PHASE JAN AU
Fig. 13.
Bz de Al dans Al*Mo?
sors Dode Al pur
b) ——— $, de Mg dans AlMg?
red Dr de Me pur.
J’ai étudié avec chacun de cesalliages le spectre K de l’aluminium et du magnésium. Les raies & ont la même position que dans le cas des métaux purs, ainsi que le bord de CHA longueur d’onde des bandes, Mais les raies ont une répartition d'intensité différente de celle des métaux purs. La figure 13 représente la courbe tracée à la même échelle donnant l'intensité en fonction de l’énergie du quantum émis,
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pour la bande K de l'aluminium et pour la bande K du magnésium, obtenues à partir de l'alliage AlMg*. La figure 14 montre les mêmes courbes obtenues à partir de APM.
On voit que pour chaque alliage les courbes donnant la répartition de l'intensité des bandes du magnésium et de
l'aluminium sont superposables. Ces courbes sont très voisines des courbes [— C(W — W,), ? donnant l'intensité théo-
rique au début d’une bande. La largeur de ces 4 bandes est à peu près la même et égale à 11,5 1,5é -v.
(b) RSR PE CP PR CARE PTE Fig. 14.
a) ——— f, de Al dans Al2Mg DR Re 8x de Mg dant AlPMg*.
On sait que dé telles solutions solides cristallisent dans des systèmes bien déterminés, les sommets du réseau étant occupés au hasard par l’un ou l’autre des ions métalliques. La structure cristalline de ces alliages particuliers n’a pas été, à ma connaissance, déterminée jusqu'ici. La légère ondulation observée sur les courbes obtenues à partir de AlMg*
montre l'existence d’une zone de Brillouin: l'influence d’une telle zone semble peu importante. J'ai tracé en pointillé sur chacune de ces figures, les courbes déjà données pour l’aluminium pur ou le magnésium pur. On voit la grande différence qui existe entre ces courbes, et celles des alliages.
Le fait que, dans un même alliage, les bandes K de l’aluminium et du magnésium sont superposables s'interprète aisément en admettant que ce sont les mêmes électrons qui peuvent tomber soit sur le niveau K d'un ion magnésium, soit sur celui d’un ion aluminium. En effet, dans cette hypo- ‘thèse, la probabilité de passage d’un électron est la même pour les deux ions puisque les fonctions d’onde d’un électron K sont à peu près identiques pour le magnésium et l'aluminium, ces deux métaux étant voisins dans la classification périodique des éléments. Par conséquent, l'intensité émise I— p(E)N(E), doit être la même pour les deux bandes.
On doit donc admettre que les électrons M de l'aluminium et du magnésium sont mis en commun das le cristal; il y a
donc électrons par atome dans l’alliage Mg*Al° et électrons dans l’alliage AlMg?. La formule des électrons libres (13) donne alors les valeurs 9 et 9,4 é.-v. pour les largeurs des bandes de ces alliages. Le tableau suivant compare les largeurs théoriques et expérimentales. des bandes des métaux purs et des alliages.
, Mg ABMgs | AlMg? AI EXD rte Se ter) Toi iol lt SE 1,5 11,5+1,5 13 TGV PRÉC MR TT Ci l'E La 9 9,4 11,6 é.-v.
Nombre d'électrons 2 2,4 2,6 | 3
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Le bord net des bandes du côté des courtes longueurs d'onde indique comme nous l'avons vu qu’une zone de Brillouin n'est pas complètement remplie par les électrons.
En résumé, cette étude montre que dans les alliages AlMpg* et AlMg? qui sont de seconde espèce et forment une phase cristalline homogène correspondant à un des points singuliers du diagramme Al-Mg, les électrons de valence des deux métaux sont mis en commun et peuvent tomber indifféremment sur un niveau K d'un ion aluminium ou
magnésium.
