‹ Contribution à l'étude profane de la BibleChapitre 26 sur 74 · Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui · texte numérisé non relu

Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui

A mon berger, qui parcourt la prairie des lis.

17. Quand viendra à souffler la brise du soir, Quand les ombres s'allongent,

Pareil au chevreuil et au faon de la biche, Reviens par les monts qui nous séparent.

ÉTUDES LITTÉRAIRES SUR l'àNCIEN TESTAMENT 457

Les versets où la chanteuse raconte qu'elle a poursuivi son bien-aimé, s'introduisent si brusquement qu'ils ont fait le désespoir de tous ceux qui veulent trouver une action dramatique. On ne saurait attacher aucun sens réaliste à ce récit, où l'on voit une jeune fille courir les rues la nuit et, surtout, sortir de la ville, ce qui est fort dangereux dans presque tout l'Orient.

La chanteuse veut se fixer près du jeune berger; il viendra occuper la chambre de sa mère. Elle s'est toujours désignée comme orpheline, la maison est vide, le berger viendra l'occuper avec elle. On se demande pourquoi il n'est plus question des frères. S'il y en a, ils doivent être les propriétaires de ta maison; leur absence se comprend très facilement dans mon système, puisqu'ils n'avaient été introduits la première fois qu'à titre de figures.

On se demande pourquoi la jeune fille parle de la maison de sa mère : la femme, en Orient (comme à Rome) entre dans la famille du mari. C'est donc la chanteuse qui devrait s'établir dans la maison du berger, si les choses devaient s'entendre dans le sens littéral. S'il s'agit d'une figure, pour exprimer la tendre affection pour le pays de Sulem, on trouve naturel que la chanteuse reporte ses idées plutôt du côté maternel que du côté paternel.

Le troisième chant commence au sixième verset du chapitre 111 et finit au premier du chapitre IV, il comprend vingt-trois versets. Le poète décrit d'abord l'éclat du cortège royal, il invite les filles de Jérusalem à admirer la pompe qui entoure le roi, puis il s'écrie 1 :

1. L'opposition du luxe royal et de la grâce champêtre est bien dans le ton du poème.

IV, 1. Que tu es belle mon amie !

Que tu es belle 1

11 chante la beauté de la bien-aimée : ses yeux sont des colombes, sa chevelure un troupeau de chèvres, ses dents des brebis sortant du bain, sa joue une moitié de grenade, son cou la tour de David, ses seins deux faons paissant au milieu des lis. J'ai déjà montré plus haut comment ces images s'interprètent dans le système bucolique. Puis le poète dit:

IV, 6. Quand soufflera la brise du soir, Quand les ombres s'allongent, J'irai à la montagne de myrrhe, Au coteau des parfums.

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