‹ Contribution à l'étude thérapeutique de l'anorexieChapitre 18 sur 20 · BUG | GA · texte numérisé non relu

BUG | GA

besoin d’aliments, on peut avoir des chances de don ner la faim. Par contre, reproduisant une conséquence de l'appétit, il n’est pas du tout certain de donner naissance au réflexe conditionnel qui incite à manger. Autrement dit, la faim n'’exige l'intervention d'aucun facteur psychique, alors que ceux-ci sont prépondérants dans l'appétit.

Il y a un cas où la production de contractions gastriques n’amène pas la faim, c’est lorsque les commucations nerveuses entre celles-ci et le cerveau sont supprimées. On peut, en effet, imaginer des lésions ou troubles nerveux périphériques ou centraux qui empèchent la perception des contractions gastriques. Dans ce cas, il serait vain de les provoquer artificiellement. Le système nerveux intervient peut-être encore autrement dans la faim, ainsi que l’ont montré QuicLey et CarLson et plus récemment La BARRE et DESTRÉE. En effet, les contractions consécutives à l’hypoglycémie ne se produisent plus lorsque les deux pneumogastriques sont coupés. Tout se passe donc comme si l’hypoglycémie influencerait directement les centres nerveux qui commanderaient ensuite les contractions de l’estomac.

Pour réveiller ces contractions, on peut donc avoir recours à toute une série de substances médicamenteuses de la classe des parasympathicomimétiques qui agissent à la manière d’une excitation des vagues. Notons parmi ces substances en premier lieu l’acétylcholine qui semble être l’excitant spécifique de ces nerfs. Elle a contre elle la fugacité de son action et

LEMPR riera

aussi un certain nombre d'effets concomitants, tels que l’hypotension, la vasodilatation, etc. On pourrait peut-être employer également la choline, beaucoup plus stable, mais qui demanderait des doses très supérieures à ce qu’on prescrit habituellement.

La pilocarpine, médicament tombé un peu en disgrâce aujourd’hui, possède une action très puissante sur les contractions de l’estomac. Il en est de même de l’ésérine et de ses dérivés moins toxiques, comme la génésérine ou la prostigmine. Il en est encore ainsi de l'extrait de lobe postérieur de l’hypophyse dont l’action est très puissante sur le muscle lisse du tube digestif.

Parmi ces médicaments, il y a lieu de distinguer ceux qui agissent par la voie buccale et ceux qui ne sont efficaces que par administration parentérale. On ne peut, en effet, prescrire des piqûres pour des anorexies simples, piqûres qui devraient être pratiquées avant les repas. Les seuls médicaments qui agissent peut-être par voie buccale parmi ceux que nous venons de voir sont la pilocarpine et l’ésérine (surtout la génésérine). Ce sont donc ceux-ci qui doivent être envisagés dans les anorexies banales, alors que les autres doivent être réservés aux anorexies graves, traitées à l’hôpital.

Il ne s’agit, bien entendu, que des suggestions. Il n’est pas moins logique, à notre avis, de chercher à provoquer la faim en faisant contracter l'estomac. Néanmoins, le dernier mot appartient aux essais cliniques qui seuls pourront montrer si ce raisonnement est juste ou faux.

Page 1