‹ Contribution à l'Histoire des Apothicaires de Seine-et-OiseChapitre 39 sur 71 · Coll. Pihan de la Forest, carton I, liasse I · texte numérisé non relu

Coll. Pihan de la Forest, carton I, liasse I

d’avoir ésté associé avec Mrs les Mtres de la ditte ville et qui exercent la mesme profession que vous ; aggrégé avec Mrs de la ville de Rheims comme il est prest de le faire voir, et qu’en outre il est fils d’un père dont la religion pour son art est irréprochable que pour le respect qu’il doibt à son dict père, il a esté obligé de quitter ladicte ville pour le venir soulager, et que dans cet état il luy est tout à fait advantageux d’estre aggrégé et uni avec vous, ce qu il désire et espère de vos graces. Ce considéré, Messsieurs, il vous plaise luy donner jour pour ce faire

et au plus tost que le pourés, protestant qu’il vous en demeurera de tout poinct obligé et qu’il se recoignoistra par tous les services qu’il voüe à chacun de vous en particulier et en général pour la manutention de la gloire du dict art et ferez bien.

Nostre art ne se marchande point

Il faut estre scavant devant que d’y paroistre

Mais si je me suis faict cognoistre

Juges qu’il n’en est plus besoin.

Chesneau.

Du 9 juillet 1668 ! Plus bas : Lefebure y consent ».

Le 22 octobre 1669, Nicolas est recu et compose son chefd'œuvre :

Réception de Nicolas Chesneau assisté de Lefebure son conducteur CDOE : composition de la Benedicte laxative.

Lefebure, J.B. Duval, Le Cousturier Drs.

Destamples. Desgroux, J. Lefebure, Chesneau Apres.

Deux années plus tard, Nicolas Escouvette pose sa candidature :

« 4 mars 1671.

Supplique de Nicolas Escouvette.

Apprentissage 4 ans chez Cossart apre à Pontoise.

Travail plusieurs années dans la même boutique avec Cossart puis sa veuve.

J. Demonstreuil. Desgroux. Destampes. J. Lefebure. Chesneau. Chesneau.

Les examens suivent peu après. Le registre prouve leur sérieux, puisque le candidat n’est reçu à l’un d’eux que « par grâce, attendu qu'il n’a pu expliquer des demandes à lui faites en latin ».

1. Etienne MazLer, qui reproduit cet acte dans sa note a lu : du 9 juillet 1665.

XC\r ss

CRT

« 12 mars 1671.

1er examen oral en présence de J.B. Duval. Lefebure., Le Cousturier Drs. J. Demonstreuil. Destamples. A Desgroux. J. Lefebure. Chesneau. Chesneau.

« Et ledit Escouvette a consigné 200 livres pour la distribution des Mtres qui auront par chaque acte pour leur vacation chacun 5 livres et le double aux jurés».

Jeudy second avril 1671.

2e examen oral. Conducteur M. Desgroux.

Mercredi 22 avril 1671.

3° examen oral.

27 avril : S

Demonstration de simples à la campagne et jour assigné pour le premier chef-d'œuvre.

Jeudi 21 mai.

Interrogation orale sur les drogues composant la « Confection humect. Majeure ». :

« Il nous auroit passablement respondu et quoy que nous eus-sions lieu de plus de circonspection pour en venir à la confection desdictes drogues, néanmoingts par grace seulement, attendu qu’il n’a peu expliquer les demandes à luy faictes en latin, nous n’aurions pas laissé que de poursuivre ledict chef-d'œuvre lequel à nostre ayde il auroit parfaict. Quoy faict lui avons donné jour pr le Syrop de chicorée à mardy 25 du présent mois pour son second chef d'œuvre ».

