‹ Contribution à l'étude thérapeutique du créosoforme en chirurgieChapitre 16 sur 18 · AV · texte numérisé non relu

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et comme la suppuration n’était pas tarie, il vint nous montrer sa plaie.

Nous avons pu constater à la fin de septembre, la présence de deux fistules sur la région externe de la cuisse, l’une beaucou » plus longue que l'autre. Nous introduisimes | avec notre petit appapeil de la poudre de créosoforme, la

. plus petite fistule se combla au bout de huit jours, l’autre persista mais perdit beaucoup moins de pus. Les vacances

s'écoulèrent et notre jeune malade partit très amélioré et , sans avoir jamais ressenti dans l’intérieur de son trajet fistuleux, aucune douleur, ni aucune cuisson.

Enfin nous avons appliqué le éréosoforme sur des ulcérations tuberculieuses de la langue et de la joue chez deux malades.

Les lésions s’améliorèrent peu, mais nos malades ne se plaignirent nullement de la poudre qui nirritait en aucune facon la muqueuse buccale. Nous avons encore traité une adénite tuberculeuse de l'aine. Il s'agissait d'un homme À 30 ass, prèsentant le bubon strumeux de l'aine. Après inc sion et curettage de la cavité, nous avons rempli cette cavité de créosoforme. L'amélioration fut ici très rapide.

Une seule fois, et cette observation peut être considérée comme nulle, nous avons introduit du créosoforme dans la cavité utérine ; il ne se produit aucun accident, mais les symptômes d'infection puerpérale continuèrent de telle sorte que nous dûmes instituer l'injonction intra-utérine.

Nous n'avons pas introduit de créosoforme dans les vrandes séreuses de l’homme pour plusieurs raisons : d’abord parce que dans no re Campagne nous ne faisons pas de laparotomies, et ensuite, malgré la certitude de linnocuité

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du créosoforme introduit dans les séreuses, comme nous l'avaient prouvé nos expériences chez les cobayes et le chien, nous ne voulons pas entreprendre cette expérience Sans l’assentiment et le contrôle d’un maître. Nous espérons d'ici peu pouvoir réaliser ce projet : et un chirurgien, sur la foi de nos observalions, introduira du créosoforme dans la séreuse péritonéale de l'homme, lorsqu'il aura l’occasion d'opérer une péritonite tuberculeuse,

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Les expériences que nous ävons faites sur les animaux et les observations cliniques, nous ont montré que le créosoforme pouvait être employé à des doses très élevées sans que l’on ait à craindre le moindre accident.

Cependant sachant que le créosoforme se décompose en aldéhyde formique et en créosote dans l’organisme et qu'il contient une grande quantité de créosote, 96 pour 100, il est bon de se rappeler les symptômes précurseurs de l’intoxication créosotée.

Voici les principaux symptômes donnés par M.

Burlureaux (1). ;

Ce médecin qui a une si grande habitude de manier la créosote dit qu'il y a intolérance « chaque fois que le malade éprouve un ou plusieurs des phénomènes subjectifs où objectifs suivants :

5° Gout de créosote dans la bouche.

2° Sensations de vertige, de malaise général plus

- (1) Bulletin de thérapeutique 1899,

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ou moins marqué de fatigue, douleur épigastrique plus ou moins prononcée.

3° Sensation de froid pouvant aller du simple refroidissement que le malade ne dénonce que si l’on appelle son attention sur ce point jusqu’au refroidissement profond et tel que rien ne peut réchauller Île patient pendant 2 ou 3 heures. Il y a frisson violent avec päleur inquiétante, sueurs froides et visqueuses, véritable état de collapsus.

Parmi les phénomènes objectifs, 1l faut citer :

° L’hypothermie qui est la compagne habituelle, mais non constante, du refroidissement.

2° L’hyperthermie qui débute quelques heures aprés la prise de créosote et qui survient avec ou sans refroidissement préalable.

3° L'apparition d’une coloration noirâtre de l’u-, rine qui survient vingt-quatre heures après la prise de créosote et qui dure douze, vingt quatre et quarante-huit heures après toute suspension du médicament.

Tous ces phénomènes subjectifs et objectifs varient dans leurs degrés dans des proportions énormes et peuvent s'associer deux à deux, trois à trois, de sorte que mille et une combinaisons sont possibles et quil n’y à, pour ainsi dire, pas deux malades éprouvant au même degré, soit les effets toxiques, soit les effets dits physiologiques qui ne sont, en réalité,

que des effets toxiques atténués.

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Mais parmi eux, il en est d'importance plus ou moins considérable. Le phénomène dit refroidissement est le plus solennel : à son moindre degré il indique qu’on est aux confins de l’intoxication ; par contre le goût de créosote dans la bouche n’a qu’une valeur secondaire et l'apparition des urines noires, si elle ne s'accompagne pas d’autres phénomènes, ne doit être considérée que comme un signal prémonitoire. Il ya loin de l’apparition des urines, même très noires, à l’intoxication tant que le phénomène reste isolé. »

Donc toutes les fois que nous constaterons chez nos malades, l’hypertermie ou même simplement les urines noires, nous cesserons l'application du créosofornge. Il y a donc comme on le voit pour ce tableau des symptômes précurseurs de l’intoxication. Celle-ci ne nous vient pas d'emblée sans qu’on s’y attende et elle est surtout beaucoup moins effrayante et grave que l’intoxication par l’iodoforme.

C’est donc un avantage réel en faveur du créosoforme.

Nous ne pouvons retracer le tableau de l’intoxication par le créosoforme chez l’animal, car le chien auquel nous faisons absorber du créosoforme depuis le 8 novembre à la dose de 6 à 8 grammes par jour n’a présenté jusqu'ici que du ballonement du ventre et le 1°" décembre il a eu des vomissements et de l’innap-

pétence.

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