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du gouvernement fédéral. La position de Taney sur ce point fut clairement établie par la décision rendue dans l'affaire Ableman c. Booth (9). Dans cette affaire, la Cour Supérieure de l'Etat de Wisconsin avait relaché un prisonnier, condamné à l’emprisonnement par un tribunal fédéral et proclama sa décision définitive et sans appel. Le greffier de cette Cour refusa de prêter concours aux autorités fédérales. Dans son arrêt, la Cour Suprême condamne énergiquement l'attitude de l'Etat de Wisconsin. car, dit-elle, « aucun Etat, aucune Cour, une fois qu’ils ont été informés par la voie judiciaire, qu’un individu est emprisonné en vertu de l’autorité fédérale, n’ont le droit d'intervenir en sa faveur, et si une autorité d'Etat, d’une manière ou d’une autre, tente d’exercer un contrôle sur l’agent fédéral qui a la charge du prisonnier, ce serait le devoir de cet agent d’appeler à son aide la force, nécessaire pour maintenir l’autorité de la loi contre une intervention illégale.» Il était normal, après une telle déclaration de principe, de prévoir les moyens légaux qui devaient permettre au gouvernement fédéral d'imposer sa volonté. Il n’en fut rien : la Cour se contenta de cette déclaration purement platonique.
Ainsi, sans que les principes soient formellement entamés, la Cour Suprême se refusait systématiquement à trouver ies moyens constitutionnels pour forcer les Etats à reconnaître la suprématie fédérale. É
« Je crains bien, écrit Story (10), que jamais plus, de nos jours, une loi d’un Etat particulier soit déclarée inconstitutionnelle. Car les vieilles doctrines sont en train de disparaître rapidement et un vent nouveau a soufflé sur l’esprit public, dont j’augure peu de bien. Je m'aperçois depuis longtemps que les opinions et les doctrines de l’ancienne Cour perdent chaque jour du terrain, spécialement en ce qui concerne ces grandes questions constitutionnelles. Des hommes nouveaux, des opinions nouvelles sont
(2) Supreme Court Reports 1859, 21, How. 506. (10) Lettre au juge Mc Lean. WILLOUGHBY. Op. cit. p. 58.
RU: à NES
venus. Les doctrines constitutionnelles, si vitales pour le pays, qui reçurent pendant si longtemps l’approbation et le soutien de la Cour toute entière ne sont plus à présent prépondérantes. Je suis le dernier membre encore vivant de l’ancienne Cour et je ne puis consentir à demeurer plus longtemps dans une assemblée où je ne peux plus espérer qu'on reconnaisse et qu’on Soutienne ces doctrines. »