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rielle, est définitivement arrêlée depuis les premiers mois de l’année par un état de cachexie progressive caractérisée par de la dépression croissante des forces, des épistaxis à répétition, de l’œdème des membres inférieurs, et des phénomènes d’angoisse précordiale qui revêtent de temps en temps le caractère de l'angine de poitrine.
Pendant les derniers jours de sa vie, un phénomène nouveau attire l’attention : elle présente des phénomènes de congestion subaiquë du poumon, avec œdème parliel localisé exclusivement à loute la partie supérieure du poumon droit, et s'accompagnant de l’expectoration spumeuse et rosée rappelant celle de l’œdème aigu congeslif.
Le cœur est volumineux et la pointe nettement abaissée dans l’axe de la ligne mamelonnaire.
Augmentation nette de la matité préaortique, avec élévation du tronc de la sous-clavière. Galop diastolique perçu au niveau de la pointe sternale, redoublement du bruit systolique à la pointe du cœur, expansion à la main à la base, bruit clangoreux sigmoïdien, avec bruit de souffle diastolique,
En arrière, sonorité complète aux bases sans signe net de congestion ou d'œdème accusée dans ces régions, vibrations conservées partout, mais à droite de la colonne vertébrale, dans une hauteur de 8 centimètres au moins et répondant aux 6°, 7° et 8° espaces intercostaux et débordant de trois bons travers de doigt la ligne médiane, maüté absolue et contrastant avec la sonorité physiologique circonvoisine. À ce niveau, abolition complète des vibrations, mais à l’auscultation, aucun
souffle, aucun ràle, aucun retentissement de la toux et de la voix.
OBsERVATION III
(Due à l’obligeance de M. le professeur Teissier.)
Paludisme ancien (séjour à Panama ).— Absinthisme.
Gros foie. — Grosse dilatation cardiaque.— Tendance au galop droit. — Dédoublement du deuxième bruit. — Induration du sommet droit,
crachats hémoptoïques. Tuberculose ? (séro-diagnostic néqalif par la suite). — Matité paravertébrale droite.
Pierre S..., cinquante ans, ébéniste. Entré le 6 novembre 1900. |
Rien dans les antécédents héréditaires.
Personnellement : Convulsions dans l'enfance. Pas de spécificité, mais pendant cinq ans, après sa malaria, excès alcooliques, absinthisme surtout.
Fièvre intermittente contractée à Panama entre trente-huit el quarante ans.
Il y a trois ans, le malade eut une bronchite compliquée de pleurésie droite qui dura six mois, pas d’hémoptysie. Depuis, il a toujours été faible et a fait quatre séjours à l'Hôtel-Dieu en un an. Il a dû garder le lit chez lui à plusieurs reprises. Il avait de l'oppression facile et des crises d’étouffement, surtout la nuit.
Les symptômes se sont accusés cette semaine et, de
plus, le malade tousse et rejette des crachats sanguinolents.
A l'entrée, l'oppression est grande, 64 respirations à la minute en orthopnée, pas de signes d’asphyxie. La toux est peu fréquente, quelques crachats hémoptoïques.
La face et lout le tégument présentent une teinte cachectique, l'amaigrissement est notable.
La langue est bonne, rien à l’estomac n1 à la rate.
Le foie est douloureux et déborde de trois travers de doigt les fausses côtes.
Au poumon droit, en avant, au sommet, submalité, peu de modifications, des vibrations, sibilances, craquements (?) en arrière, léger degré de pectoriloquie. Rien à la base.
Au sommet gauche, rien en avant; en arrière, un peu de pectoriloquie, souffle expiratoire el inspiratoire.
Pouls très arythmique : 80, et à faible tension.
Les bruits du cœur sont réguliers mais bien frappés. Le bruit pulmonaire est renforcé. 2
Température, 3793.
Urines : ni albumine, n1 pigments bilhaires.
6 novembre 1900. — Le cœur est gros, les cavités droites sont dilatées, on perçoit quelques battements hépatiques systoliques, pas de reflux jugulaire.
Le deuxième bruit dans la région préventriculaire est dédoublé.
La pointe du cœur est abaissée et déviée.
Pas de matité paravertébrale gauche, mais un peu de matité paravertébrale droite.
9 novembre. — Matité paravertébrale droite, de la septième à la dixième vertèbre dorsale.
RapioGraPmie 1, — Pierre S..., Enorme dilatation de l'oreillette droite. — Matité paravertébrale étendue. — Congestion du sommet droit (Radiographie de M. le D’ Desror, à comparer avec la Radiographie IP).
