‹ Contribution à l'histoire de l'equitatus romainChapitre 3 sur 13 · Liv. II, 31, 43; III, 70; IV · texte numérisé non relu

Liv. II, 31, 43; III, 70; IV

M. W. Helbig. 2

phalange ennemie , tâche dont aucune cavalerie de l’antiquité n’était capable. Les annalistes, n’ayant pas à leur disposition des sources contemporaines pour l'histoire des vie et ve siècles, étaient obligés de décrire les batailles de ces temps d’après leur imagination. Mais ce fait n’explique nullement leurs indications étranges sur l’action d’une troupe qu’ils considéraient comme une troupe de cavalerie. De tout temps , les auteurs qui tâchent de reconstituer des événements d’une époque reculée et pour laquelle il n’existe pas de témoignages contemporains , se laissent guider par les coutumes de leur propre époque. Tel n’est pas le cas pour les indications qui concernent Faction des équités aux vie et ve siècles; car, dès que la tradition de l’histoire romaine devient authentique, elle ne rapporte jamais que les équités aient agi de cette manière. Dans ces conditions, il ne reste qu’un seul moyen d’expliquer le fait qui nous occupe : originairement, Y equitatus n’était pas une troupe de cavalerie, mais une autre troupe apte à combattre contre une phalange. Le souvenir que les équités avaient anciennement satisfait à cette tâche s’était conservé dans la conscience du peuple. Les annalistes croyaient que dès le début les équités étaient des soldats de cavalerie , mais ils hésitaient à faire abstraction de la tradition populaire, et, pour cette raison, ils attribuaient aux prétendus soldats de cavalerie des actions dont la cavalerie était incapable. D’après ces données, on peut bien se demander si, anciennement, les équités ne formaient pas une troupe de fantassins montés qui ne faisaient que les trajets à cheval et combattaient à pied. Une pareille troupe était en état de satisfaire aux tâches que les annalistes attribuaient à Yequitatus du vie et v° siècle avant J. -G.

L’hypothèse que je viens d’indiquer est confirmée par un détail rapporté par les mêmes annalistes. Nous lisons souvent que pendant les Ve et ive siècles, dans les moments graves de la bataille, les équités descendaient de leurs

chevaux et combattaient à pied b S’ils avaient été des soldats de cavalerie, le fait de se servir, dans des moments pareils, d’une façon de combattre, à laquelle ils n’étaient pas habitués, aurait été un non-sens. Ce non-sens devient i* encore plus palpable, si nous examinons les circonstances

qui, d’après les annalistes, amenaient les équités à combattre à pied. En voici un exemple1 2. Lorsqu’en 446 av. J. -G. * l’armée romaine et celle des Sabins s’avancèrent l’une contre l’autre, un corps détaché de 2 000 Sabins exécuta une diversion contre le flanc de l’aile gauche des Romains. Alors les équités de deux légions mirent pied à terre, se jetèrent entre l’aile gauche romaine et le corps des 2 000 Sabins et dispersèrent ce corps. D’après l’annaliste, le but de la diversion faite par les Sabins était, sans aucun doute, celui de forcer les soldats de l’aile gauche romaine à se tourner vers l’ennemi menaçant leur flanc et à présenter ainsi leur côté droit, qui n'était pas protégé par le bouclier, au gros de l’armée sabine. C'était une manœuvre que depuis l’époque d’Epaminondas les tacticiens de l’antiquité employaient souvent. Mais on ne comprend pas pourquoi les équités romains se lancèrent à pied contre les 2 000 Sabins. Pour des soldats de cavalerie, il aurait été beaucoup plus indiqué d’arrêter la marche du détachement ennemi par une charge dirigée contre son flanc ou contre ses derrières. Il en est de même de tous les cas où les annalistes rapportent que les équités , pendant les batailles antérieures à la fin du ive siècle, ont combattu à pied. Un examen détaillé de toutes ces descriptions conduit à la conclusion que les équités auraient «1 pu atteindre leur but également bien, et même plus facile-

ment, en attaquant à cheval. Les annalistes indiquent quelquefois que le général en chef de l’armée romaine ou l’un * de ses officiers aurait donné l’ordre aux équités de combattre

1. Liv. II, 20 (comp. Dionys. Hal., VI, 12) ; III, 62, 63 ; IV, 38, 39 ; VII, 7, 8 ; IX, 39.

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