L. SELLING
Le Rat, d'après L. HEexrToen [96], nécessiterait, pour l'obtention de la leucopénie, des doses plus élevées, en valeur relative, que le Lapin. J. J. BATCHELOR [9] provoque la leucopénie chez le Rat, avec une dose de 1 em° par kilog d'animal administrée quotidiennement pendant 13 Jours.
Nous désirions réaliser nos intoxications chroniques en utilisant la voie respiratoire. Or, les chiffres donnés pour cette voie d'introduction sont peu nombreux. J. J. BATCHELOR [9] utilise la dose de 1 mg., 5 par litre d’air pour obtenir des accidents chroniques, par inhalation quotidienne, 18 à 20 heures pendant 7 jours. C. P. Mac Corp [145], avec des doses comparables, administrées sept heures par jour, est obligé de poursuivre, chez le Lapin, l’intoxication pendant plusieurs mois. La détermination de la dose efficace est délicate pour deux raisons, tout d’abord, il est difficile d'obtenir, par ce mode d’absorption, des accidents chroniques chez divers animaux et, tout particulièrement, chez le Chien, ensuite, les doses à utiliser sont extrêmement variables et dépendent de la durée d'exposition et de la susceptibilité individuelle.
En clinique humaine, on retrouve des faits comparables. Les doses provoquant l’intoxication aiguë sont bien connues. L’ingestion de 9 à 12 g., d’après L. LEewin [139], provoque rapidement la mort. Par inhalation K. B. LEHMANN [133] et ses collaborateurs, expérimentant sur eux-mêmes, montrent que des concentrations de 10 mg. par litre provoquent des malaises, 15 mg. déterminent, en trente minutes, de la confusion mentale et 20 à 30 mg. provoquent la perte de connaissance. On admet ee que la dose de 65 mg. par litre est mortelle, en 5 à 10 minutes. Mais, pour l’intoxication chronique, les doses ne sont pas rigoureusement établies, on suppose seulement que 0 mg., 1 par litre peut déjà, au bout d’un temps assez long, provoquer des accidents chroniques. Chez l'animal cette dose est trop faible et, ne donne aucun résultat même prolongée très longtemps.
Nous avons résolu de choisir, pour nos expériences, la dose maximum, ne provoquant, chez nos animaux, aucune manifestation visible d'intoxication (salivation et tremblements). Cette
dose était déterminée par tâtonnements, dans les premiers jours de l'expérience.
Il n’est pas souhaitable, en effet, d’amener l’animal jusqu'au tremblement qui occasionne des modifications sanguines, telles que l’hyperglycémie, quitémoignent d’un déséquilibre fonctionnel, non pathognomonique de lintoxication benzénique. Nous n'avons pas prolongé les périodes d’inhalation au-delà d’une certaine durée journalière, afin de laisser aux animaux le temps de s’alimenter et de reposer dans des conditions normales.
Les doses utilisées ont varié, pour les Chiens, de 16 mg., 6 à 19 mg., 7 par litre, la durée d’exposition quotidienne s’échelonnant de 2 à 8 heures suivant les animaux. La dose utilisée, pour les Lapins et les Cobayes, était de 17 mg. par litre, pendant 4 puis 8 heures par Jour. Les Rats étaient placés pendant 12 heures dans une atmosphère titrant 5 puis 10 mg. de benzène par litre.
Les intoxications effectuées dans ces conditions ont été prolongées pendant d’assez longues périodes, allant, dans un cas, Jusqu'à 7 mois. L'animal ne manifestait aucun symptôme d'intoxication aiguë, mais montrait, au bout d’un temps variable, une atteinte profonde caractéristique de l’intoxication chronique.