‹ Contribution à l'Étude Toxicologique de La MorphineChapitre 10 sur 56 · SAGE · texte numérisé non relu

SAGE

ainsi que nous le dit Barbier dans son Traité élémentaire de

matière médicale [3]:

1° Une matière cristalline qu'il considère comme un principe inconnu (morphine);

2 Un acide nouveau qui jouit de propriétés particulières (acide méconique);

3° Une matière insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcohol (sic), les acides et les alcalis, qu'il appelle principe amer insoluble de l’opium;

4° Une substance soluble dans l’eau et dans l’alcohol, qui n’est précipitée par aucun réactif, et qu'il nomme principe amer soluble de l’opium;

5° De l’acide acétique, Une substance huileuse, Une substance amylacée.

Cette note de Seguin ne fut publiée que dix ans plus tard dans les annales de chimie [4].

En 1806, avec une courte note parue dans le Tromsdorff's Journal der Pharmacie [5], un nouvel auteur, Sertuerner, pharmacien à Eimbeck, dans le royaume de Hanovre, intervient dans le débat. Mais ce n'est qu'en 1817 que ce chercheur isola de l’opium un principe basique qu'il nomma morphine (nom rappelant celui de Morphée, fils de la nuit et du sommeil) et un nouvel acide végétal, l’acide méconique. Il considéra alors le sel d’opium de Derosne comme du méconate de morphine. D'autre part, à la même date, Robiquet [6], examinant un échantillon de sel remis par Derosne, ne put y déceler l'acide méconique et indiqua alors nettement que le corps basique découvert par Sertuerner est identique au sel d'opium trouvé par Derosne, en 1804.

La controverse fut longue pour l'attribution de cette découverte, Seguin et Sertuerner ayant eu chacun des partisans acharnés. Cependant comme le dit Leroux [7] en examinant le tableau des solubilités du sel d’opium, de la morphine et de la narcotine dans l’eau bouillante : « De l'examen du tableau précédent il semble ressortir que Derosne a bien, le premier,

isolé la morphine de l’opium, Seguin l’a retrouvée, Sertuerner l’a dénommée. » Cette phrase a la forme d’un arrêt qui paraît attribuer à chacun la part équitable qui lui revient dans cette longue série de travaux.

De cette découverte de la morphine, première base végétale isolée, date l’étude des bases végétales ou alcaloïdes. L'étude de l’opium permit d'isoler ainsi : la Codéine (Robiquet), la Narcéine (Pelletier), la Thébaïne (Thiboumery et Pelletier), la Papavérine (Merck), la Laudanosine (Hesse).

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