4. Bandes L de cobalt, du nickel, du cuivre et du zinc. — Ces quatre corps sont voisins dans la classification de Mendéleieff, Leur configuration électronique est indiquée dans le tableau suivant:
K [L My (Gs) Myr x (8p)| Miv, v (3d)| Nr (45)
CODE 7 ; Nickel. L configuration 8
RS de l’argon 2 Cuivre SRE Se :
LIRE HE s :
A l’état cristallisé, la répartition des électrons est différente de ce qu'elle est dans un atome libre pour le cobalt et le nickel. En effet, l'étude des propriétés ferro-magnétiques de ces deux corps et de leur conductibilité permet de montrer qu'il n’y a plus que 0,6 électron 4s pour le nickel et 0,7 pour le cobalt, alors que la couche Miv, v de ces éléments comprend 9,4 et 8,3 électrons par atome (!); c'est cette cou-
(*) Voir Morr et Jones. Loc, cit., 316.
che incomplète qui est responsable des propriétés ferromagnétiques de ces éléments. ;
Mott (‘) a montré que pour le nickel et le cuivre les énergies des électrons 3d et 4s devaient se recouvrir, c’est-à-dire que, pour une énergie. donnée, on a à la fois des électrons dans l’état 3d et d’autres dans l’état 4s. Ce calcul qui n’a qu’une valeur qualitative, a été fait à l’aide de l’approximation des électrons liés. La figure 15 montre d’après Mott, l'allure des courbes donnant en fonction de l’énergie le nombre d’atomes d'énergie comprise entre E et E + dE pour le cuivre et le nickel ; la répartition des électrons ls est très voisine de la répartition d'électrons libres. On voit que la largeur de l’ensemble formé par les bandes 3d et 4s est la même que celle de la bande 4s seule.
Krutter (?) a calculé à l’aide de la méthode de Slater la répartition de
Fig. 15. — Allure des courbes l'é ie l à ’aprè
énergie dans les bandes 34 donnant, d’après Mott, le nombre d'électrons dans les
et 4s du cuivre; il a re- £ : niveaux 4s et 34
trouvé le résultat de Mott 3 : : a) pour Ni, et donné une valeur de la b) pour Cu.
largeur de cette bande.
Les raies d'émission La,, et L@, qui sont dues normalement au passage des électrons My, sur les niveaux Lu et [1 sont donc confondues, pour le cuivre et le nickel et très proba-
(t) Morr. Proc. Phys. Soc., 47 (1935), 571.
(2) Krurrer. PAys. Revtew, 48 (1935), 664.
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blement pour le zinc et le cobalt avec les raies dues au passage des électrons NI sur ces mêmes niveaux. La largeur de ces raies obtenues expérimentalement donnera la largeur de l'ensemble formé par les bandes 34 et 4s.
Pour le cuivre‘et le zinc on ne peut pas mesurer directement cette largeur par suite de la présence du côté des courtes longueurs d’onde de chaque raie, de deux satellites : « et «”, £’ et &", dus à des atomes ionisés. Seule, une comparaison précise de spectres d'émission et d'absorption permettra de déterminer exactement cette largeur, ainsi que nous le verrons plus loin.
J'ai publié récemment (!) les courbes d'intensité des bandes d'émission Lo des quatre métaux considérés. Skinner a obtenu (?), à l’aide d’un spectregraphe à réseau, les bandes M du nickel, du cuivre et du zinc, dues au passage sur le niveau My, m des électrons Mi, v et N,, qui en tombant sur le niveau Li donnent Lx. Les enregistrements microphotométriques des bandes My y; — Mir, in et des bandes L sont presque superposables si ‘on les trace à la même échelle en fonction de l'énergie du quantum émis.
Remarquons que d’après la théorie donnée au chapitre premier la probabilité est la même, à un facteur constant près pour le passage sur un quelconque des niveaux Lu, lun, My, Mr. Les courbes d’intensité des raies La et LB doivent donc être superposables.
