LOGE
entrée, vers le mois de juillet, il a déjà présenté une éruption papulo-squameuse dans les espaces interdigitaux du pied droit.
Sur la face il présente depuis deux mois environ, audessus des orifices des fosses nasales des croûtes brunâtres, ovales, de la dimension d’une pièce de vingt centimes, reposant sur une surface rouge vif, ulcérée, et très adhérentes.
Syphilides pustulo-squameuses sur le cuir chevelu qui est le siège d’une alopécie très marquée depuis plusieurs mois; à l'entrée du malade le 17 octobre, les cheveux recommencent à pousser, mais les lésions que nous venons de citer existent encore à la poitrine, au pied et à la face.
A la partie antérieure de la poitrine, quelques boutons d’acné déjà ancienne; quelques cicatrices brunes, traces d’éruption antérieure sur le bord droit du sternum.
Sur la partie antérieure de lavant-bras droit, on observe deux papules larges, ayant les caractères des
plaques muqueuses cutanées.
En même temps que ces signes bien nets de syphi-
lis secondaire, le malade présente un ictère très mar-
qué avec coloration jaune safran des conjonctives et
Jaune-clair de tous les téguments externes etde la muqueuse sublinguale.
Il s’aperçut de cette teinte vers le 1°" septembre, sans aucun trouble concomitant à cette époque. L’appétit
était même conservé et 1] n’éprouvait aucune douleur.
DE «à f
Sue
Le jour de l’entrée la température a monté jusqu’à 38.2. |
Pas d'augmentation du volume du foie ni de douleur dans cette région.
Constipation depuis longtemps.
Décoloration des selles, de nuance gris-clair, mais n'ayant Jamais été entièrement blanches.
Quelques démangeaisons à la peau du ventre.
Pas de vomissements; appétit à peu près conservé encore maintenant, excepté pour la viande qu'il n’a Jamais bien goûté.
Anémie assez accentuée.
L’ictère est survenu sans cause appréciable dans le cours de cette syphilis et nous paraît devoir être rapporté à cette affection et rentre dans la catégorie des ictères infectieux secondaires.
Ürines, 1000 grammes de couleur rouge brique, ne contenant ni sucre, ni albumine.
L’acide nitrique ajouté, y détermine une coloration rouge-brun à la partie moyenne, verte à la surface, indices d'élimination des sels et du pigment biliaire. Traitement.— Une pilule de protoiodure de mercure et un gargarisme au Chlorate de potasse à cause d’un peu de rougeur du pharynx.
Le 17 octobre. — Urine 1700 grammes, toujours de même couleur et de même réaction. Température 37°6, le soir 37°9.
Le 18. — Température 37°. Urine 1400 grammes.
Densité 1014, toujours chargée de sels biliaires.
Pape
Le 21, — Le malade prend deux pilules de protoiodure de mercure de cinq centigrammes chacune.
Le 24. — Même traitement; urine 1.500 grammes.
Les ulcérations interdigitales des pieds sont à peu près guéries. |
Le 27. — Conjonctives encore jaunes, forces un peu diminuées, mais conservation de l'appétit. ‘lempérature normale. Selles encore grises. Urines rouges, épaisses, acajou, odorantes. Mêmeréaction, mais moins marquée, par l’acide nitrique.
Le 28. — L'’éruption de la poitrine disparaît, ainsi que celle du bras.
Les forces reviennent un peu.
La teinte jaune des conjonctives disparaît,
Pas de démangeaisons vives.
Urine 1.700 gr. ; contenant toujours de la bile : disque vert en haut, noir à la partie moyenne, jaune en bas.
Matières fécales encore grises. :
Le 30. — Urine 1,500 grammes.
Constipation. On administre deux verres d’eau de Sedlitz et de Vichy.
Mauères grises.
Le 31. — Urine deux litres. Appétit assez bon. Il prend toujours deux pilules de protoiodure de mercure.
Le 1° novembre. — Ürine 1,400 grammes. Rien de nouveau «le ce côté.
La teinte ictérique diminue un peu.
L’éruption de la face, de la tête et des bras a disparu.
Les cheveux repoussent.
Ed DD :7: EL L’ulcération du prépuce se cicatrise.
Le 4. — Urine 1,500 grammes. Même état et même
traitement. Urine toujours chargée, brune. Etat général bon.
L'ictère a encore diminué.
Le 5, — Urine 1,500 grammes. Même état.
L'ictère n’est presque plus perceptible et le malade sort de lhôpital.
Huit jours après, nous nous rendons chez lui et nous constatons sa guérison complète et définitive. ;
Cet ictère peut être présenté comme un type d’ictère syphilitique secondaire. avec ses caractères de bénignité et sa tendance à la résolution sous linfluence du traitement antisyphilitique combiné à celui de la lésion hépatique, à savoir les purgatifs et les alcalins, Nous y voyons aussi l’ictère être le symptôme initial de la lésion hépatique, à savoir les purgatifs et les alcalins.
Nous y voyons aussi l’ictère être le symptôme initial
.de la lésion hépatique, et les troubles digestifs, légers
du reste, survenir après lui, seulement à lencontre de l'ictère simple catarrhal où les troubles d’embarras gastro-intestinal: précède l’ictère qui semble là se produire par propagation.
