Cherchez l'Éternel et vous vivrez
De peur qu'il ne saisisse la maison de Joseph,
Comme un feu qui la dévore,
Sans que Béthel ait personne pour l'éteindre !
7. lis changent le droit en poison Et foulent aux pieds la justice.
Ce passage est on ne peut plus clair. Si Béthel, Guilgal et Beer-Séba étaient, comme Ton a souvent supposé, trois sanctuaires réprouvés par le prophète, la poésie manquerait de parallélisme, car on ne voit pas ce que deviendra Beer-Séba, tandis qu'il annonce la destruction des deux autres. Il est facile de comprendre le sens de l'expression . « ne vous rendez pas à Beer-Séba » en se reportant à l'his-
toire de Samuel; ses deux fils rendaientla justice dans cette ville et se conduisaient très mal (i* T Samuel. VIII, 3). Se rendre à Beer-Séba, c'est aller au milieu d'une société de coquins. Amos dit donc simplement: « Pratiquez la loi de » l'Éternel; au lieu d'offrir des sacrifices dans les temples » et de vous montrer ensuite de mauvais juges; si vous » agissez comme vous le faites, le feu vous dévorera et ce » ne sont pas les sacrifices qui vous sauveront. »
Le sens, que je donne au voyage de Beer-Séba, est confirmé par un autre passage tout à fait caractéristique. Le prophète, annonçant la punition des Israélites infidèles, s'écrie :
VIII. 14. Ils jurent par le péché de S^amarie ; Us disent: vive le dieu de Dan, Vive la voie de Beer-Séba !
Le premier vers se rapporte à l'Astarté, qui s'élevait à Samarie dans le quartier syrien ; le deuxième au temple vraiment idolâtrique çle Dan et le troisième ne peut être compris que dans le sens figuré de « voies criminelles ». Gomme il s'adresse aux Israélites, il serait tout à fait étonnant qu'il parlât d'un autel sitqé au sud du royaume de Juda, comme d'un pèlerinage suivi par ses auditeurs:
Au chapitre III, ilannoncela ruine d'Israël en ces termes :
14. Le jour où je demanderai compte à Israël de ses péchés, Je regarderai aussi aux autels de Béthel ;
Les cornes de l'autel seront brisées ' Et tomberont à terre.
15. Je renverserai le palais d'hiver sur le palais d'été, Les salles d'ivoire seront détruites
Et c'en sera fait de beaucoup de maisons.
Au chapitre IX se trouve une vision : r
1. Je vis l'Éternel debout sur l'autel ; Il dit : « Frappe le chapiteau, » Que les linteaux s'ébranlent » Et brise-les sur leurs têtes à tous. »'
Si vraiment la vision a lieu à Béthel, comme c'est probable, il est impossible d'admettre que l'autel portât une idole. Le passage 8u chapitre III n'y fait pas non plus la moindre allusion.
On ne pourrait invoquer, contre mon système, qu'un seul passage.