‹ Contribution à l'interprétation pathogénique des localisations spéciales de l'œdème et de la congestion pulmonaires dans les affections cardiaques: rôle de la compression ou de la courbure des veines pulmonaires droites par l'oreillette droite dilatéeChapitre 11 sur 18 · OBSERVATIONS VII · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS VII

(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Roque.)

Diagnostic : Insuffisance el rétrécissement mitraux.

Insuffisance el rétrécissement aortique. — Matité paravertébrale droite. — OEÉdème el congestion localisés au sommet droit. — Autopsie.

Annette C..…., quarante ans, ménagère, entrée à

l'Hôtel-Dieu le 15 janvier 1901.

Rien à noter dans les antécédents héréditaires.

Antécédents personnels. — N'a jamais été malade, réglée à seize ans, a eu trois enfants, un seul vivant, les autres morts en bas âge. Jamais de rhumatismes. Nie l'éthylisme et n'en présente pas les stigmates. Il y a six mois, sans cause. apparaît de l’æœdème des membres inférieurs, œdème bilatéral remontant un peu audessus du mollet. La malade souffrait et ne pouvait marcher sans douleurs. Environ trois semaines après la disparition de cet œdème, elle se réveilla brusquement une nuit, en proie à une extrême oppression, il lui semblait qu'elle étouffait. Cette oppression dura toute la nuit et se renouvela souvent depuis. De cette époque date un essoufflement constant dans la marche et l'effort, mais se manifestant surtout la nuit, A ces troubles s’est ajoutée une perte complète de l'appétit.

La malade tousse depuis quelques jours, sans expectoration.

Examen physique. — Malade bien constituée; dit n'avoir jamais rien remarqué d'anormal chez elle jusqu'à ce jour, et, étant jeune, avoir pu courir sans fatigue n1 essoufflement. AR:

Au cœur : à la palpation, la pointe bat dans le 6° espace, presque dans l’aisselle, frémissement présystolique. À la percussion, matité paravertébrale droite au niveau du 6° espace intercostal droit.

À l’auscultation, souffle présystolique et systolique, le premier est soufflant et rude, le second doux et aspiratif : ils se propagent dans l’aisselle et dans le dos.

À l'aorte, dans le 2e espace intercostal droit, le deuxième bruit est soufflant, ce souffle se propage dans les vaisseaux du cou.

RSA

Pouls petit, sans caractère spécial, bat à 112.

Aux poumons : 44 respirations à la minute au repos, quelques râles muqueux aux deux bases. Au sommet droit : submatité dans la fosse sus-épincuse, légère etæagéralion des vibrations. Aprés la toux, râles souscrépilants à la fin des grandes inspiralions. Au même niveau, retentissement de la {oux et de la voix.

Rien au sommet gauche.

Le foie n’est pas augmenté de volume.

Langue bonne, pasde troubles gastriques, sauf inappétence, selles normales.

Léger œdème des membres inférieurs.

Urine : léger disque d’albumine.

T=38 degrés.

18 janvier. — Double souffle crural de Durozier.

Expiration prolongée au sommet droit ; à ce niveau, quelques rales à la fin des grandes inspirations.

Retentissement de la toux et de la voix au sommet droit, en arrière, un peu de souffle.

7 février. — L'aorte dépasse le sternum à droite d'un travers de doigt.

Il existe encore, mais peu marquée, un peu de submatlé à droite, le long de la colonne, sur les 6° et 7° vertèbres dorsales. Plus de congestion du sommet droit.

Reflux jugulaire. — Souffle systolique à la tricuspide.

11 février. — Le malade accuse toujours des phé-

nomènes angoissants extrèmement intenses, nocturnes seulement.

ŒEdème des membres inférieurs.

Un demi-centigramme de chlorhydrate de morphine

er E

avaitamené une cessation des phénomènes angoissants.

6 mars. — Depuis le début du mois, les phénomènes angoissants nocturnes ont reparu. — Ce matin le pouls est incomptable, petit, file sous le doigt.