Je vais, dans ce qui suit, exposer les résultats que j'ai obtenus pour chacun de ces métaux et les résultats théoriques qu’on peut en déduire.
1° Cobalt. — Les longueurs d'onde du spectre du cobalt ont déjà été mesurées par Siegbahn et par Karlsson (3). La figure 16 représente la courbe d'intensité de la raie La que
j'ai obtenue. La raie LB donne une courbe tout à fait identi-
(1) FariNeau. Vature, 140 (1937), 508.
(2) Skinner et Jonnsron. Nature, 140 (1937), 508. È () StEGsann, Spektroskopie der Rôntgen Strahlen, 2e éd., 285.
que. Les satellites La’ et à", $' et 8" qui n'avaient pas été signalés par les auteurs précédents ont une intensité extrémement faible et sont à la limite de ce que peut montrer le microphotomètre. Si on admet que les résultats théoriques de Mott sur le nickel sont encore qualitativement valables pour le cobalt, c’est-à-dire que les bandes 34 et 4s sont
——1 JL L
Fig. 16. — Bande Le de Co.
confondues (la bande 4s étant un pea plus large que la bande 3d) et que la répartition des électrons dans la bande 4s est très voisine de la répartition d'électrons libres, on peut trouver une valeur du nombre # d'électrons par atome formant cette bande, à l’aide de la formule 13.
La largeur des bandes Lo et LB est de 6 6.-v. + 1. La formule 13 donne alors pour À la valeur 0,72 = 0,1, valeur en très bon accord avecda valeur déduite des propriétés magnétiques et de la résistivité du cobalt (0,7).
2° Nickel. — Les longueurs d'onde du spectre L du nickel ont déjà élé plusieurs fois mesurées. iécemment, cette détermination a été reprise pour le métal et certains de-ses composés par Shearer (!) qui a donné un enregistrement
microphotométrique de ses clichés, fait à petite échelle.
La figure 17 représente la bande La du nickel. On voit que cette bande possède’ du côté des courtes longueurs d'onde un bord presque vertical, alors que l'intensité croît lentement du côté des grandes longueurs d'onde, à peu près
() Suearer. PAïl. Mag., 20 (1935), 504.
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e 3 comme (W — W,) 2, Le maximum d'intensité n’est pas sur le bord de courte longueur d'onde mais à 1 v. 5 de celui-ci. La largeur de la raie est 6 + 1 volts.
Les satellites à’ et à" situés du côté des courtes longueurs d'onde de la bande ont une intensité extrêmement faible.
De même que pour le cobalt, la bande due aux électrons 3d et celle due aux électrons 4s ne peuvent se distinguer l’une de l’autre. Si on admet que la bande d’énergie 4s a, ainsi que la prévu Mott, la même limite supérieure que la bande 3d et est un peu plus large que celle-ci, on peut, à l’aide de la formule (13) calculer à partir de la largeur de la bande d’émission, ie nombre d'électrons se trouvant dans la bande 4s du cristal : on trouve ainsi 0,58 + o,1 ; résultat qui est le même que celui obtenu (0,6) de façon très différente par l'étude des propriétés ferromagnéliques du nickel.
845 850 eV
Fig. 17. — Bande Lu,» de Ni.
Le bord net observé sur la raie du côté des courtes longueurs d'onde s’interprète en admettant que les deux zones représentées sur la figure 15 ne sont pas complètement remplies, et que la densité électronique tombe par suite brusquement à zéro pour une certaine valeur de l'énergie.
La structure du cristal intervient sur les électrons 3d d’une façon trop complexe pour qu'on puisse, sans un calcul précis et détaillé des fonctions d’onde et des énergies prévoir son . influence sur la raie.
La raie L£ donne lieu à la même courbe d'intensité en fonction de l'énergie que la raie Le.
