Mais que le bon droit jaillisse comme l'eau
Et la justice comme un ruisseau qui ne tarit pas !
Dans tout ce passage, il est impossible de voir la moindre allusion à un culte mêlé d'idolâtrie. Quelques auteurs veulent que le verset 26 s'entende du présent : ce serait une allusion à un culte d'idoles, tandis qu'on traduit habituellement :
26. Vous avez porté la tente de votre roi Et le reposoir de vos idoles L'étoile de votre dieu que vous vous étiez fait.
Entendu comme s 7 appliquant au présent, ce verset jure absolument avec l'apostrophe précédente, où il s'agit évidemment d'un culte adressé à Jéhova.
On en peut donner, d'ailleurs, une interprétation tout à fait naturelle, comme on l'a vu dans le chapitre sur Moïse § I.
Plusieurs fois, Amos parle des lieux de culte. Dans une vision prophétique, il entend Dieu lui dire :
VII, 9. — « Les hauts-lieux d'Isaac seront désolés et les » sanctuaires d'Israël seront détruits ; je me lèverai, avec le » glaive, contre la maison de Jéroboam. » Cette prophétie embrasse toute la nation ; Isaac personnifie la partie méridionale du pays et Israël le nord. Rien n'indique qu'il s'agisse de cultes proscrits. La ruine du pays est, suivant une image populaire dans l'antiquité, figurée par celle des autels.
Cette interprétation est confirmée par un épisode très intéressant, raconté dans les versets 10-17. Le prêtre de
Béthel est irrité d'entendre Amos annoncer des malheurs pour le roi du pays. Il le dénonce à Jéroboam et veut chasser le prophète. [On sait, par de nombreux témoignages, que ces persécutions étaient fréquentes contre les Nabis et Jérémie en fut victime.] Il semblerait qu'à ce moment, Amos va maudire l'idole de Béthel ; cependant il n'en dit pas un mot, dans la réponse foudroyante, qu'il adresse au prêtre. Il lui annonce que sa famille sera déshonorée et qu'il mourra sur une terre impure.
Dans les divers passages où il est question de Béthel, on voit Amos revenir toujours sur la môme idée : Jéhova veut la pratique de la justice et non des sacrifices.