RaprocrAPpmE II. — Cœur normal. — L'ombre de l'oreillette ne déborde pas sensiblement l'ombre de la colonne dorsale. (Radiographie du D' Desror).
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Séro-diagnostic tuberculeux négalif et inoculation au cobaye négalive.
14 novembre. — Le malade est plus reposé.
À la pointe, souffle systolique très prolongé.
Dédoublement du deuxième bruit. Claquement d'ouverture de la mitrale inconstant. Arythmie.
26 novembre. — La radiographie montre la saillie considérable de l’oreillette droite.
Au foyer tricuspidien, souffle systolique intense, râpeux, non propagé dansles vaisseaux du cou,
Pas de bacilles de Koch dans les crachats.
28 novembre. — Les râles humides persistent sous la clavicule droite. Les crachats sont rosés, la pression actuelle est de 12. Le souffle tricuspidien a diminué.
14 décembre. — Résistance du souffle tricuspidien. Diminution de la matité paravertébrale droite.
Râles à droite. Pression 10.
22 décembre. — Disparition du-souffle tricuspidien et de la matité paravertébrale droite.
Le malade prend la grippe. |
Râles de bronchite à gauche, plus rien à droite.
31 décembre. — Les phénomènes de congestion du poumon droit ont disparu, et la sonorité est revenue dans la région paravertébrale droite,
OBSsERVATION IV
(Due à l'obligeance de M. le professeur Teissier.)
Diagnostic. Insuffisance aorlique et rélrécissement mitral.
Matilé paravertébrale. Congestion du sommet droit.
E. C.., trente-neuf ans, mouleur, entré le 6 mai 1900.
Père mort à soixante-dix ans d’une pleurésie. Mère morte à soixante-huit ans d'affection indéterminée. Un frère mort d'accident et une sœur d’affection inconnue. Célibataire. Jamais de maladie vénérienne. Avoue des habitudes alcooliques, buvait régulièrement de l'absinthe, de leau-de-vie et 1 à 2 litres de vin par Jour.
Jusqu'à ces cinq dernières années, 1l s'était toujours bien porté. Jamais d’affections sérieuses, jamais de rhumatisme arüiculaire.
Il y a cinq ans, 1l commença à éprouver des sensalions anormales et pénibles dans la région précordiale. Il toussait et eut des crachements de sang. Depuis lors, il état très souvent fatigué, éprouvait des palpitations el était facilement essoufflé. À plusieurs reprises, il a encore craché du sang. L'an dernier, il eut les jambes enflées. Depuis cette date, 1l n’a plus eu que de l’œdème léger, vespéral des pieds, les jours où il avait marché davantage. Pas de troubles digestifs.
Actuellement le facies du malade est rouge, les
lèvres cyanosées ; 1l existe aussi une teinte cyanique
des mains. Pas d'œdème des membres inférieurs, ni d'œdème lombaire. Abdomen souple, sans ascite. Le foie est volumineux, sa matité commence en haut au septième espace, et déborde en bas de trois travers de doigt le rebord costal.
Cœur. — À l'inspection, soulèvement visible de la paroi, battements épigastriques, voussure précordiale. La pointe bat dans le cinquième espace, à trois travers de doigt au-dessous du mamelon et en dehors de la ligne mamelonnaire.
A la percussion, augmen{a ion verticale et transversale de la matité.
À la palpation, léger frémissement présystolique et vibration systolique dure.
A l’auscultation. — A la pointe, léger soulèvement diastolique et souffle systolique se propageant dans l’aisselle. Dédoublement du deuxième bruit.
À l'orifice tricuspide et dans des troisième el quatrième espaces intercostaux, vers le bord gauche du sternum, on perçoit un souffle diastolique assez intense ; en outre, il existe Îà un léger souffle systolique doux.
Rien à l’auscultation dans le deuxième espace intercostal droit.
Le pouls est régulier, assez fort et assez ample : 88. Les veines du cou sont congestionnées, présentant du reflux, et sont animées d'un double soulèvement présystolique et systolique. Pas de double souffle de Durozier. Pas de pouls capillaire unguéal.
Aux poumons. En avant à droile, submalité avec exagéralion des vibrations : obscurité respiratoire, exptralion un peu soufflante. Retentissement de la
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toux el de la voix. À gauche, sonorité conservée, plu- Lôt exagérée. Respiration ample, quelques sibilances ; en arrière, pas de modification du son ni de la respiration.
xpecloralion muqueuse presque nulle, avec quelques stries purulentes.