Nickel au-dessus du point de Curie. — On sait que c’est le fait que la couche 34 est incomplète qui est responsable des propriétés magnétiques du nickel, il était donc intéressant de chercher si lés bandes dues à ces électrons avaient une répartition d'intensité différente au-dessous et en dessus du point de Curie. Ce corps a son point de Curie aux environs de 600° K. J'ai pris deux clichés du nickel à une température voisine du point de fusion (1400°), c’est-à-dire très au-dessus du point de Curie. J'opérais avec un petit morceau de nickel placé dans le creuset de graphite qui m'a servi pour étudier l'aluminium liquide. Le débit du tube à rayons X était de 19 milliampères ; entre 16 et 17 milliampères, le nickel entrait en fusion.
Je n'ai pu trouver une différence quelconque entre les courbes d'intensité ainsi obtenues et celles obtenues précédemment à une température voisine de la température ordinaire.
3° Cuivre. — Les longueurs d'onde du spectre L du cuivre ont déjà été plusieurs fois mesurées. Récemment Saur () a donné un enregistrement microphotométrique de ce spectre. La figure 18 montre da courbe d'intensité que j'ai obtenue en fonction de l’énergie. Les enregistrements microphotométriques d’où est déduite cette courbe sont très voisins de celui publié pat Saur.
Cette courbe est caractérisée pas le renforcement considérable, par rapport au nickel, des deux satellites &' et à”. Contrairement à ce qui a lieu pour le nickel et le-cobalt on ne peut plus dire où s'arrête, du côté des courtes longueurs d’onde, la bande due à l’atome neutre. La seule méthode permettant de déterminer la largeur de cette bande est la
comparaison des spectres d'émission et d'absorption.
(‘) Saur. Zertschrift für Physik, 103 (1956), 425.
JULES FARINEAU
Sandstrüm (!) a étudié.le spectre d'absorption du cuivre aux environs de 13 A. J'ai tracé en pointillés, à la même échelle que la courbe d'intensité de la bande La, la courbe d'absérption, déduite de celle publiée par cet auteur.
Sandstrôm croit voir sur cette courbe une raie d'absorption en (B) et indique la limite d'absorption au point C. Comme nous allons le voir, la limite d'absorption doit être reportée au point À. |
Fig. 18.
= bande La de Cu.
Se ... courbe d'absorption d’après Sandstrôm.
Les électrons N; du cuivre étant dans un état voisin de la liberté occupent une bande d’énergie dont la limite supérieure est E,. Tous les états d'énergie supérieure à Ex peuvent être occupés par des électrons expulsés du niveau Lu par absorption d’un quantum sauf ceux dont l'énergie a une valeur interdite par suite de la discontinuité d'énergie qui existe entre deux zones de Brillouin, pour une direction donnée du vecteur d'onde (Krônig (?)).
On doit donc avoir, ainsi qu'il a été vérifié sur de nombreux corps, un bord net dans la courbe d'absorption correspondant à une fréquence :
(!) SanpsrrôM. Vavo Acta Regiæ Soc. Scient. Upsaliensis, IV, vol, 9, no 11.
(@) L. ve Kronic. Zeutschrift für Physik, 75 (1932), 191.
IE; —E,, | VW ———— \, hk
E;, désignant l'énergie de la couche Li.
L'absorption doit être plus petite pour certaines valeurs de IE, —E] vecteur d'onde sont interdites à l'électron expulsé d’éner-
gie E’.
la fréquence v! — , Puisque certaines directions du
La partie de la courbe de Sandstrôm voisine du point C peut s'expliquer quantitalivement, comme nous le verrons plus loin, par ce mécanisme, alors qu'on ne peut admettre avec Sandstrôm que le cuivre présente une raie d'absorption qui serait due à un niveau 3d incomplet, car, dans ce cas, le cuivre serait ferromagnétique ou fortement paramagnétique.
