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Le psittacisme se limite chez lui à l’écholalie. Celle-ci semble ne se produire que si on fait à l'enfant des quesüons auxquelles il n’est pas habitué et qu'il ne comprend pas.
Ce dernier fait est encore plus apparent chez l'imbécile M..., qui comprend assez bien les très simples questions qu'on lui pose et y répond passablement, mais se
contente de répéter le dernier mot de la question quand
il ne comprend plus ou qu'il ne veut pas s'en donner la peine, comme les gens qui répètent la question qu'on leur fait, pour masquer leur incompréhension ou se donner le temps d’y répondre.
D. — Comment cela va-t-il ce matin?
R. — J'ai changé de place. :
D. — Qu'est-ce que vous allez manger ce matin ?
R. — Du saucisson.
D. — Aimez-vous le saucisson? =
R. — Oui, ma mère a apporté ‘ saucisson, du saucisson, du
saucisson.
— Qu'est-ce que vous faites toute la journée ? : — Je mange du saucisson.
D. — Avez-vous bien dormi cette nuit ?
R. — Du saucisson, saucisson, saucisson.
Désormais il est impossible de tirer de M... autre chose que le mot saucisson.
A propos de l’écholalie, rappelons cette idiote de Mau-
paté, atteinte d’une forme assez spéciale de psittacisme
‘qu’on pourrait appeler coprolalie réflexe. Dans la journée elle ne profère que des sons inarticulés et informes: la nuit, au contraire, elle dit machinalement des mots orduriers qu'elle ne comprend pas.
Les idiots enfin ne sont pas les seuls malades à présenter le phénomène de l'écholalie. Nous le retrouverons notamment dans les états démentiels ; mais on l’observe encore dans d'autres étais pathologiques, et notamment Mabille (1) en a rapporté un cas des plus intéressants. Il s'agissait d’une malade qu'on peut considérer comme une débile, qui à la suite de plusieurs bouffées de délire polymorphe, présenta de l’écholalie jointe à de l’échomimie. Ces phénomènes avaient ce double caractère particulier d’alterner toutes les cinq minutes avec des crises
(4) Masize. Echolalie dans le cours d'une affection mentale, Ann, méd. psych., 1886, p. 370.
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d’excitation et de ne porter que sur une seule personne, d’abord la mère, puis le père de la malade.
Gilles de la Tourette (1) a également rapporté plusieurs observations de maladie des tics avec coprolalie et écholalie. Le mécanisme de l’écholalie est toujours le même que précédemment. C’est un mécanisme réflexe, automatique, mais présentant ici la particularité d'être conseient et irrésistible. :
L'observation IV de Galles de la Tourette est particuhèrement instructive à cet égard : « En écoutant un discours, une conférence, c’est le malade qui parle, j'étais poussé par le besoin presque irrésistible de répéter un mot, un bout de phrase qui venaient me frapper davantage. Il me fallait toute ma contention d'esprit, et un vif désir de respecter les convenances pour ne -pas répéter ce mot tout haut. Toutefois comme je ne pouvais me soustraire qu'incomplètement à cette obligation, je m'aperçus à différentes reprises que plusieurs des personnes qui m’entouraient avaient parfaitement entendu. »
Remarquons que le phénomène de l’écholalie ne se produisait pas seulement pendant l'audition d’un discours, d'une conversation, mais encore au cours d’une lecture.
Ce curieux phénomène est à rapprocher de ceux désignés sous le nom d'intoxication par le mot, qu'on observe chez les malades les plus variés.
(1) Gares DE LA Tourerre, Archives de neurologie, 1885, p. 19.