I. L'Évangile de Marc, par Elie Soloweyczyk
venus se repaître du spectacle de la mort de leur victime. D'après les Synoptiques, on avait mangé l'agneau pascal la veille au soir ; on était en fête. Les magistrats et les pharisiens se seraient bien gardés d'aller se souiller dans un lieu impur.
D'après Mathieu et Marc, Jésus, avant de mourir, avait prononcé les premiers mots du psaume XXII : Eli ! Eli! lema sabakhtani ! i Luc et Jean ne rapportent pas cette tradition qui semble bien douteuse, car Jésus n'aurait pas manqué de citer le psaume d'après le texte purement hébreu.
Les deux Évangélistes disent que les assistants crurent qu'il appelait Élie. Les soldats romains ne connaissaient pas la légende d'Élie ; elle ne s'est répandue qu'avec la conquête musulmane. Il s'agirait donc de Juifs et ceux-ci auraient fait une mauvaise plaisanterie sur un psaume ! C'est absolument invraisemblable. Les Juifs respectaient trop les textes sacrés.
On offrit ensuite à Jésus du vinaigre trempé dans une éponge. D'après Marc et Mathieu, l'auteur de cette action est un de ceux qui viennent de plaisanter sur Élie. Dans quel but agissait-il ? Il ne me semble pas que ce fût par bienveillance, étant donnée son attitude antérieure.
D'après Luc, ce furent les soldats qui lui donnèrent du vinaigre, en se moquant de lui.
Jean a conservé la véritable tradition : Jésus demande à boire et les soldats lui donnent du vinaigre ; c'était leur boisson ordinaire. On croit, en Orient, que si on donne à boire aux empalés, on hâte leur mort *. Le soldat agit donc