‹ Contribution à l'étude profane de la BibleChapitre 55 sur 74 · Ils suivront l'Éternel · texte numérisé non relu

Ils suivront l'Éternel

» Quand il les appellera de sa voix de lion...

11. » Ils accourront de l'Egypte comme l'oiseau, » Comme la colombe du pays d'Àssour ;

» Et moi je les rétablirai dans leurs demeures 1 i C'est l'Étemel qui le dit »

Cette prophétie serait ridicule dans la bouche d'un orateur juiléen, parlant après le retour de la captivité.

2. A la rigueur on pourrait admettre que le prophète reproche ici h Juda d'avoir cherché des alliances païennes. En tout cas cela ne nous éloignerait pas beaucoup de l'époque que j'assigne à Osée.

Les idées légitimistes de l'auteur confirment encore notre système. Au premier chapitre, Osée annonce que Jeho va doit venger le sang versé par Jéhu. Cette manière de voir n'a pu être acceptée qu'à une époque où les patriotes se serraient, avec fanatisme, autour des rois Isaïdes. Le régicide Jéhu était un monstre pour les hommes qui avaient élevé la légitimité à la hauteur d'un dogme. Après l'exil 1 , ou trop près des événements, l'orateur n'aurait point parlé de la sorte.

Deux fois il est question de Galaad comme d'une ville maudite :

VI, S. Galaad est une ville de scélérats,

Remplie de traces de sang.

XII, 12. Si Galaad est vanité 11 sera réduit à néant.

Le père de Josias avait été assassiné par les gens du palais; le peuple tua ses meurtriers. Le deuxième livre des Rois (XV, 25) rapporte que Péka, aidé de 50 Galaadites, assassina son prédécesseur et monta sur le trône d'Israël. Ce prince régicide dirigea contre Jérusalem une grande expédition, ofc il fut aidé par le roi de Damas. A ce double titre son souvenir devait être odieux. Quant aux Galaadites, leur histoire avait assez frappé l'imagination popu-

i. Après l'exil, il n'y avait plus de rois, la question de la légitimité n'intéressait plus les docteurs que par ses liens avec le dogme du Temple. Le livre des Rois dit que Jéhu et ses fils ne se détournèrent pas des péchés de Jéroboam ; c'est le seul reproche que leur adresse le légiste ; il rapporte même qu'un oracle déclara que Jéhu avait bien agi en frappant la famille d'Aehab (2« Rois. X, 30 et XV, 12).

A l'époque 4e Jéroboam II, le souvenir d'Elisée était trop vivant pour qu'un orateur, même judéen, se fût permis de regretter le sang versé par Jéhu.

laire, pour que la mention de leur crime ait été maintenue dans le rapide exposé de l'histoire d'Israël.

Enfin je crois que le prophète a encore donné la mesure de sa passion légitimiste dans les deux versets suivants :

IX, 9. Us sont plongés dans la corruption

Gomme aux jours de Gibéa.

X, 9. Depuis )e9 jours de Gibéa Tu as péché, Israël!

Alors ils tinrent bon

Pour que la guerre ne les atteignit pas à Gibéa, Pour la race des scélérats.

11 est impossible d'expliquer ces versets au moyen de l'histoire qu'on lit au livre des Juges (XIX-XXI). Le lévite maltraité était d'Éphraïm ; on ne comprend pas comment les tribus du nord peuvent être accusées d'avoir protégé Benjamin.

Je pense que Fauteur fait ici allusion à la maison de Saûl. Éphraïm soutint cette famille contre David. Après la mort d'Isboset, la tribu profita de toutes les occasions pour manifester son mécontentement ; elle suivit Absalon et Séba dans leurs révoltes (2 e Samuel, XVlIIetXX).

Dans Osée, on trouve exprimée une idée qui appartient aussi à Jérémie. Le désert est un lieu de purification.

Il, 17. Je la conduirai au désert Et je la consolerai,

Et je lui rendrai de là ses vignobles. . .

Elle y chantera comme au jour de sa jeunesse, Gomme au jour où elle sortit de la terre d'Egypte.

Dans Jérémie, Jéhova dit :

II, 2. « Je te garde le souvenir de la tendresse de ton » jeune âge.., quand tu me suivais au désert... »

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