Au cœur 180, affolé, les bruits anormaux ont disparu.

Un peu d’œdème, surtout marqué à la jambe droite.

8 mars. — Sous l'influence de la digitale, le pouls est très ralenti, 106. Les signes cardiaques commencent à reparaître.

11 mars. — Toujours un peu d'angoisse respiratoire

la nuit, le cœur est plus calme. Matité paravertébrale droite. Râles au sommet droit.

13 mars. — Elle a eu la nuit dernière une dyspnée extrêmement vive.

Ce matin au cœur, 140.

Le foie est gros, les œdèmes reparaissent.

16 mars. — Cœur arythmique.

Double souffle à la pointe.

À l'aorte, souffle diastolique éclatant, l'aorte est dilatée, sa matité augmentée. Pouls irrégulier, 140.

16 avril, La malade a eu quelques frissons 1l y a deux jours, pas de point de côté, mais depuis elle tousse et a une expectoration assez abondante. A la base, quelques râles; au sommet, souffle tubaire.

17 avril. — La malade est très dyspnéique, on entend à distance de gros râles trachéaux, les extrémités sont froides.

Autopsie. — Le cœur est hypertrophié, il pèse 520 grammes. L'hypertrophie porte à la fois sur les cavités droite el gauche. On trouve l'oreillette droite

eee RE, 2e couchée dans l'angle costo-vertébral, à droite de Ja colonne dorsale.

À l'orifice aortique iln'y a pas de rétrécissement, mais les sigmoïdes sont indurées et raccourcies. On trouve à la surface des trois valvules des végétations endocardiltiques, surtout au niveau des bords libres.

Les valvules sont insuffisantes à l’orifice mitral.

L'aorte est dilatée, athéromateuse.

Le poumon droit. — Hépatisé, de couleur rouge foncé, ne crépite plus et tombe au fond du vase.

Gauche. — Le lobe inférieur est dense, de coloration lie de vin, 1l crépite mal et ne reste pas à la surface.

OBsERvATION VIII

(Due à l'obligeance de M.le professeur agrégé Roque)

Diagnostic. — (Cardiopathie de la ménopause. — InsufJisance el rétrécissement mitraux. — Gros cœur. — Rétrécissement el insuffisance aorlique. — Malilé paravertébrale droite. — Congestion de la base et du sommet droits.

Philomène S..., quarante-quatre ans, lingère. Entrée 27 février 1901. Sortie 4 avril 1901.

Antécédents héréditaires. — Mère morte de suites de couches. Son père élait asthmatique.

Antécédents personnels. — Mariée, un enfant mort du croup, un autre bien portant. Ethylique. Ménopause l’année dernière. La malade a eu la syphilis à seize ans. Depuis elle a toujours eu une bonne santé

jusqu'au mois de janvier de l’année dernière. Elle aurait eu à cette époque une bronchite qui l'aurait obhgée à garder le lit dix-huit jours, elle aurait eu de la fièvre pendant cette maladie. Depuis elle ne s'est jamais remise, avait souvent de la dyspnée d'effort et toussait un peu. Jamais d'œdème des membres inférieurs n1 de palpitations.

Elle continua son travail. Depuis deux mois, l’oppression est devenué plus intense, survenant au moindre effort. En même lemps, la malade avait des crises d’oppression nocturne et une insommie continuelle.

Il y a quinze jours, elle se mit à tousser, à expectorer des crachats visqueux adhérents. Elle avait un peu de fièvre, des douleurs dans l’hypocondre droit avec quelques troubles gastriques, digestions lentes, douleurs épigastriques après les repas, vomissements.

La malade vient à l'hôpital parce qu'eile a une dyspnée continue qui l’oblige à cesser tout travail. Elle tousse par quintes ; au repos, elle ne semble pas dyspnéique, le facies est rouge, sillonné de varicosités.

