PREUVES CLINIQUES
Des observations qui précèdent, nous pouvons déduire un certain nombre de faits importants sur lesquels nous allons établir nos preuves eliniques.
Le plus frappant de ces faits se trouve dans la coïncidence permanente de deux phénomènes : d’une part l'existence de la localisation de l’æœdème et de la congestion pulmonaire au niveau du poumon droit; de l’autre, la constatation de la dilatation de l'oreillette droite par la zone de la matité paravertébrale droite.
Tous les malades que nous avons observés présentent soit de la myocardite (obs. I, VI, XII), soit des cardiopathies valvulaires : insuffisance et rétrécissement mitraux (obs. III, V, X, XI) ou lésions mitroaortiques (obs. IV, VII, VIII), et nous pouvons parmi eux distinguer ceux qui ont déjà présenté des manifestations asystoliques antérieures (ædèmes, hydrothorax, ele.) et ceux chez lesquels la présence de signes d'æœdème congestif pulmonaire seul semble indiquer la détresse du muscle cardiaque.
Dans l'observation V, par exemple, nous avons une endocardite rhumatismale qui ne présente aucun ædème des membres inférieurs, mais tout le poumon
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droit, au sommet, présente toutes les espèces d’œdème congestif (submatité, exagération des vibrations, diminution de la respiration), et en même temps, chez la même malade, nous trouvons au niveau du septième espace intercostal droit une zone assez élendue de matilé paravertébrale.
De même dans l'observation VIIT, aucun signe viscéral ou périphérique de sa cardiopathie, si ce n’est l’œdème congestif du poumon droit coïncidant avec une zone de matité paravertébrale droite vers la sepième vertèbre dorsale.
Sinous prenons maintenant l'observation XI, nous sommes en présence d’une malade ayant de grands œædèmes des membres inférieurs, remontant jusqu'à la paroi abdominale, présentant en outre un peu de liquide dans ses deux plèvres, de l’ascite, un foie cardiaque : enfin, du côté de son poumon droit, des signes très nets d’induration. Cetle malade avait encore un cœur très hypertrophié et très dilaté, comme l’a montré l’autopsie, el l'examen clinique avait permis de constater l'existence d’une large zone de matité paravertébrale droite.
Et si nous passons en revue d'une façon plus générale les principaux symptômes qui nous intéressent chez les malades observés, toujours nous conslaterons le paraléllisme des deux phénomènes.
Du côté du cœur, que nous ayons affaire à des myocardites ou a des endocardites, noussommes {toujours en présence d’un cœur qui a lutté et qui, secondairement, a vu ses cavités droites se distendre. « La valvule triglochine, comme dit Gendrin, ne ferme pas l'orifice
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auriculo-ventriculaire droit d’une façon complète dans un très grand nombre de cas peut-être même dans la plupart des maladies du cœur très avancées. Cette circonstance n'a été remarquée par aucun des auteurs qui ont écrit sur les maladies du cœur : c’est un phénomène secondaire des plus fréquents dans les affections du cœur gauche. »
On voit alors apparaître du pouls veineux et du reflux hépato-jugulaire (obs. I, IV, VIII, X, XI, VII, VI, IX).
La matité paravertébrale devient appréciable. La percussion donne soit dela submatité, soit de la matité complète. Elle est même quelquefois si considérable qu'on peut se demander un moment si on n’est pas en présence d’un épanchement pleural, mais l'absence des signes spéciaux de l’épanchement permet de faire le diagnostic, ainsi que les limites toujours très nettes de la zone de matité. z
Et à ce propos M. le professeur Teissier nous a souvent parlé d’un malade qu'il avait eu l’occasion de voir avec un de ses confrères de la ville, le D' B... Ce malade, rhumatisant, porteur d'une double lésion endocarditique (rétrécissement mitral el insuffisance aortique), présentait une large matilé paravertébrale avec abolition des vibrations thoraciques à ce niveau, à telle enseigne que son médecin en avail été frappé et avail cru tout d’abord à l'existence d’un épanchement pleurétique. Mais comme il n'existait aucun signes d'hydrothorax, il avait bien fallu abandonner cette idée : cette malité n'était autre chose que la zone de projection de l'oreillette droite distendue à l'extrême et elle cor-