PREMIÈRE PARTIE CHAPITRE PREMIER
LE POUVOIR INDUCTEUR SPÉCIFIQUE EST UTILISABLE POUR LA MÉTHODE DES VARIATIONS CONTINUES
J'ai employé la méthode des variations dites continues pour rechercher, par la mesure du pouvoir inducteur spécifique (p. i.s.), si deux corps réagissent en solution organique.
P. Job a fait une étude approfondie (2) sur la méthode des variations continues et précisé les conditions nécessaires pour tirer de son emploi des conclusions sûres.
Si la propriété physique choisie dépend des constituants simples, elle doit être une fonction linéaire de la concentration de chacun d’eux dans leur mélange. Dans le cas où les corps ne se combinent pas, la propriété d’un mélange est donnée alors par la règle d’additivité.
Cas de mélanges binaires.
La propriété doit varier linéairement depuis l'un des constituants purs jusqu'à l’autre.
Silberstein (3) a montré, par un calcul basé sur des considérations thermodynamiques et faisant intervenir le champ électrique, que le p. i.s. se range parmi les propriétés additives à condition que les mélanges se produisent sans variation de volume.
Rollinski (4) a constaté qu'il en est ainsi pour les systèmes suivants dont les constituants ne comportent pas d’association moléculaire :
benzène—sulfure de carbone, benzène—tétrachlorure de carbone, benzène—éther,
tétrachlorure de carbone—sulfure de carbone.
Silberstein (3) avait obtenu de même une variation rectiligne du p. i. s. dans le couple benzène-phénylacétate d’éthyle ainsi que Williams et Krchma (5) pour les couples :
benzène—toluène, benzène—tétrachlorure de carbone, chlorobenzène—bromobenzène.
Par contre, dans de nombreux cas, au lieu d’une droite, l'expérience donne une courbe. Ce phénomène se rencontre par exemple pour les systèmes benzène-chlorobenzène et
Benzène > Pyridine (24 mol.q /1)
Hier
benzène-quinoléine (Rollinski) (4). Le p. 1. s. mesuré est toujours inférieur à celui que donnerait la loi de Silberstein. Rollinski a montré que ces écarts sont imputables à l’association ; Eggers (6) antérieurement mettait en cause de légères variations de volume.
La convexité de la courbe expérimentale semble augmenter quand le p. ï. s. de l’un des constituants augmente. J'ai rencontré un phénomène analogue pour les systèmes pyridine-benzène, phénol-benzène, aniline-benzène, pyridinetétrachlorure de carbone, phénol-tétrachlorure de carbone, aniline-tétrachlorure de carbone, aniline-éther et phénol-
6 s PIERRE LAURENT
éther. La figure, 1 représente le diagramme pyridine-benzène. Le p. i. s. de la pyridine est 12,4 (Schlundt) (7). J'ai
dû me limiter à faire des mesures pour des concentrations