Aux poumons : sonorité normale en avant et en arrière aux sommets. Aux bases, submatité. Expiraüon prolongée aux sommets, aux bases obscurité respiratoire. À {a base droile, on perçoit après la toux des râles crépilants en bouffée, plutôt inspiratoires. Quelques râles à gauche.

Cœur : la pointe bat avec force dans le sixième espace, dans la ligne axillaire en dehors du mamelon.

À l’auscultation de la pointe, souffle systolique rude en jet de vapeur, se propageant dans l’aisselle, mais

non dans le dos. En dedans, on entend au niveau de l'appendice xyphoïde un souffle moins intense que le précédent.

Au foyer aortique, on a un souffle systolique qui ne semble pas être la propagation de celui de la pointe. Le deuxième bruit est sourd, un peu soufflant.

Double souffle crural de Durozier.

Pouls radial : tension 14, inégal, quelques intermittences.

Jugulaires un peu gonflés, pouls des jugulaures.

Les battements semblent systoliques.

Battements épigastriques.

Un peu de battement hépatique.

Le palper du foie provoque de la douleur ; il est difficile de sentir son rebord. Un peu de reflux hépatojugulaire.

Pas d’æœdème des membres inférieurs,

1% mars, — Souflle presystoliqué de la pointe.

Battements hépatiques très forts. Pouls veineux.

Au sommet droit on a un retentissement de la (oux el de la voix avec soufile expiratoire, quelques râles fins, fagaces.

Au niveau de la septième dorsale, à droite, on a un peu de submatité.

13 mars. — Un peu d’albumine dans les urines.

Inégalité pupillaire, la gauche est plus dilatée.

Toujours congestion du sommet droit et matité paravertébrale en arrière.

La malade a été radioscopée. On a pu se rendre compte que l'oreillette droite dépassait l'ombre de la colonne d'environ 3 centimètres.

P, C.-Je 3

ES

Rien de net du côté du poumon à la radioscopie.

27 mars. — La matilé paravertébrale à à peu près complètement disparu, landis que la congestion du sommet droit persiste. On a à droite un souffle expira- Loire intense.

4 avril. — Mêmes signes à la pointe du cœur. À l'aorte, souffle diastolique et systolique.

Double souffle crural de Durozier.

La matité paravertébrale et les signes du sommet droit persistent toujours à la sortie de la malade.

OBsER\ATION IX

(Due à l'obligeance de M. le D' Mouisset.)

P... Louis-Marie, cinquante-quatre ans, tisseur, entré à l’'Hôtel-Dieu le 18 mars 1901.

Résumé : Depuis vingt-cinq ans : troubles respiratoires, dyspnée, bronchite. (Bacillose probable ?)

En 1900, affection grave avec cyanose, crachats hémoptoiques (infarctus?). Actuellement : forme tardive de la maladie bleue.

Emphysème pulmonaire. Bronchite predominante à droite. Matité paravertébrale à droite {signes cavitaires au sommet)? Anasarque, cyanose généralisée. Insu/]isance rmitrale el fricuspide, pouls veineux, foie cardiaque.

Aulopste.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires. Ses antécédents personnels sont peu nets. Cependant il ne semble jamais avoir fait d’excès alcooliques. Il

ne n'est pas marié, à fail son service militaire et ne se souvient pas d’avoir souffert jusqu'à trente ans.

Vers cet âge, il commence à être essoufflé, les moindres efforts lui étaient très pénibles et fréquemment il était obligé d'interrompre son travail. Cet essoufflement a toujours été en augmentant. D'autre part, il dit s'enrhumer très fréquemment l'hiver, il a déjà présenté les mêmes symptômes que ceux qui l'amènent actuellement à l'hôpital. Il est resté cinq ou six Jours cyanosé el a dû garder le lit pendant tout ce temps, 1l était très essoufflé et présentait des crachats rouge foncé.

À son entrée, le malade présente un état de cyanose très accentué, le visage a une teinte bleu noirâtre intense, le nez surtout, la langue et les oreilles sont extrémement colorées.

