OBSERVATION V
(PI. IL, fig. 3 et 4).
M'e B..., 65 ans, sans profession, à Bruges, est envoyée d'une consultation médicale pour examen radioscopique de l'estomac, qui est pratiqué le jour même. Il s’agit d’une femme âgée ayant été placée comme domestique à Bordeaux. Père et mère morts tous les deux : l’un de congestion pulmonaire, l’autre de hernie étranglée ; ni frère ni sœur. M'® B... prétend s'être généralement bien portée. Pas de
maladie dans son enfance. Réglée à 12 ou 13 añs. Depuis, règles régu-
lières, non douloureuses, d'abondance normale jusqu’à 54 ans où a lieu la ménopause sans aucun incident. Une bronchite vers 30 ans. Rien depuis. La malade se plaint seulement d'avoir toujours été «délicate de l'estomac ». Son appétit était irrégulier. Elle souffrait
CRT
assez Souvent après ses repas, au bout d'une heure environ. Elle ressentait alors des pesanteurs, quelques crampes, et rendait parfois quelques gaz par la bouche. Pas de régurgitations, pas de vomissements. Depuis un an environ, ses crises gastriques ont augmenté de fréquence et d'intensité et M'e B.. à eu des vomissements alimentaires qui la soulageaient immédiatement,
Du côté de l'intestin, elle est un peu constipée, allant irrégulièrement à la garde-robe, restant parfois plusieurs jours sans selles et rendant alors des matières dures, ovillées, sans mucus. L'examen radioscopique nous montre un estomac légèrement abaissé, mais se remplissant normalement et évacuant plutôt rapidement la bouillie barytée. Contours normaux. Pas de point spécialement douloureux, le duodénum nous parait normal. Nous préparons alors la malade sui- ‘vant la méthode habituelle et la faisons revenir pour examiner son intestin.
L'examen clinique de l'abdomen ne nous donne aucune indication particulière. L'inspection nous montre une paroi très grasse, un peu flasque, la percussion est négative. La palpation ne révèle aucune tumeur, aucun point douloureux. Nous pratiquons alors la radioscopie debout de notre sujet.
Le gros intestin est parfailement rempli par le baryum qui encombre encore un peu le grêle; le cæcum est complètement couché le long de l'arcade crurale et son fond arrive à 2 ou 3 centimètres de la symphyse pubienne. Le côlon transverse confond son image avec celle du cæcum et de l’ascendant, ce qui nous fait eraindre un accolement en canon de fusil, mais une pression un peu accentuée d’une part, l'exaîmen couché d'autre part, nous montrent qu'il n'en est rien. Le transverse est très plosé, l'angle sphénique abaissé, le rectum est plein de sel opaque. La radioscopie couchée confirme celte première vue et nous montre la mobililé normale de l'intestin.
Radiographie.
1° Radiographie couchée (PI. IH, fig. 3). — Le repère du point de Mac-Burney correspond à l’angle hépatique des côlons ascendant
et transverse.
Il se projette sur le transverse au niveau de son bord inférieur; sa distance du fond du cæcum est de 17 centimètres environ.
Quant au point dé Lanz, passant en pleine masse côlique, il est plus rapproché et se trouve à environ-9 centimètres du fond cæcal.
90 Radiographie debout (PE. I, fig. 4). — Le gros inteslin s’est encore abaissé, Le repère du point de Mac-Burney est en face de l'angle hépatique, mais il est presque entièrement sur le bord supérieur du colon transverse qu'il déborde un peu en haut et en dedans.
Son éloignement du point d'implantation de l’appendice est de 15 centimètres. Ce rapprochement apparent est-dû à ce fait que le cæcum à accentué encore son obliquité, devenant presque horizontal et basculant son extrémité inférieure. =
Le point de Lanz se projette sur le transverse, à 7 centimètres du fond du cæcum, au-dessus et en dehors.
En résumé : Femme âgée, à intestin hyposthénique et ptosé.
Point de Mac Burney extrêmement éloigné de l'appendice (17 centimètres). Point de Lanz également loin de cet organe (9 centimètres environ).