‹ Contribution à l'Étude Sémiologique du PsittacismeChapitre 30 sur 34 · CRE · texte numérisé non relu

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térieuses, que la divination Jui a révélées et qui lui ont donné une science et un pouvoir refusés aux mortels, et que Jésus-Christ seul a possédés avant lui.

Fétichiste du chiffre, il a de même pénétré les secrets des nombres et du calcul et peut résoudre ainsi des problèmes qui dépassent la portée des esprits les plus savants.

«Je fais toujours mes calculs. C'est indéfinissable. C'est un génie indéfinissable, plus vous en cherchez plus vous en trouvez le profond. J'arrache au moyen du calcul les esprits nouveaux di sont cachés et passent tête dans tête.

J'ai fait tous les calculs sur les étoiles en cherchantles buttes d'ombre les plus capables. Il n’y a rien à chercher de plus savant, mais c’est tout ce qu'il y a de plus difficile.

J'ai vu une fois un esprit dans ma chambre je l'ai

mené brutalement au moyen du chiffre et je lai fait

passer en minime personne... »

C'est ainsi « qu'il est parvenu au plus haut degré de sténographie et du calcul. » Il passe son temps à griffonner des mots qu'il réunit dans des formules plus ou moins étranges, à tracer des dessins compliqués, à aligner des chiffres dans des dispositions cabalistiques dont il peut seul pénétrer le sens mystérieux et c'est sur ce fétichisme spécial qu'il appuie ses ÉiAen tons mégalomaniaques.

Voici d’autres exemples comparables :

Le malade S... se croit appelé à être l'arbitre de l’u-

nivers, parce que entre autres raisons il a résolu le

problème du grand cercle du zodiaque et du méridien terrestre,

Or, voici un aperçu de ce travail : « La rose des vents est la méthode et le procédé de créer les nations, les parties du monde dans De entier par le grand cercle du zodiaque. C'est pour créer les points cardinaux, les plus. petits circuits des limites des provinces, des nations aussi bien que des parties du monde. D'après la géométrie 1l ne peut y avoir d'autre procédé pour créer malgré l’immensité de l'étendue. Le signe du zodiaque représente l'univers entier, la circonférence universelle, le méridien universel. L'univers c’est une circonférence. Et comme le grand cercle du zodiaque se fait horizontalement ou perpendiculairement ou dans un sens oblique quelconque, ce sont toutes les lignes circonférentielles qui passent aûtour de la terre. »

Il y a eu longtemps dans le service de M. le D' Séglas

un malade persécuté mégalomane, qu'en raison de ses idées de grandeur prédominantes, on appelait « l’acadé-

micien ». Il se croyait en effet d’une intelligence supé-

rieure et ses nombreux ouvrages, composés de cahiers qu 11 portait constamment sur lui et qui constituaient un véritable ‘chargement de mulet, lui avaient valu, prétendait-il, un fauteuil à l’Académie française. Or, tous ces écrits n'étaient qu'une succession de mots ou de phrases sonores, grandiloquents, dont l'assemblage disparate ne pouvait avoir pour le lecteur aucune ‘signification. Le malade lui-même était incapable de les traduire d’une façon intelligible, surtout s'ils dataient de quelques jours. Cependant, c'était à ses yeux des œuvres remarquables, par lesquelles 1l pensait résoudre toutes sortes de questions philosophiques, historiques, sociales, et dont la lecture devait produire dans l'esprit de tous la lumière et

la conviction. Aussi les défendait-1l comme des trésors et il fallait être bien avant dans ses bonnes grâces pour qu’il consente à vous initier à leur connaissance.

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