« Et ledit jour 25 may 1671 ledict Nicolas Escouvette présenté et conduit par ledit Anthoine Desgroux nous auroit faict exposition des simples pour parfaire le syrop de chicorée simple à luy donné cy devant pr chef-d'œuvre ; sur plusieurs desquels nous luy aurions, présence desdits sieurs Lefebure et Cousturier fait quelques demandes auxquelles il auroïit tellement quellement respondu. Pourquoy sans tirer à conséquence et de grace, nous n’aurions laissé de luy ordonner de continuer la confection dudict syrop qu’il auroit achevé à nostre ayde. Dont acte, et luy pr troisième chef-d'œuvre assigné l’emplastre de de Vigo cum mercurio à lundy 15€ juin.

« 15 juin.

« Exposition des drogues nécessaires à la confection de l’emplâtre de Vigo « sur partyes desquelles nous luy aurions, présence desdits sieurs médecins Lefebure et Duval, faict quelques questions et dont les responses auroient esté assez foibles ; pourquoy sans tirer à conséquence nous luy aurions chargé de commencer et parachever ledict emplastre ».

Le 15 juin 1671, Nicolas Escouvette est reçu cependant «pr dor en avant jouir par luy des privilèges à nous accordez le tout aux charges et conditions veu la langue latine qu'il ignore soit dans les compositions ou ordonnances des médecins

sera tenu de prendre conseil », et le 1° juillet a lieu la réception solennelle à la maîtrise par Desgroux, Destamples, J. Lefebure, et les deux Chesneau.

Cette dernière partie du procès-verbal ne plaisait point au nouveau maître apothicaire, mais il dût pourtant supporter cette infériorité vis-à-vis de ses confrères pendant onze années. Son ancienneté enfin, et son élection parmi les « jurés et gardes » de la profession lui permirent de réagir. En 1681, on relève en effet dans le registre :

« Du mardy 4ème febvrier 1681 suivant la sentence donnée de Mr le Prevost maire de Pontoise sur le réquisitoire de Mrs les gents du Roy tendante à ce que jurés et gardes de l’art de pharmacie fussent créés. La compagnie s’est assemblée au logis de Jean Destamples pour délibérer sur l’élecéion d’iceux et ensuite transportée au logis dudit sieur Prévost maire où d’une commune voix ont esté eleus les personnes de Nicolas Chesneau et Nicolas Escouvette pour jurés et gardes dudit art. Puis la compagnie étant retournée chez ledict Jean Destamples a résolu que pour recoignoissance de la gratification faicte par Mrs de la justice qui ont faict ladicte jurande gratis pour distinguer ladicte compagnie d’avec celles des autres arts, qu’il sera faict présent, scavoir à Mr le Prévost maire de deux bouteilles d’hypocras, à Mrs l’advocat et procureur du Roy chacun deux bouteilles, et au greffier deux bouteilles lesquelles seront distribuées et fournies ainsi qu’il suit : premièrement que Mtre Nicolas Chesneau l’un des jurés nommés en fera la première distribution pendant ces jours gras et le plus tost que faire se pourra. Puis Nicolas Escouvette aux estrennes prochaines. Ensuitte Guillaume Chesneau, et après Jean Destamples et le dernier Anthoine Desgroux. Après quoy l’on recommencera et reprendra le mesme ordre cy spécifié qui ne sera point interrompu que par l’arrivée de quelque nouveau maistre lesquel sera obligé de faire ladicte distribution la mesme année de sa réception, ou par le deceds de l’un desdits maistres auquel cas le plus proche après luy sera obligé de le faire. Et s’il arrivait quelque changement et que les jurés dudit art fussent contraincts de satisfaire au droit de leurs jurandes par argent, la compagnie entière et unanime contribuera sa quotte part à chaque mutation de jurande.

Chesneau, Desgroux, Escouvette. Chesneau. Destamples ».

Et, le 7 décembre de l’année suivante, Nicolas Escouvette obtenait du prévôt de Pontoise une sentence ordonnant la radiation de la dernière partie du procès-verbal, mention en était faite alors au même registre, à la suite de la note relative à la réception du 15 juin 1671 :

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