On doit donc admettre que la vraie limite d'absorption du cuivre est donnée par le point A où l’absorption commence à se produire. La bande émise par les atomes neutres de cuivre serait donc la partie de la bande L située par rapport à A du côté des grandes longueurs d’onde. Cette bande aurait ainsi environ 6 é.-v. comme largeur, l'erreur pouvant être de l’ordre de 2 é.-v. Il serait très souhaitable de fixer exactement quel point de la courbe d'émission correspond à la limite d'absorption en reprenant un spectre d'absorption et un spectre d'émission sur un même cliché, de façon à éliminer l'erreur qui peut provenir de la mesure des longueurs d'onde faite séparément pour chacun de ces cas.
La détermination précise de la structure de la bande d’ab- -sorption nécessiterait d’ailleurs des précautions expérimentales très grandes, en particulier, par suite du principe même du spectrographe qui veut que la radiation formant une raie de longueur d'ordre déterminé provienne des différents points de la source ; il est nécessaire d'avoir une feuille absorbante dont l'épaisseur (1 y) soit rigoureusement
constante sur 1: cm. de longueur environ.
ve JULES FARINEAU
Comparaison avec la théorie. — Krutter (!) a calculé par la méthode de Slater les niveaux 34 et 4s du cuivre. Il a trouvé que pour l’ensemble de ces niveaux, il y avait 6 zones contenant chacune deux électrons par atome, l'énergie variant pratiquement entre les mêmes limites pour chacune dé ces zones. Les cinq premières correspondent à des éner-
‘gies comprises entre — 5,4 et — 12 é -v., la répartition des électrons étant très différente de celle d'électrons libres. Ces zones contiennent les dix électrons 3d de chaque atome. La dernière zone ne contient qu'un électron et pour cette dernière, la répartition électronique est extrêmement voisine de celle d’électron libre. La largeur de la bande d’énergie due à cette zone calculée à l’aide de la formule (13) est de 7 é.-v. Cette bande est comprise entre — 11,5 et — 4,5 é.-v. c'està-dire que la largeur théorique de l’ensemble de ces bandes est de 7,5 é.-v. environ, valeur en très bon accord avec le nombre expérimental : (6 + 2 é.-v ).
Le cuivre cristallise, comme l'aluminium, dans le système cubique à faces centrées, l’arête‘du cube étant 3,6 À. Les formules 14 et 14° montrent que l'influence de la limite de la première zone de Brillouin se fera sentir entre 8,6 é.-v. et 14 6.-v. à partir du niveau le plus bas de la bande 4s, c’està-dire entre 1,6 é.-v. et 7 6.-v. à partir du niveau le plus élevé occupé par des électrons.
La courbe d'absorption doit donc présenter entre ces deux nombres un minimum d'absorption. Si on identifie, ainsi que je l'ai fait, le niveau d'absorption Li avec le point À de la courbe de Sandstrôm, le minimum d'absorption situé à environ 3 é.-v. du point A est ainsi expliqué par l'influence de la limite d'une zone de Brillouin.
Les satellites & et ax" ont, dans le cas du cuivre, une importance prépondérante. La théorie admise qui a été proposée par Coster et Kronig (?) (*) explique ces satellistes par
Krurrer. Physical Review, 48 (1935), 664.
(1) (2) Cosrér et KroniG. Physical, 2 (1935), 13. () Hirsu. J. Physical Rev., 50 (1936), 191.
l'existence d’un-effet Auger interne. La transition Lis > Lis s’effectuerait sans émission de radiation, le photon émis étant absorbé par un électron M4, ,. Ce serait l’absence de cet électron qui serait responsable des satellites 4! et a", B' et B".
Skinner (!) pense que le satellite x fait partie de la bande principale. Pour que cette hypothèse soit valable, il .faudrait admettre une différence assez grande (3 é.-v.), résultant d’une erreur de mesure entre les longueurs d'onde mesurées par Sandstrüm et par moi. Or, le travail de Sandstrôm avait pour but la mesure très précise des longueurs d'onde et mes nombres sont en excellent accord (1 é.-v. environ) avee ceux qu'on peut déduire des mesures de longueur d'onde effectuées précédemment, en admettant que celles-ci correspondent au maximum d’intensité de la raie.
