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pliquée de sons — flatus vocis — Apprendre à parler consiste simplement à émettre correctement les sons qui constituent les mots.
L'enfant (1) apprend, comme le perroquet, d'abord des mots ; une fois en possession du mot, il arrive petit à petit à grouper autour de ce noyau les idées, les sensations, les souvenirs même qu'il a pu acquérir, et qui augmentent chaque jour avec son expérience. Suivant son intelligence, son éducation et le milieu où il vit, il aura à sa disposition un langage plus ou moins perfectionné. = On conçoit déjà sous ce rapport qu'il puisse exister les plus grandes différences entre les individus, et que tel mot qui pour un rustre, restera lettre morte, évoquera chez tel autre üne suite admirable d'idées et de souvenirs. La valeur du mot et la richesse des représentaüons qu'il évoque est essentiellement variable d’un individu à Fautre. Donc, dans la genèse de la fonction langage, dit Leibnitz, « on apprend les mots avant que d'apprendre les idées qui leur appartiennent » ; ultérieurement on donne au mot un sens plus ou moins juste, plus ou moins riche, suivant l'intelligence dont on dis- -pose et l'éducation qu'on a reçue.
En partant de ce point de vue, il convient de disüinguer deux groupes de faits, deux variétés de psittacisme ; dans le premier, l'enfant devenu adulte, continue à se
(4) H. Tane, Note sur l'acquisition du langage chez les enfants et dans l’espèce humaine. Revue philosophique, 18176, t. 1, p. 5.
« L'enfant se complait à son ramage, comme un oiseau. On voit qu'elle en est heureuse, qu’elle sourit de plaisir ; mais ce n’est encore qu’un ramage d'oiseau, car elle n’attache aucun sens aux sons qu’élle émet. Elle n’a acquis que le matériel du langage » (Douze mois).
servir des mots qu'il a appris au berceau sans leur donner aucune signification. Chez lui la pensée n’a jamais existé ; c'est’ le cas du perroquet et de l’idiot. C’est le psittacisme primitif et pur.
Dans le second, l'enfant devenu adulte a su donner aux mots qu'il emploie, leur signification ; puis sous l'influence d'une cause morbide quelconque, l'édifice des représentations et des idées acquises au cours du développement, s’est écroulé ; le malade, qui dans le cas particulier est un dément, conserve l'usage de mots ou même de phrases parfois correctement construites ; mais ces mots ou ces phrases ne sont plus que des enveloppes, des coques vides dont toute signification a disparu. Ce
sont là des/Cas de psiftacisme secondaire.
L'observation de cette malade qui demande constamment une clef pour ouvrir la porte et qui, en possession de cette clef, ne pense pas à s’en servir, et continue à la réclamer, nous en offre un exemple très typique. Il s’agit là d'une variété particulière de psittacisme, de stéréotypies verbales.
Il existe donc au point de vue de leur genèse psychologique deux variétés de Do le psittacisme primitif dans lequel la pensée n'a jamais existé ; le psittacisme secondaire, dans lequel la pensée a existé à un moment donné, mais a disparu