‹ Contribution à l'Étude Toxicologique de La MorphineChapitre 18 sur 56 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

que, il y à coloration jaune ou jaune rougeâtre du liquide; cette coloration correspond à la mise en liberté d’iode, que l’on peut en effet déceler par la coloration bleue obtenue avec l’eau amidonnée. Mais cette séule réduction n’est pas spécifique de la morphine, quelques autres corps possédant aussi cette propriété. Lefort a cherché et trouvé un moyen de caractériser la morphine en se basant sur cette réduction de l'acide iodique; en voici le principe

Si, en ajoutant de l’ammoniaque à l'acide iodique réduit, le liquide devient incolore, l’iode mis en liberté provient alors d’un corps réducteur autre que la morphine, tandis que si la coloration augmente, elle est due à la présence de cet alcaloïde.

Fleury [26] admet que ces phénomènes résultent de la production d’acide protocatéchique aux dépens de la morphine. Pour le démontrer, il se base sur les résultats analogues qu'il obtint en oxydant la morphine par l’oxyde de plomb O*Pb et en faisant énsuite agir l’ammoniaque.

Sur cette réduction de l’acide iodique, divers auteurs ont basé des méthodes de dosage de la morphine et nous citerons à ce propos les travaux de Georges et Gascard [27], Heiduschka et Martin Faul [28] et de Jintendra Nath Rakshit [29].

IT. — RÉACTIONS PHÉNOLIQUES.

De par sa fonction phénolique, la morphine possède certaines réactions colorées. é

4° Chlorure de fer IT. — Le chlorure de fer IT colore en bleu les solutions de chlorhydrate ou de sulfate de morphine; un excès d'acide libre doit être évité avec le plus grand soin, aussi bien dans la solution de l’alcaloïde que dans celle du réactif, et ce dernier doit être employé en aussi petite quan-' üté que possible, car, par <a teinte propre, il pourrait — ainsi que le faisait remarquer Pelletier — atténuer ou changer même la coloration, Cette réaction colorée a été étudiée par Armitage [30].

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2° Sels d'uranyle. — Les sels d’uranyle sont colorés par des composés à fonction phénolique; Aloy et Rabaut [31] ont étudié la caractérisation des corps à fonction phénol à l’aide des sels d'uranyle, acétate, azotate, sulfate.

Les solutions de ces sels, de couleur jaune, virent au rouge par addition d'un composé possédant un groupe phénol libre. Is ont étudié plus particulièrement cette réaction dans son application, à la caractérisation de la morphine. Pour l’alcaloïde libre, ils opèrent la réaction en présence d'alcool méthylique avec un cristal d’azotate d'uranyle. Pour l’alcaloïde salifié, ils opèrent en solution aqueuse avec de l’acétate d’uranyle. Cette réaction permet, d’après eux, de mettre en évidence 1/10 de milligramme de morphine. En transformant l’alcaloïde en chlorhydrate, ils ont pu déceler (après avoir chassé l'excès d’acide chlorhydrique) 0 mg. 05 de chlorhydrate de morphine. (

Cette réaction spécifique de la fonction phénol doit être due à la formation d’un composé d’uranyle coloré en rouge (phénate d’uranyle).

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