Température normale.
Urines : beaucoup d’albumine.
14 juin. — Les urines n'ont plus d’albumine.
19 octobre. — Pression artérielle de ro à 11 seulement.
14 décembre. — Traces d’albumine, Pression arté-
rielle basse. Matité paravertébrale droite. Pas de souffle tricuspidien. Souffle systolique à la pointe.
3 janvier 1901. — Au creux épigastrique, battements énergiques présystoliques systoliques, souffle tricuspidien intense se propageant le long du bord du sternum mais non dans les vaisseaux du cou.
La pointe n’est pas déplacée à son niveau, le souffle est peu intense et ne se propage pas dans l’aisselle.
7 janvier. — Pouls veineux, matité paravertébrale droite, avec obscurilé respiratoire à la base du poumon droit.
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OBsErvATION V
(Due à l’obligeance de M. le Professeur
agrégé Roque).
Diagnostic: Endocardite rhumatismale. — Insuffisance el rélrécissement milraux.— Péricardite de la base. — Matité paravertébrale droite. — Congeslion du sommet droit. 4
Emilie M.., trente-deux ans, ménagère. Entrée le 3 Janvier 1901.
Rien dans ses antécédents héréditaires.
Antécédents personnels. — Rougeole et scarlatine dans l'enfance : réglée à seize ans.
Maïiée. Son mari a une bronchite. Ont eu 5 enfants dont 4 morts en bas âge.
Il y a septans, elle eut une bronchite violente avec expectoration sanglante à la suite d’un accouchement. Il ya deux ans, après sa dernière couche, elle eut une attaque de rhumatisme qui la int au lit pendant trois semaines, etnécessita un moisel demi de convalescence; à ce moment la plupart des articulations furent prises tour à tour.
Depuis cette époque, elle ne s’est jamais bien portée. Dès sa convalescence, elle s’aperçut qu'elle était essoufflée dans la marche rapide et les efforts.
L'an dernier, durant trois semaines, l'oppression
devint assez forte pour demander un repos complet.
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Depuis deux ans elle s'enrhume facilement.
Cet été, elle eut une petite poussée rhumatismale du côté du pied gauche qui était enflé et douloureux. A ce moment, l'oppression augmenta.
Actuellement, elle vient à l'Hôtel-Dieu pour sa dyspnée, qui a augmenté et qui l'empêche de dormir depuis trois mois.
On se trouve en présence d’une femme normalement développée et ne présentant pas de facies bien spécial.
Elle a un peu de dyspnée au repos. Elle n'accuse comme signes fonctionnels que des envies de dormir, un peu de perte d’appétit. Elle ne tousse pas.
Pas de dyspnée parox ystique. Pas de phénomènes douloureux dans la région précordiale.
Au cœur, la pointe bat dans le 6° espace, sous la ligne mamelonnaire. Elle ne se déplace pas dans les mouvements de la malade. Nombreuses irrégularités.
La matité précordiale n'est pas sensiblement augmentée,.
A la palpation léger thnill systolique. A l’auscultaüon : arythmie non régulière, tachycardie : 13», toutes les pulsations sont transmises au pouls. Il semble exister un souffle systolique à la pointe, on l’entend bien dans l’aisselle et au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate.
Au niveau du troisième espace intercostal gauche existe un frottement qui semble systolique.
Aux poumons : Diminution de la sonorité dans les fosses sus ou sous-épineuses droite et en avant sous la clavicule. A ce niveau la respiration est trés dimi-
nuée d'intensité, l'expiration un peu prolongée : pas de râles. Les vibrations y semblent un peu augmenlées.
Tube digestif : langue un peu saburrale, perte de l'appéut.
Le foie est abaissé dans sa lLotalité, et déborde un peu les fausses côtes.
Nombreuses varices aux membres inférieurs.
Rate normale.
Les urines ont, ces derniers temps, beaucoup diminué de quantité, et présentent un disque notable d’albumine.
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7 janvier, — Matüté paravertébrale droite, au niveau du septième espace intercostal droit.
16 janvier.— A la pointe, du souffle systolique prédomine toujours, on a un peu de claquement d’ouverture de la mitrale. Le frottement de la base existe toujours.
La matité paravertébrale persiste.
Toujours un peu d'expiration prolongée au sommet droit.
La malade quitte l'hôpital.