A qui prétend-il enseigner la sagesse
» A qui veut-il prêcher l'obéissance ?
» Est-ce à des enfants à peine sevrés, » Arrachés à la mamelle?
10. » C'est toujours loi sur loi, loi sur loi, » Tu dois, tu dois, tu dois, tu dois, » Un petit ci, un petit là! »
11. Oui, c'est par des gens qui bégaient, C'est dans une langue étrangère, Qu'on parlera à cette nation !
13. Et la parole de l'Éternel a été pour eux : a Loi sur loi, loi sur loi, » Tu dois, tu dois, tu dois, tu dois, » Un petit ci, un petit là 1 »
Afin qu'ils aillent tomber à la renverse et se briser Afin qu'ils soient enlacés et pris l
Je crois qu'on s'est trompé en regardant le verset 1 1 comme faisant allusion aux Assyriens. On ne parle pas de gens bègues quand il s'agit de soldats aussi sanguinaires que ceux-là. Il est question ici des prophètes; Ésaïe parle évidemment de leurs accès de glossolalie f .
Ce texte est précieux : il nous montre qu'à cette époque il ne manquait pas de gens pour trouver la législation trop chargée de détails; mais le prophète regardait ce sentiment comme une impiété.
Il ne semble pas possible de contester sérieusement l'authenticité de ce chapitre. S'il avait été écrit après la Restauration il n'aurait aucun sens.
Le Deuléronomiste emploie souvent une expression essentiellement juridique : a statuts, décrets et ordonnances. » On ne peut aujourd'hui déterminer les différences qui existaient entre ces trois choses, au temps de la rédaction. Quelquefois il dit seulement « statuts et commandements. » Des formules de ce genre ne peuvent guère se trouver que dans l'ouvrage d'un légiste.
M. Vernes pense cependant qu'il ne faut voir là qu'une formule oratoire et que la loi deutéronomique se réduit à l'amour de Dieu. On peut objecter à cette manière de voir plusieurs textes précis, tirés du discours préparatoire.
4. Dans le commentaire de l'Épître aux Corinthiens, M. Reuss a traité à fond la question de la glossolalie. L'apôtre dit (XIV, 7-11) : « Pourtant les ins-
• truments de musique, s'ils ne rendent pas des sons distincts, comment > reconnaîtra- t-on l'air qui est joué sur l'un ou sur l'autre?... De même, si » vous, par votre langue, ne prononcez pas des paroles articulées, comment » saura-t-on ce que vous dites?... Si je ne sais pas le sens de l'idiome, je serai
• un étranger pour celui qui parle. »
On sait que la glossolalie a reparu dans les meetings méthodistes d'Améri* que.
IV, 13. « Il vous promulgua son pacte,... ses dix commandements... »
14. « Et à moi, en ce jour-là, l'Éternel ordonna de vous » enseigner des statuts et des lois, que vous deviez mettre » en pratique dans le pays où vous alliez passer... »
Il est clair qu'il s'agit ici de règles législatives et non d'un simple principe moral.
VI, 20. « Lorsque demain vos fils vous demanderont : » Qu'est-ce que ces lois, ordonnances et commandements » que l'Éternel, notre Dieu, nous a prescrits?
21. » Vous leur direz : Nous étions esclaves de Pharaon » en Egypte et l'Éternel nous a retirés de là...
24. » Et l'Éternel nous a ordonné de mettre en pratique » tous 1 ces commandements-là... pour que nous fussions » heureux...
25. » Et ce nous sera compté pour justice, si nous avons » soin de mettre en pratique tous ces commandements, en » face de l'Éternel, noire Dieu, comme il nous l'a pres- » crit. »
Rien ne ressemble moins à un livre d édification que le Deutéronome, même dans le grand discours préparatoire. M. d'Eichtal croit que le Décalogue a été placé là à tort, mais il ne saurait rejeter le chapitre VII, tout entier consacré aux règles légales, vis-à-vis des païens de Palestine. Le chapitre VI, qui renferme la prétendue formule de Famour divin, contient aussi la règle des téphilim et des mé-
1. 11 me semble que le Deutéronomiste a en vue ici les gens auxquels s'adressait déjà Ésaïe, qui trouvaient qu'il y avait trop de lois. Notre auteur Insiste sur la nécessité de les observer toutes. Remarquer le mot en face qui indique le contrat solennel.
zouza. Il esl impossible de comprendre le texte autrement que le fait la tradition juive : on sait que les Juifs pieux ont sur eux des fragments de la Loi et en mettent à leurs portes. « Vous les attacherez à vos mains, pour qu'elles vous ser- » vent de signes, et elles seront devant vos yeux comme un » bandeau et vous les inscrirez sur les poteaux de vos mai- » sons et sur vos portes. » Chez les musulmans rigides et particulièrement chez ceux qui sont affiliés aux congrégations religieuses, les versets du Coran servent souvent au même usage.
MM. d'Eichtal et Vernes croient que le Deutéronomisle a cherché à résumer les principes de la Loi, en les ramenant tous à une source métaphysique, à quelque chose comme un impératif catégorique. Au Sinaï, Dieu avait donné des règles juridiques ; sur les bords du Jourdain 1 , il complète la Loi en posant la maxime de Y amour divin.
Le Deutéronomiste n'était pas un métaphysicien; les théories philosophiques étaient, alors, tout à fait, étrangères aux Juifs. Il s'agit ici de droit et non d'éthique transcendent aie.
Les prophètes ont figuré le plus souvent l'Alliance comme une union maritale : quelquefois ils font ressortir qu'Israël était une enfant pauvre, misérable, qu'un roi bienveillant et très riche a recueillie.
Pour constituer l'Alliance, il faut des paroles sacramen-
4. Il reste, en tout cas, acquis qu'il y a eu une double Alliance; c'est le résultat le plus certain du travail de MM. d'fiichtal et Vernes. J'explique, tout autrement qu'eux, ce fait capital (que j'avais reconnu avant de lire le mémémoire de M. Vernes). Au Sinaï, révélation mosaïque; sur les bords du fleuve, conversion des Joséphites.
telles : c'était là une nécessité absolue dans les anciennes sociétés. Ces paroles n'ont pas la prétention de résumer la doctrine, mais de séparer l'initié de toute autre personne profane. Il est bien probable que, dans les confréries de prophètes, il devait être d'usage de prononcer certains vœux.
Dans Jérémie se trouve une formule dont l'origine juridique n'est pas douteuse. Le prophète rapporte l'Alliance faite à la sortie d'Egypte.
XI, 4. « Écoutez ma voix et pratiquez tout ce que je vous » commande, pour que vous soyez mon peuple et que » moi, je sois votre Dieu...