Au cœur, la pointe bat dans le sixième espace sur la ligne mamelonnaire. Souffle systolique à la pointe, se propageant sous l’aisselle et ne présentant pas une intensité nouvelle à l’appendice xiphoïde. Pas d’arythmie. P.— 120. Les jugulaires sont très dilatées et présentent à droite un vrai pouls veineux.

Anasarque.— Le foie déborde un peu les fausses côtes.

Aux poumons, sous la elavicule droite, submalilé à l’auscullation, souffle creux uniquement insptralotre, rien d’anormal à gauche; en arrière, à droite, matité le long de la colonne, sur une étendue de quatre travers de doigt à partir de l'insertion de l’épine de l'omoplate, la respiration est emphysémateuse, elle s'entend dans toute l'étendue des poumons, mais elle est plus obscure à droite où elle est plus obscure. Dans la fosse sus-épi-

neuse l'inspiration est soufflante sans bruits de gargouillement, el à ce niveau la sonorité est moindre que du côté opposé.

Les urines ne contiennent pas d’albumine.

23 mars 1901.— P.— 112. La pointe bat en dehors de la ligne mamelonnaire.

27 mars. — L'œdème persiste, mais rare, sans albumine. La cyanose est un peu plus marquée. Subdélire dans la nuit. Expectoration muco-purulente abondante. Râles muqueux aux bases.

Autopsie. — Ouverture du thorax. Demi-litre de liquide environ dans chaque plèvre.

Adhérences aux deux poumons, surtout à droite, du côté de la plèvre diaphragmatique.

À la coupe du poumon gauche on ne remarque aucune lésion. Congestion marquée.

Le poumon droit présente des cavernules renfermant un liquide puriforme ; les bronchioles sont béantes, dures, et semblent être dilatées. On ne peut dire à l'examen macroscopique si on est en présence de cavernules dues à l’ectasie bronchique ou à des foyers tuberculeux. Etat congestif considérable.

L'examen histologique montre, indépendament de la dilatation des bronchioles, un réseau capillaire extrèmement dilaté et en dehors de la bronche, dans l’anneau scléreux et, dans les traînées de sclérose qui envahissent tout, la dilatation vasculaire est telle qu'elle rappelle un véritable tissu caverneux. Rien qui RPRERS la tuberculose scléreuse ou récente.

Le cœur vu en place est volumineux, l'oreillette droite

en particulier est très distendue, el elle est tout entière à droite de la colonne.

Valvules saines. Oblitération incomplète du tissu de Botal, orifice assez grand pour laisser passer la sonde cannelée.

OBsERVATION X (Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Roque.)

Diagnostic : Insuffisance el rétrécissement milraux. — Matité paravertébrale. — Congestion œdémaleuse de la base et du sommet droit.

Marie O..., soixante-sept ans, ménagère, entrée le 15 Janvier 1901.

Rien à signaler dans les antécédents héréditaires.

Antécédents personnels : Bonne santé dans l’enfance. Réglée à dix-sept ans. Ménopause à vingt-cinq ans à la suite d’une chute dans l'eau pendant linondation de 1805. Mariée deux fois, jamais d'enfants ni de fausses couches. Semble être éthylique,

Toujours bien portante, sauf différents traumatismes. Tousse depuis longtemps les hivers, mais n'avait pas eu d'oppression. Depuis longtemps aussi, elle avait eu de l'œdème des membres inférieurs. Il y a neuf ans elle avait fait un séjour à l'hôpital pour des douleurs rhumatismales.

Elle est essoufflée depuis deux mois et c'est pour cela qu'elle rentre à l'Hôtel-Dieu, Elle a perdu l'appétit depuis le commencement de ces accidents; à part les pituites matutinales qu’elle a depuis de longues années,

pas de vomissements,

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Constipation habituelle.

Examen physique :

Teint pâle; figure bouffie.

Thorax globuleux.

Aux poumons : à la percussion, matité en arrière à la base gauche avec disparition des vibrations, espace de Traube conservé.

