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Telle était en quelques mots la théorie présidentielle, soutenue non seulement par Lincoln, mais encore par son habile secrétaire Seward.
Dès la fin de 1863, son plan fut mis à l'épreuve en Louisiane. Une Conventipn se tint à la Nouvelle-Orléans pour procéder à l'élection des membres du gouvernement et à l'élaboration d’une nouvelle Constitution. Cette dernière fut établie en mars 1864 et votée par 8402 voix, ce qui faisait 16% des votes obtenus aux élections présidentielles de 1860, la limite présidentielle étant largement dépassée. Plébiscité aux élections de 1864, le Président n’hésita pas à appliquer son plan une seconde fois dans l’Arkansas durant le printemps de la même année.
A la mort de Lincoln, ce fut le vice-Président Johnson qui le remplacça à la Présidence. Animé d’abord des dispositions les plus vindicatives à l'égard des chefs et populations rebelles, il ne tarda pas, sous l'influence de Seward, à adopter, dès le 29 mai 1865, les théories de son prédéceseur. Le plan Johnson reçut de nombreuses applications, notamment pour la Reconstruction de la Caroline du Nord (29 mai 1865), le Mississipi (13 juin 1865), la Géorgie (17 juin 1865) l’Alabama (21 juin 1865), La Caroline du Sud, (30 juin 1865) et la Floride (13 juillet 1865).
La théorie présidentielle, quoique très habile au point de vue de science politique, était sujette à caution. On peut se demander d'abord s’il appartient constitutionnellement au Président de fixer quand et comment les éléments loyaux d’un Etat rebelle peuvent procéder au rétablissement d’un gouvernement républicain local. A notre avis, c’est un excès de pouvoir, dépourvu de toute base légale, et qui aboutit fatalement à des solutions absolument arbitraires. Par ailleurs, c’est une conception qui repose sur la force et non pas sur des principes de gouvernement libre. Un gouvernement local autonome ne peut réellement exister là où la population qui détient l’autorité légale ne représente qu’une faible minorité. C'est un gouvernement républicain dans la forme, mais non dans le fond, tout au moins au sens que la Constitution donne à cette expres-