LA FONCTION D'APOTHICAIRE EN SEINE-ET-OISE
a) Origines. — Que sait-on des premiers apothicaires de Seine-et-Oise ? Rien, ou à peu près. Leur histoire se confond avec celle de tous les apothicaires de France, et ce n’est pas ici le lieu d’écrire leur histoire. Il serait évidemment possible d'indiquer quelques généralités sur la pharmacopée gauloise, sur l'influence romaine, sur les divers couvents qui se cons-
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truisirent en Seine-et-Oise, qui possédaient presque tous leur apothicairerie et dont on pourrait dresser la liste, sur les multiples châteaux (de Montlhéry, de Corbeil, de Montfort, etc.) dont les propriétaires avaient à leur service un médecin qui cumulait les fonctions d’apothicaire, sur les médecins laïcs, sur les charlatans et les triacleurs…
Mais aucun document ne permet de localiser sérieusement ces données et l’on demeure dans le domaine des hypothèses.
Il en est encore de même lorsque, au xrr1e siècle, paraît, pour Paris, le livre des métiers d’Etienne Boileau. Il suffira donc, semble-t-il, de signaler en 1311 les Lettres de Jean Plebanc, prévôt de Paris, qui règlent le métier des épiciers, en 13 articles. L’ordonnance de Philippe Le Bel en 1312, les lettres de Gilles Haquin (1322) et de Philippe VI (1336), l’ordonnance de 1352 sur la médecine et les Lettres patentes du roi Jean (1353) prescrivant des règlements en 7 articles pour les apothicaires, l’ordonnance royale de 1390, les lettres de 1437, l’édit de 1450, les lettres de Charles VIII de 1484.
Pourquoi reproduire ce qui a déjà été dit par M. Bouvet dans son Histoire de la Pharmacie en France ou publier une nouvelle fois les documents que René de Lespinasse a donnés dans son ouvrage sur les Métiers et Corporations de la Ville de Paris (I. xive-xvinie siècles : Ordonnances générales. Métiers de l’Alimentation, p. 496-539) ?
Sans doute Paris, et Ia Coutume de Paris ont-ils joué une influence décisive sur les villes non jurées des environs. Les apothicaires de Seine-et-Oise, s'ils tenaient à avoir un titre, devaient venir se faire recevoir à Paris, et M. Bouvet a bien montré l'influence capitale du premier médecin du Roi.
Le premier texte qui, bien que beaucoup plus général, concerne directement les apothicaires de Seine-et-Oise, est l'Edit d'Henri III en 1581, et cet Edit ne se trouvant point reproduit par M. Bouvet, non plus que par René de Lespinasse, il a paru intéressant d’en donner ici de larges extraits, ainsi que de l’Edit d'Henri IV qui lui fait suite :
«Edit du Roy Henry III, du mois de décembre 1581, portant l’établissement des Arts et Métiers en Maitrises et Communautez ès villes et lieux de son Royaume, avec l’ordre que Sa Majesté veut être tenu à la réception des Compagnons à la Maîtrise ; publié en Parlement, le Roy y séant, le septième jours de Mars 1583.