Au sommet droit, submatilé dans les fosses sus- et sous-épineuses, sonorité normale dans le reste des deux poumons.

A l’auscultation : àla base droite, quelques râles humides muqueux ; au sommet droit, en arrière, nombreux râles sous-crépilants.

Base gauche, obscurité complète; cependant, à la fin des grandes inspirations, quelques râles sous-crépitants lointains.

La malade tousse très peu, expectoration peu abondante, légèrement muco-purulente.

Au cœur : pointe difficile à délimiter, semble battre dans le cinquième espace. Rien d’appréciable à la palpation.

À la percussion : matité paravertébrale droite nette entre le sixième et le huitième espace intercostal, s'étendant transversalement sur une étendue de deux travers de doigt.

A l’auscultation : à la pointe, rythme à trois temps, composé d’un souffle systolique et d'un dédoublement du deuxième huit.

P.=— 120. Respiration : 44.

À l'aorte : deuxième bruit éclatant. Battement derrière la fourchette sternale.

MNT

Pas de pouls veineux.

Foie dépasse les fausses côtes de deux travers de doigt.

Légère ascite, Léger œdème des membres inférieurs.

Température normale.

Urines : pas d’albumine.

2 février, — Signes nets de dilatation de l'oreillette droite en arrière.

7 février. — Les râles persistent, du côté droitsurtout.

Toujours matité paravertébrale notable.

Un peu d'œdème des jambes.

Reflux hépato-jugulaire.

OBsERVATION XI

(Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé Roque.)

Diagnostic : ]nsu/fJisance et rétrécissement mitraux.— - Hystérie. — Matité paravertébrale droite. — Congestion du poumon droit au sommet. — Aulopsie.

Madeleine O..., entrée à l'Hôtel-Dieu le 18 octobre 1900.

Rien à noter dans les antécédents héréditaires.

quarante-six ans, blanchisseuse,

Antécédents personnels. La malade a toujours été très nerveuses (sensations de boule, perte de connaissance, pleurs abondants au réveil). Les crises reviennent trois ou quatre fois par semaine.

Réglée à onze ans régulièrement.

Mariée à vingt-six ans : 2 enfants morts, l’un peu après sa naissance, l’autre à vingt-sept mois.

EE

La malade dit avoir été bien portante Jusqu'à trente ans.

Il y a huit ans, elle aurait fait un séjour à l'Hôtel- Dieu pour une affection abdominale mal caractérisée. Quinze jours après sa sortie, elle prit un rhumatisme généralisé à toutes les articulations et resta un mois au lit. Rechute l’année suivante, moins violente.

OEdème des jambes il y a deux mois, qui a beaucoup diminué depuis.

Actuellement la malade est très agitée. Zones hystérogènes (rès nettes. Hémianesthésie imparfaite. Anesthésie cornéenne et pharyngée.

De plus, elle est alcoolique et l’avoue elle-même.

Au cœur, 164 pulsations.

La pointe bat dans le sixième espace, mais elle n'est pas déjetée en dehors. A la main, frémissement présystolique. A l'auscultation, bruits précipités et violents, avec des irrégularités ; pas de souffle ; dédoublement inconstant du deuxième bruit.

Aux poumons, sonorité normale, plutôt exagérée. Inspiration rude et courte, expiration prolongée avec quelques râles ; ces bruits sont plus marqués à droite où on les entend jusqu’au sommet.

Foie volumineux.

OŒEdème remontant jusqu'aux genoux.

Urines, pas d’albumine.

22 octobre 1900. — Cœur toujours irrégulier, mais ralenti : 100.

7 octobre. — Léger roulement présystolique inconslant, pas de frémissement.

13 décembre. — Frémissement systolique sur toute

PET res la surface précordiale. Bruit frémissant systolique légèrement piaulant. OŒEdème jusqu’à la partie inférieure de l'abdomen. Subdélirium.

18 décembre. — Plus de délires, pouls faible. 5 Janvier 1901.

