‹ Contribution à l'Étude Radiologique de la Constipation HabituelleChapitre 6 sur 19 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

RÉSULTATS RADIOLOGIQUES ET CLINIQUES à DE NOS OBSERVATIONS

. Nous avons étudié 24 cas de constipation chronique, en mettant en œuvre les procédés d'exploration prét cédemment décrits. Toutes ces observations montrent upe anomalie dans le fonctionnement du gros intestin. Nous verrons ultérieurement ce qu'il y a lieu de penser des stases iléales. L Malgré le nombre assez restreint de ces observations, nous avons pu les répartir dans les divers cadres de la classification radiologique qui distingue les constipa- tions en: proximale, distale, terminale et bi-polaire. Pour chacune de ces formes de constipation, nous avons constaté que la stase pouvait résulter soit d’un arrêt, soit d’un ralentissement dans la progression de la colonne opaque. Nous considérons qu’il y à un arrêt, chaque fois que la progression de la colonne opaque CONSTANTIN A

cesse brusquement en un point dônné, à partir duquel la colonne s’élimine par fragmentation successive avec une vitesse normale. Il n’existe aucun ralentissement en amont ni en aval du point d'arrêt. — Une comparaison grossière peut être donnée par l’image d’un train rapide, qui, à la suite d’un obstacle rencontré sur la voie, se morcélerait en une suite de Wagons, continuant isolément leur route.

Nous disons qu’il y a ralentissement de la colonne opaque, chaque fois que sa progression diminue de vitesse à partir d’un point donné, et que cette diminution persiste jusqu’à la fin du parcours intestinal : le ralentissement ne porte donc que sur les segments situés en aval de ce point. Pour reprendre notre comparaison, nous dirons que le train est devenu omnibus à un moment de son parcours.

Bien entendu les termes d’arrêt et de ralentissement ne pourront être employés que sur les portions proximale et distale du côlon. Au niveau du sement terminal cette différenciation est impossible : l’obstacle ren-. contré par le train se trouve à son point terminus.

Le tableau suivant résume la classification que nous avons adoptée. Il indique en même temps la fréquence

des différentes formes que nous avons observées.

Constipation proximale — Stase cœcale localisée.

a) Par ralentissement dans le parcours du segment proximal (cœco-ascendant), 1 cas.

b) Par arrêt à l’union du segment proximal et distal, I Cas.

ne

Constipation distale — Stase diffuse.

a) Par ralentissement de traversée.

ES 1) à partir de la portion moyenne du

transverse, 12 cas.

SE È LE 17 cas.

2) à partir de l’angle splénique, 4 cas.

b) Par arrêt à l’union du segment distal et

terminal, 1 cas.

Constipation terminale.

Par arrêt ou ralentissement dans

r) la région du sigmoïde, 2 cas.

er <e 4 cas.

2) la région rectale, 2 cas.

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Constipation bi-polaire, 1 cas.

Pour mettre en évidence les diverses modalités de

, chaque type de constipation, nous avons dressé des tableaux schématiques exactement superposables, permettant de comparer aisément les résultats de plusieurs examens. Chacun de ces tableaux comprend deux colonnes verticales divisées.en 6 cases. La colonne de gauche est réservée aux examens du matin, celle de droite aux examens du soir. Chaque tranche horizontale, composée de deux cases, représente donc une journée d’examen complète. Dans chaque case sont figurés les trois points de repère abdominaux : pubis, épines iliaques antérieures, coupole diaphragmatique. Les chiffres, 12, 20, 36, etc... indiquent les heures écoulées depuis l’ingestion du repas opaque, et auxquelles nous avons l'habitude

de pratiquer nos examens. Sur les tableaux que nous

— Ba

représentons, les cases restées vides témoignent que

l'examen n’a pu être pratiqué. - +.

Constipation Proximale

1°) Par ralentissement de traversée du segment (C@COascendant).

Cette forme de constipation est caractérisée par la lenteur de progression du repas opaque dans le cœcoascendant, lenteur qui contraste avec la traversée normale du segment distal et terminal. Cette forme nous a paru très rare, et nous n’en avons observé qu’un seul cas. |

Observation I — M" N., âgée de 37 ans, accuse depuis l'enfance une constipation opiniâtre, et depuis l’âge de 20 ans, des troubles douloureux gastriques, caractérisés par des vomissements et des brûlures cn. les ee

Examen clinique. — On ne décile aucune lésion organique apparente des appareils pulmonaire, cardiaque, nerveux, génito-urinaire. Au point de vue digestif on constate un ns douloureux très net dans la région épigastrique.

Examen radiologique (Voir figure n° 2). — A la 12° heure après l’ingestion du repas opaque, celui-ci occupe, le cœcum en lotalité. Le cœcum est très ptosé, derrière le pubis. À la 20° heure, le repas a pénétré seulement dans la première moitié du côlon ascendant et n’atteint pas l'angle hépatique. La palpatior et les différentes manœuvres de déplacement montrent

Selle abondante | ala6hfHeure : appartenant au ‘J'6D4S page.

