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PROVOCATION DES PHENOMENES GENERAUX DE LA FAIM

Nous avons vu que la faim s'accompagne d’un certain nombre de phénomènes généraux qui en constituent probablement les facteurs essentiels. Le plus important parmi ceux-ci est l’hypoglycémie. Cette hypoglycémie est due, ainsi qu’il a été démontré par CarLson, far La BARRE, etc. à une hypersécrétion d’insuline dans laquelle les nerfs pneumogastriques jouent probablement un rôle important.

Il semble bien alors qu'on peut provoquer la faim en réalisant artificiellement, non seulement des contractions de l'estomac, comme nous venons de le voir, mais aussi en faisant baisser la glycémie. Nous avons pour cela deux ordres de moyens à notre disposition, l’exagération de la consommation du glucose, d’une part, et l’insulinothérapie, d’autre part.

Il est d'observation courante que l’exercice musculaire donne faim. Il en est de même pour tout ce qui met en jeu le mécanisme thermo-régulateur. Un moyen très approprié semble être constitué par Îles bains froids (sous forme de douche ou sous forme de

bains de mer, de rivière, de piscine, etc.). En effet, ceux-ci, en obligeant l'organisme à rétablir l’homéothermie compromise par le refroidissement de la peau, brûlent la glucose et finissent par déterminer une hypoglycémie. Tous ces moyens ouvrent des perspectives thérapeutiques et peuvent être réalisés très simplement par de la culture physique, de longues promenades ou n’importe quel exercice musculaire. Celuici ne doit pas être poussé jusqu à la fatigue et ne doit pas être trop violent car alors une décharge d’adrénaline vient élever, au contraire, la glycémie.

Lorsque ces moyens très simples ne sont pas suffisants, on peut avoir recours à toute une série de médicaments qui, en stimulant le métabolisme, augmentent la consommation de glucose. Citons parmi ceux-ci la strychnine, certains dérivés organiques de l’arsenic, le phosphore, etc. Ce sont en somme les agents médicamenteux, communément qualifiés de « fortifiants ». Les gouttes amères de Beaumé, qui se trouvent parmi les médicaments les plus employés contre l’anorexie, agissent sans doute principalement par ce mécanisme. Nous avons vu que le fenugrec appartient également à cette catégorie.

Le moyen le plus direct de provoquer la faim en abaissant la glycémie est le traitement par l'insuline. Les faibles doses d'insuline (10 à 20 unités) provoquent une légère baisse du sucre sanguin, font contracter l'estomac et donnent ainsi naissance à une sensation de faim.

Comment se fait-il néanmoins que ce moyen échoue

DIN Ke IE dans certaines anorexies graves ? C’est que, vraisemblablement, il s’agit dans ces cas soit d’un trouble fonctionnel du système nerveux, soit d’une atonie gastrique, rendant impossible les contractions de l’estomac sous l'influence de l'insuline.

Il y a encore de très nombreuses inconnues dans Île problème thérapeutique de l’anorexie, maïs nous pensons que la notion de stimulation de la faim peut constituer une voie féconde à la recherche.

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