Sous l'influence du régime lacté, la tachycardie a diminué; pouls 108, tension 11. Ronflement systolique prédominant à la pointe.

Dans l’aisselle, ce ronflement prend nettement les caractères d’un souffle. Un peu d’ascite.

Liquide dans les deux bases. Pouls veineux.

Léger disque d'albumine.

30 janvier. — (ÆEdème généralisé (membres inférieurs, bras, face). Délire. Cyanose des extrémités.

Au sommet du poumon droit, signes d’induration.

Retentissement de la toux et de la voix; expiration prolongée ; gros ronchus prédominant à ce niveau.

Dilatation des jugulaures et pouls veineux.

Recherche de la dilatation des cavités droites.

Les signes fournis sont négatifs en avant, où la percussion ne donne que de la sonorité. En arrière, de la 6° à la 7° vertèbre dorsale, sur trois à quatre travers de doigt, on a une diminution très nette de la sonorité.

Ascite considérable, avec congestion hépatique et battements nets à la palpation.

Crachats rougeûtres.

La malade succombe.,

Aulopsie. — Dans la cage thoracique, pas de liquide dans les plèvres, mais atelectasie du lobe inférieur gauche.

Au poumon droit, infarctus du volume d’une petite

noix, autour de ce point congestion et œdème,

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Le lobe inférieur est également œdématié et congestionné.

Poumon gauche, 350 grammes.

Poumon droit, 570 grammes.

Abdomen. — Ascite. Liquide clair, citrin, 6 à 7 litres. Pas d’inflammation péritonéale.

Foie congestionné, très muscade à la coupe et un peu graisseux, 1650 grammes.

Rate. — 160 grammes. Rien d'anormal.

Reins un peu granuleux à leur surface, la capsule s’enlève facilement; pèsent chacun 175 grammes.

Cœur hypertrophié et dilaté dans sa totalité, 650 grammes. Le myocarde est assez résistant,

Pas de trace de péricardite ancienne ou récente.

Une plaque d’athérome sur la crosse de l’aorte.

Ouvert, il existe de la sclérose avec noyau d’athérome sur la partie médiane des trois sigmoïdes aortiques.

Sur la valve antéro-interne existent de petites végétations de la grosseur d’un grain de semoule, qui semblent récentes.

Les valves de la mitrale sont indurées, soudées, formant un orifice qui laisse à peu près passer deux doigts. Cet orifice est, sur son pourtour, bordé de petites végétations de même dimension que celles trouvées sur l'aorte.

Pas de débris de cordages tendineux pouvant expliquer le bruit systolique piaulant que l’on percevait.

Rien à signaler dans le cœur droit. L'oreillette, de ce côté-là, était dilatée, mais moins que la gauche,

OgservarTioN XII

(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Roque.)

Myocardite. — Albuminurie. — Syndrome de Basedow. — Hydrothorax droit. — Matité paravertébrale. — Congestion et ædème du poumon droit (base et sommet). — Autopsie.

Marguerite L...,soixante-cinq ans, ménagère. Entrée le 11 mars, morte le 14 avril 1901.

Antécèdents personnels : Rougeole, coqueluche dans l'enfance. Réglée à quatorze ans, ménopause à cinquante et un ans.

Toujours bonne santé auparavant.

Elle est malade depuis déjà trois à quatre hivers : à ce moment, elle était essoufflée’et toussait beaucoup. Actuellement, elle vient pour de l’oppression et de l'œdème des jambes. Cet œdème a débuté 1l y a trois mois et est arrivé peu à peu au point où 1l est actuellement. Elle est essoufflée au moindre effort ; au repos, elle a même de la peine à avoir sa respiration. Elle tousse un peu par quintes, expectore des crachats peu abondants, purulents.

Elle a conservé l’appétit, mais elle a quelques envies de vomir ; elle est habituellement constipée.

A l'examen physique, la malade présente un fort œdème des membres inférieurs, qui remonte jusqu’à la partie inférieure de la paroi abdominale, qui est également œdématée.

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