4 Jour

Fig. 2. — Le transit de la matière opaque est comparable à celui d’un train : omnibus, jusqu'au liers droit du transvérse — rapide, à partir de

ce point,

Lors

que la mobilité du cœco-ascendant est conservée, et qu'elle n’est pas exagérée. — A la 36° heure, le repas occupe l’ensemble du cœco-ascendant, en le dessinant sous la forme d’une colonne verticale, allongée. — A la 45° heure, le repas opaque à franchi les premiers segments du côlon transverse. — A la 60° heure, le repas occupe le cœco-ascendant et la moitié droite du transverse : il est éliminé en grande partie à la 64° heure. Enfin à la 84° heure, il reste encore des traces de sel opaque dans le cœco-ascendant.

L'épreuve du lavement opaque montre chez cette malade une perméabilité normale du côlon, et une ptose considérable du transverse et du cœcum sans fixité des segments.

Conformément à notre technique, nous pratiquons un nouvel examen de contrôle suivant-un horaire différent. Le repas opaque ingéré à 9 heures du matin, montre l'existence d’un estomac biloculaire se contractant fortement, et s’évacuant normalement. Huit heures après, l'évacuation de l'estomac et de l'intestin grêle est achevée : la matière opaque occupe le cœcum.

La malade est opérée en février 1919 par le D’ Pauchet. Celui-ci trouve un estomac biloculaire par bride post-ulcéreuse. Il pratique une résection de la poche inférieure, et une anastomose iléale à la poche supérieure. Par l'ouverture de l’incision abdominale, il peut explorer le cœcum et les dernières anses grêles et ne constate aucune anomalie apparente à cet endroit.

Les suites opératoires sont excellentes au point de vue gastrique.

Cette observation montré seulement l’existence d’une : stase cœcale par ralentissement de traversée du segment cœco-ascendant, ne s’accompagnant d’ aucune lésion organique au niveau de ce segment, ainsi que l'intervention opératoire a permis de le constater.

20) Par arrét à l'union des segments proximal et dista!.

Cette forme analogue à la précédente par sa localisation, s’en différencie par ce fait que le repas ne subit aucun ralentissement avant d’atteindre la région de l'angle hépatique.

Observation Il. — M" M.., âgée de 50 ans, présente de la constipation, accompagnée de troubles douloureux abdominaux localisés du côté droit. Le début remonte à l’enfance, mais la plupart des troubles douloureux datent de l’âge de 30 ans. A cette époque, elle aurait eu une crise d’appendicite sans fièvre, traitée par la diète et les lavements chauds.

Examen clinique. — Cette malade est grande et forte (75 kilos) : malgré cette apparence robuste, elle est incapable d’un travail soutenu. Elle accuse des troubles généraux considérables : migraines, engourdissements dans les membres, palpitations, insomnies.

Examen radiologique (Voir figure 3). — A la 12° heure, le repas opaque occupe la totalité du cœco-ascendant, en le dessinant sous la forme d’un boudin vertical, qui s’étend entre la fosse iliaque et la région hépatique. Le cœcum paraît gros et douloureux. — A la 20° heure, l’aspect est à peu près identique. — À la 36° heure, on voit quelques fragments de matière opaque occuper l'angle splénique et le côlon descendant. À la 4o° heure, la malade a une petite selle appartenant au repas opaque. — À la 60° heure, l'ombre du cœco-ascendant est aussi visible qu'au premier examen : les segments distaux et terminaux sont vides. — A la 84° heure, le repas opaque s’est fragmenté et occupe irrégulièrement le cœcum, le transverse et le descendant. À la 90° heure, la malade a de nouveau une selle appartenant au repas opaque. — A la 108° heure, il ne reste que quelques traces dans le côlon descendant.

Constipation Proximale

(Par arrêt à l'union des segments proximal et distal)

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Fig. 3. — Le transit de la matière opaque est comparabl train qui subirait un arrêt au tiers droit du transverse et à cet endroit, en une série de wagons isolés.

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e à celui d'un se morcèlerait,

Le lavement opaque pénètre lentement dans tous les seg-

ments coliques, et ne montre aucune anomalie apparente si ce n’est un certain degré de dilatation cœæcale. La palpation est douloureuse dans la fosse iliaque droite.

Constipation Distale.

Lo) Par ralentissement de traversée du segment distal.

Cette forme de constipation est caractérisée par une traversée normale, souvent même rapide, du segment broximal. Le ralentissement commence soit sur un point du transverse, soit au niveau de l’angle splénique.

a) Le ralentissement commence au 1/3 droit du transverse.

C’est la forme que nous avons le plus fréquemment rencontrée au cours de nos observations. Nous en avons

recueilli 12 cas.

Observation III — M S.., âgée de 37 ans. C’est la malade-type de la constipée chronique, qui à essayé toutes les médications possibles, sans obtenir un résultat durable, et chez laquelle toute la thérapeutique médicale est actuellement impuissante.

Elle accuse de la constipation depuis l’enfance, en particulier à l'âge de 15 ans, au moment de sa menstruation. Les règies furent toujours régulières. De 15 à 18 ans, elle lutte aisément contre la constipation par des tisanes laxatives, et des sels de magnésie qu’elle absorbe chaque semaine. — À

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