Chez cet homme, le traitement hydrargyrique, ineriminé par les adversaires de lictère secondaire dans la syphilis comme pouvant être en cause, a amené une amélioration assez rapide et augmentation de la dos de mercure portée de une à deux pilules est venue, au
ontraire, activer la résolution de Phépatte.
LME
L’ictère est survenu ici environ huit mois après le début de l’infection, époque assez tardive pour le genre d’accident; en effet, la plupart des casrapportés s'étaient présentés de six semaines à deux mois après l’apparition du chancre.
La durée qui a été de deux mois et demi peut compter parmi les plus longues, car elle a varié entre trois semaines et trois mois en général. Malgré son apparition tardive, nous ne voyons pas d'utilité à classer cet ictère dans une catégorie spéciale intermédiaire aux accidents secondaires et tertiaires ainsi que l’a fait M. de Lavarenne (thèse de 1879), attendu qu’il coexistait avec des accidents d'époque tout à fait secondaire, éruption papuleuse, squameuse et plaques muqueuses accompagnées mêmes du chancre qui avait eu une durée anormale.
La corrélation de cause à effet entre la syphilis et l’ictère nous semble donc indubitable, en l’absence de toute autre cause appréciable. La palpation et la percussion de la région hépatique n’ont rien donné à notre maitre M. le D' Troisier, bien qu'il les ait pratiquées bien souvent sous nos yeux; l'organe n’a jamais été non plus sensible à la pression. Nous insistons sur l’absence de ces deux symptômes,hypertrophie et douleur, parce qu’ils n’ont pas été observés chez nos autres malades et qu’on a voulu en faire les symptômes principaux de l'hépatite secondaire, en reléguant au second plan l’ictère. Celui-ci nous paraît, au contraire, le plus cons-
tant et, à part son début insidieux, sans phénomènes
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D fee
d’embarras gastrique, lesquels ne paraissent qu’ensuite, il a tous les caractères de l’ictère catarrhal bénin.
OBsErvaTION JII.
(Ibidem. Communiquée par M. le D' Hamonic, ancien
interne des hôpitaux de Paris).
Ictère syphilitique secondaire.
Le nommé Michel L..., relieur, âgé de 27 ans, vient me consulter le 2 octobre 1886 à mon dispensaire du Faubourg-Poissonnière.
Pas d’antécédents héréditaires.
Père mort à l’étranger. e
Mère bien portante. Deux frères plus jeunes qui vont très bien.
Fracture du radius 1l y a cinq ans. Le malade est robuste, bien musclé. Pas d’alcoolisme, jamais d’excès.
Il porte sur le prépuce,depuis huit jours, une érosion superficielle rouge, luisante, de la grandeur d’une pièce de vingt centimes, avec induration parcheminée, indolente.
Polyadénite inguinale double indolente. Pléïade à gauche. |
Pas d’accidents secondaires encore.
Etat général bon.
Traitement : Pommade au précipité blanc et bains.
J'attends l’apparition des accidents secondaires pour
commencer le traitement spécifique.
À la fin d'octobre le malade offre sur le corps des syphilides érythémateuses en assez grand nombre; quelques syphilides papulo-squameuses sur les bras, quelques syphilides pigmentaires au cou.
Angine syphilitique légère avec syphilide érosive sur chacun des piliers antérieurs.
Un peu d’alopécie. |
Adénopathie cervicale et épitrochléenne.
Etat général bon.
Un peu de céphalalgiie à retours nocturnes.
Chancre cicatrisé ; l’induration persiste.
Traitement : o gr. 10 de protoiodure de mercure par
Jour.
Bains d’amidon. Gargarisme boraté.
15 décembre. — Le malade est complètement blanchi.
Îl continue son traitement mercuriel.
Etat général aussi bon qu’autrefois.
Le 28 décembre. — Depuis le début du traitement le malade a pris environ 50 pilules de protoiodure et n’a plus d'accidents depuis 15 jours. Jamais de salivation.
Il suspend le traitement et, se croyant guéri, ne fait plus rien.
Le 2 février 1887. — Le malade revient à mon dispensaire.
Depuis la veille il est jaune.
[nfusion ictérique généralisée; conjonctives scléroti-
RTE cales très jaunes; muqueuse sublinguale d’un jaune marqué. ;
Quelques démangeaisons du côté du tronc et surtout des flancs.
Prisme biliaire très net dans l’urine par l’acide azotique
Pas de fièvre ni de diarrhée.
Pas de céphalalgie. Appétit conservé.
Sauf la teinte spéciale le malade nous assure qu'il ne
ressent aucun malaise.
La bouche est cependant un peu pâteuse, la langue un peu saburrale.
Croyant à un ictère syphilitique secondaire je le soumets aux piqûres de peptone hydrargyrique à o, 10 milligrammes de sublimé par seringue.
Une piqüre est faite chaque jour.
Pas d’autre traitement.
5 février. — Trois piqüres ont été faites, le malade est moins jaune, pas de démangeaisons.
Desquamation furfuracée sur les avant-bras.
L'état général continue à être bon.
Un peu de constipation. Je prescris un verre d’eau d'Hunyadi Janos pour demain matin.
8 février. — Je pratique la septième piqûre.
On ne trouve plus de bile dans les urinès.
La teinte jauue est absolument effacée.
© Je mets le malade à la liqueur de Van Swieten : cinq
cuillerées à café le matin, dans du lait.