D'après les résultats théoriques rappelés ci-dessus «’ serait alors dû aux électrons N;. Or, on peut suivre, d’après le livre de Siegbahn, ces satellites depuis le cuivre (de nombre atomique 29) jusqu'à l’argent (de nombre atomique 47). Ils se maintiennent constamment à 2 ou 3 volts l’un de l’autre et entre 4 et 10 é.-v. de la raie principale, alors que les électrons N, se séparent très vite des électrons M,,, ,; par des différences d'énergie atteignant 265 é.-v. environ pour l’argent, les deux niveaux My, pouvant eux-mêmes devenir distants l’un de l’autre de 7 é.-v. environ.
H semble donc bien que les satellites &' et +” ne font pas partie de la raie principale, car ils devraient disparaître pour les éléments plus lourds, ou se transformer en raies N; + Lin. Le fait que leur intensité est renforcée lorsque la couche 34 est complète, montre que leur existence dépend fortement de ce niveau ; le mécanisme exact de leur émission probablement voisin de celui proposé par Coster et Kronig n'est toutefois pas encore parfaitement connu, puisqu'on ne
(') Skinner. Valure, 140 (1937), 508.
80 JULES FARINEAU
connaît pas exactement les configurations électroniques correspondant à chacun d'eux. À
La raie LB, du cuivre est tout à fait semblable à la raie Le. Les courbes d'intensité sont presque superposables : les satellites 8’ et £” ont toutefois une intensité un peu moins grande comparée à 6,, que x’ et à" comparés à ©.
La courbe d'absorption de Sandstrôm présente: pour Île niveau L;, un aspect identique à celui qu’elle a pour le niveau Lin. La largeur de la bande 34, 4s déduite de la comparaison de ces deux courbes est de 6,5 6.-v., valeur en excellente accordance avec celle trouvée précédemment. Slater (!) et plus récemment Mott et Jones (?) ont donné la répartition d'électrons dans une bande 3d, ou (Mott et Jones) une partie de cette bande montrant plusieurs maxima de densité électronique, ces maxima, qui ne semblent pas se retrouver sur mes courbes peuvent d’ailleurs, par suite de la valeur de la probabilité de passage, ne pas correspondre à un maximum d'intensité. Il semble toutefois que le maximum situé à l'extrémité inférieure de la bande que trouvent à la fois Mott et Jones et Krutter devrait donuer un maximum. La fonction d'onde correspondante d’après Krutter contient en effet un terme en s qui donne par suite une intensité très différente de zéro. Or, au point correspondant de mes courbes (bord de grande longueur d'onde) l'intensité est presque nulle. [l semble donc que les fonctions d’onde trouvées dans le cas très complexe du cuivre par Krutter ne représentent pas parfaitement les fonctions réelles. En effet, la bande étant une superposition des niveaux 34 et 4s de symétrie très différente, il faudrait, pour obtenir 4, superposer un plus grand nombre de fonctions élémentaires, le choix de trois fonctions f'(voir p. 26) sur les sept possibles paraît en particulier un peu arbitraire.
(1) Suarer. Physical Rev., 49 (1936), 537.
() Morr et Jones. Proc. Roy. Soc., 162 (1937), 49.
Thèse FARINEAU PLancue I
Raies Lx et LB du zinc.
Raiïe K£; du magnésium.
Masson er Cie, Enrreurs
STRUCTURE ÉLECTRONIQUE DES MÉTAUX &t
4° Zinc. — Les longueurs d'onde du spectre du zinc ont été mesurées par Siegbahn et Karlsson (voir l'ouvrage de Siegbahn). La figure 19 donne la courbe d'intensité que j'ai obtenue par la raie Lo.
