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Israël était consacré à l'Éternel

XXXI, 2. « Il a trouvé grâce au désert le peuple de ceux » que l'épée a épargnés; allons lui donner le repos à » Israël. »

Les deux prophètes partent de cette idée que les hommes du désert sont plus purs que ceux des villes. On sait le grand cas que Jérémie fait des Récabites (XXXV) qui ne semaient point, n'avaiçnt pas de maisons et ne buvaient jamais de vin. Chez des docteurs du temps de la Restauration, cette admiration des Bédouins serait un contresens *.

On sait combien sont rares dans le recueil prophétique les allusions au Pentateuque ; il est donc essentiel de les recueillir avec le plus grand soin.

Le prophète voulant symboliser, par un seul exemple, les défections du peuple dit:

IX, 10. Et eux, arrivés à Baal-Péor, (j

Se consacrèrent à l'idole, Etje les eus en horreur, comme ce qu'ils aimaient.

Le grand discours préparatoire du Deutéronome débute

1. M. Renan (Histoire du peuple d'Israël, t. I, p. 61) a très bien signalé le sentiment persistant qui porte l'Arabe à regarder le nomade comme un personnage noble. Aucun homme n'a connu et compris l'Orient aussi bien que M. Renan.

Il est clair aussi que le scribe» le taleb, a le plus profond mépris pour celui qui ne sait lire. A l'époque de la grande prépondérance des docteurs, les gens du désert ne pouvaient pas être très considérés.

en rappelant la malédiction prononcée contre les infidèles de Baal-Péor (IV, 3-4).

Dans le Deutéronome, Jéhova recommande aux Israélites de ne pas oublier la Loi en Palestine :

VIII, 11-15. «Gardez-vous bien d'oublier l'Éternel..., » de peur que, tout en mangeant à satiété..., votre cœur » ne devienne fier et que vous n'oubliiez l'Éternel, qui vous » a retirés du pays d'Egypte, de ce lieu de servitude, qui » vous a fait traverser ce grand et terrible désert..., cette » terre aride et sans eau, ce Dieu qui vous a nourris, dans » ce désert, de la manne... * »

Osée dit :

XIII, 4. Et moi, l'Éternel, je suis ton Dieu Depuis le pays d'Egypte.

5. Moi, je t'ai connu dans le désert, Dans la terre des chaleurs.

6. Tant que je les nourrissais, ils étaient rassasiés ; Quand ils furent rassasiés, leur cœur s'enorgueillit Et c'est alors qu'ils m'ont oublié.

J'ai déjà signalé que, pour le prophète, le désert est un lieu de purification. Le Deutéronome dit :

VIII, 2. « Souvenez-vous du chemin que l'Éternel, votre » Dieu, vous a fait faire, à travers le désert..., afin de vous » humilier, de vous mettre à l'épreuve, et pour connaître » le fond de votre cœur, pour savoir si vous observeriez » ou non ses commandements. »

1. Le Deutéronome dit encore (VI, 10-12) : « Et quand l'Éternel, votre Dieu, » vous aura conduits... que vous en jouirez à satiété, alors gardez-vous d'ou- - blier l'Éternel, qui vous a retirés du pays d'Egypte, de ce lieu de ser- » vitude. »

Osée dit :

XIII, 4. Ta ne connais point de Dieu hors de moi,

Ni de sauveur que moi seul .

Dans le discours préparatoire du Deutéronome, Fauteur insiste sur la présence permanente de Jéhova au milieu du peuple. Par exemple (IV, 7) : « Quel est le grand peuple » dont le dieu soit aussi près de lui que l' Éternel, notre » Dieu, Test de nous, toutes les fois que nous l'invo- » quons * . »

Osée rappelle, à plusieurs reprises, que Jéhova est le Dieu d'Israël, depuis la sortie d'Egypte, que ce pays a été une maison de servitude, que le peuple n'y retournera pas. Les mêmes idées se retrouvent dans le Deutéronome.

A la fin de son livre le prophète dit :

XIV, 9. Que celui qui est sage comprenne cela !

Que l'intelligent le prenne à cœur !

Le Dentéronome (IV, 6) appelle le peuple juif sage et intelligent.

Je n'attache pas toutefois une grande importance à ce dernier genre de rapprochements.

L'œuvre d'Osée se compose presque uniquement de psaumes; on ne peut pas s'attendre à y trouver des allusions deutéronomiques, aussi fréquentes et aussi claires que celles qu'on découvre si facilement dans Jérémie. Celles-ci ont été étudiées par M. Reuss, d'une manière magistrale, je ne me permets pas d'y revenir.

1. On peut citer aussi, comme un exemple, peut-être encore plus voisin de la pensée d'Osée, cet autre passage (IV, 20) : « L'Éternel vous a pris et tous a » retirés du fourneau à fer de l'Egypte, pour que vous fussiez un peuple à » lui t comme vous Vêtes aujourd'hui. »

Vif. Caractère juridique du Deutéronome. — Le système spiritualiste de

M. Vernes. — Les formules d'Alliance*

M. d'Eichtal a proposé sur le Deutéronome une hypothèse, que M. Vernes a soutenue avec beaucoup de talent. Le grand discours préparatoire aurait formé un premier Code, résumant toute la Loi dans cette seule formule : « Vous aimerez l'Éternel, votre Dieu, de tout votre cœur, » de toute votre âme et de toutes vos forces » (VI. 5). La partie législative, qui commence au chapitre XII, serait une addition postérieure.

Ce système est ingénieux; le protestantisme libéral Ta accueilli avec faveur. M. Vernes dit : « La pensée intime » du livre devra alors être rapprochée du sommaire de la » loi donné par l'Évangile et de cette belle parole de Saint » Augustin : Aime Dieu et fais ce que tu voudras '. »

Je -ne crois pas que ce système puisse être admis. On est, tout d'abord, frappé, en lisant le Deutéronome, de la fréquence des formules juridiques. Il est clair que la partie législative est surtout un résumé, un corpus de jurisprudence. Il n'y a pas beaucoup d'ordre ; les règles sont données, d'une manière quelquefois peu précise, parce que l'auteur s'adresse à des gens qui sont au courant du droit juif. La Mischna lalmudique n'offre pas plus d'ordre et de méthode,

A l'époque de Josias, le droit juif avait déjà reçu un grand

1. Page 13. A ce compte, le protestantisme ultra-libéral aurait sa charte dans le Deutéronome. L'Évangile serait presque une rétrogradation. On peut penser que cette préoccupation dogmatique n'a pas été étrangère à certains travaux sur la question.

Si

développement. La cour royale, le -tribunal ecclésiastique avaient, sans nul doute, formulé beaucoup de règles. Le droit coutumier prétend ne jamais innover, tout en changeant de siècle en siècle. Plus tard, les docteurs prétendirent que toutes les règles avaient été révélées à Moïse, même celles de la loi orale, recueillies dans la Mischna. Il est probable que cette idée est fort ancienne.

On se fait, généralement, une idée assez fausse de l'état social des Israélites avant la captivité. On a trop insisté sur l'opposition des prophètes et des prêtres; il y a un fond réel dans ce système, mais il faut se garder de l'exagérer. J'ai déjà expliqué quelques-unes des difficultés que l'on rencontre à ce sujet. Es aïe n'a pas été le moins ardent des prophètes dans ses récriminations contre les œuvres vaines. Au chapitre XXVIII, il s'adresse aux enivrés <TÉphraïm\ les orgueilleux djsent :

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