pathogénique de l'Éléphantiasis nostras et de l'Éléphantiasis exotiqueChapitre 6 sur 14 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pathogénie de l'éléphantiasis nostras selon l'opinion actuelle

On s'accorde actuellement à considérer l’éléphantiasis nostras comme un érysipèle à répétition, dù par conséquent à une infection strepltococcique provoquant une dermo-lymphangite. C'est Sabouraud, le premier, qui, en 1892 (Annales de Dermatologie), publia plusieurs observations prouvant que pendant la durée de l’accès éléphantiasique on trouve toujours le streptocoque dans le sang de la région malade.

Frappé de retrouver très fréquemment dans les commémoratifs fournis par les malades un érysipèle de la face, il eut l’idée d’une communauté d'origine entre les deux maladies.

Pendant la crise éléphantiasique, qui, ajoute Sabouraud, « est absolument une lymphangite typique », il prit — et cela sur plusieurs malades — sur la partie enflammée du tégument, et au moyen de scarifications très superficielles, un peu de sérum et de sang: il oblint sans un manque des cultures plus ou moins abondantes, mais invariablement pures, de streplocoques de Fehleisen.

Suivent trois observations détaillées et démonstratives, « dont, ajoute l’auteur, j'aurais pu prolonger la liste si elles ne se ressemblaient toutes et si je ne craignais d'être monotone ». Nous donnons schématiquement le résumé de ces observations.

Ogservarion [. — Scrofulo-tuberculoses multiples. Erysipèle de la face suivi de lymphangites récidivantes du membre inférieur: Eléphantiasis consécutif. Culture du sérum sur gélose. Résultat: Streptocoque pur.

Bau.

Ses

Orservariox IL. — Eléphantiasis du membre inférieur constitué par des lymphangites récidivantes. Culture du sérum sur gélose et bouillon. Résultat: Streptocoque pur.

Ogservarion IT. — Scrofulo-tuberculoses multiples. Lésions tuberculeuses du pied. Lymphangites consécutives et éléphantiasis. Erysipèle de la face. Cultures du sérum donnant streptocoque pur.

Et l’auteur conclut de la sorte : « Un grand nombre, peut- » être la totalité des éléphantiasis nostras, doivent donc être » rangées parmi les maladies en rapport d’eflel à cause avec le » streptocoque de Fehleisen. »

La pathogénie de l’éléphantiasis nostras se résume donc dans la pathogénie de la lymphangite banale. Il y a pénétration du microbe, en l’espèce le streptocoque, dans le système lymphatique du derme et de l'hypoderme. Ce microbe en cultivant se propage le long des vaisseaux blancs, et la coagulation de la lymphe est la première manifestation de l'inflammation intravasculaire. Le thrombus, formé d’un réseau fibrineux enserrant dans ses mailles de nombreux globules blancs, obstrue plus ou moins complètement le cours de la lymphe. Alors survient l'ædème, suivi chaque fois d'une organisation sur place en tissu conjonclif adulte des cellules émigrées par diapédèse. Ainsi se produit l'œdème dur, éléphantiasique, qui résulte des lésions accumulées par des centaines de crises semblables.

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