Sandstrüm trouve pour l’absorption du zinc un bord net dont j'ai marqué la position sur la courbe de la figure 19 par une flèche : j'ai pris, non la longueur d'onde donnée par Sandstrôm, mais celle du point où l'absorption commence à se produire, car c'est lui qui doit marquer la limite supérieure de la bande d'émission (‘) comme il a été vérifié expérimentalement dans le cas du magnésium. Le zinc cristallise comme le magnésium dans le système hexagonal compâct et a comme lui 2 électrons extérieurs, les
Fig. 19. — Bande L, de Zn.
conductibilités de ces deux métaux sont voisines (25.107* ohms.-cm. pour Mg, 18,1.10—# ohm.-cm. pour Zn). De plus, dans le cas du magnésium, la courbe d'absorption L (1) est assez semblable à celle du zinc. On peut donc admettre que les électrons 3d du magnésium et les électrons 4s du zinc sont répartis à peu près de la même manière en fonction de l'énergie, c'est-à-dire à peu près comme des électrons libres.
(:) Sriwer et Jonnsron. Proc. Roy. Soc., 16 (1937), 420.
S2 JULES FARINEAU
Un autre argument en faveur de ce point de vue est le fait que les électrons 4s du cuivre et du nickel sont eux aussi répartis comme des électrons libres.
La largeur de la bande 4s du zinc, calculée d’après cette hypothèse (formule 13) serait de 9,4 é.-v. Il est donc probable que les bandes d'émission L due aux électrons 3d et 4s ont une répartition d'intensité assez semblable à celle figurée en pointillés sur la figure 19, l'extrémité de la bande due aux électrons 4s coïncidant avec la limite d'absorption ; les satellites sont en dehors de la bande due aux électrons 34 comme dans le cas du cuivre, et viennent se superposer à la bande due aux électrons 4s. L'ensemble des deux bandes aurait ainsi environ 12 6.-v. de largeur. :
La bande Le du zinc présente une répartition voisine de la bande L,, mais les satellites y ont toutefois une intensité différente, x’ semble presque avoir disparu ; la théorie de ces satellites n'étant pas parfaitement connue ainsi que nous l'avons vu dans le cas du cuivre, il semble difficile de donner maintenant l'explication de ce fait.
59 Conclusions. — De l'étude des raies du cobalt, du nickel, du cuivre et du zinc, que je viens d'exposer résultent donc les principaux faits suivants :
10 Dans le cristal de ces métaux, les niveaux 34 et 4s sont très élargis et les bandes d'énergies occupées par ces électrons se recouvrent et se confondent pratiquement.
2° Les électrons 4s occupent une bande dont la largeur correspond à environ 0,6 électron par atome pour le nickel, 0,7 pour le cobalt et à 1 électron pour le cuivre, à condition d'admettre les résultats théoriques montrant que ces électrons ont une répartition très voisine de la répartition d’électrons libres. Les résultats obtenus dans le cas du zinc s’interprètent bien supposant que ce métal a 2 électrons 4s.
3° Les électrons 34 sont dans un état très différent de l'état des électrons 4s puisque, bien que la bande 34 contienne 8 à 10 électrons, sa largeur n'est pas supérieure à celle de la
bande 4s. La répartition de ces électrons semble être la même pour le nickel au-dessous et au-dessus du point de Curie; la largeur des bandes formées par l'ensemble des électrons 34 et 4s est :.
Cobalt Nickel Cuivre Zinc
4° La méthode de Slater conduit pour le cuivre à une valeur de la largeur des bandes 34 et 4s en bon accord avec l'expérience ; les fonctions d'onde calculées dans ce cas très complexe ne semblent pas toujours très exactes.
5° Les satellites à’ et «”, £’ et 8" ne semblent pas faire partie des raies x et £. La théorie de Coster-Kronig qui explique certaines caractéristiques de ces satellites n’en donne pas encore quantitativement tous les détails.