POISSONS D'EAU DOUCE
Recherche du bacille coli dans le contenu intestinal des poissons d’eau douce.
Nos recherches ont porté :
sur des poissons d’étangs;
sur des poissons de rivière ou de fleuve, très loin de la mer;
sur des poissons d’aquarium.
1° Poissons d’étangs.
Au cours des années 1933 et 1934, nous avons pu examiner les 21 poissons suivants, provenant de l’étang de Cazaux :
11 brochets (Esox Lucius L.);
5 carpes (Carpus Carpio L.);
2 anguilles (Anguilla vulgaris Cuv.); 3 tanches (Tinca vulgaris Cuv.).
Tous ces poissons ont été capturés à des époques différentes et de différentes façons (à l’appât, à la cuillère, au filet). Certains d’entre eux ont été apportés au laboratoire dans des seaux pleins d’eau, recueillie sur le lieu même de la pêche; les prélèvements du contenu intestinal ont été faits sur les animaux encore vivants. D’autres nous ont été apportés enveloppés sans précautions dans du papier et furent examinés de 3 à 6 heures après leur mort.
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Sur ces 21 poissons, 20 nous ont donné des résultats négatifs au point de vue bacille coli dans leur contenu intestinal. Un seul, une anguille, ouverte 5 heures environ après sa mort, et qui nous avait été apportée enroulée dans un journal, nous a donné un résultat très nettement positif. Son contenu intestinal nous a montré un bacille coli d’une grande vitalité, si l’on en juge par son extrême mobilité, la réaction de l’indol rapide et intense qu’il donna en milieux peptonés et peptonés phéniqués, la fermentation abondante qu'il a provoquée sur gélose lactosée tournesolée et sur bouillon glucosé, et par la coagulation totale, en moins de 30 heures, d’un lait écrémé stérile en tubes.
Notons que par deux fois les analyses que nous avons faites de l’eau de Cazaux (eau de surface), que nous avons prélevée à l’heure et sur le lieu même de la pêche, nous ont donné des résultats négatifs quant à la présence du bacille coli, mais il est juste de remarquer que ces prélèvements furent opérés alors que la barque qui nous portait était ancrée depuis 2 heures à 150 mètres environ au sud-ouest de la prise d’eau de la ville d'Arcachon, c’est-à-dire loin des rives.
PoIssONS D'ÉTANGS NE PROVENANT PAS DIRECTEMENT DE L ÉTANG DE CAZAUX.
Le 13 décembre 1934, un médecin nous a apporté dans un sac d’étolle 3 anguilles malades, provenant de pêcheries des Landes, en vue de chercher à définir la maladie qui décimait alors les anguilles de ces pêcheries.
Ces anguilles étaient, nous a-t-on dit, originaires de l'étang de Biscarrosse-Parentis-Gastes-Sainte-Eulalie.
Deux de ces anguilles malades furent examinées encore vivantes. L'étude. bactériologique du contenu intestinal de chacune d'elles montra la présence de différents microorganismes — notamment des cocci et du proteus — mais ne montra pas de bacille coli.
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Une troisième, morte, avait l'intestin complètement vidé. Dans les quelques gouttes d’un liquide blanchâtre que nous avons cependant pu retirer de cet intestin, nous n'avons pas décelé la présence de bacille coli.
2° Poissons de rivière et de fleuve.
Ces poissons ont été pêchés à Nevers, au cours des étés 1933 et 1934 :
a) dans la rivière Nièvre; b) dans le canal dit de jonction; c) dans le fleuve Loire.
Tous ont été capturés à l’appât : dans la Nièvre avec de la mie de pain malaxée avec du chènevis; dans le canal avec des larves; dans la Loire avec des lombrics.
Les eaux de la Nièvre, du canal et de la Loire contenaient du bacille coli — en plus ou moins grande quantité — à chaque fois que nous avons fait des prélèvements d’eau.
Nous avons pu examiner 25 poissons, dont :
3 gardons (Leuciscus rutiius L.),
8 ablettes (Alburnus lucidus Heckel), 4 vairons (Phoxyinus laevis Auger),
pêchés dans la Nièvre;
2 tanches,
5 goujons (Gobio fluviatilis Bell), pêchés dans le canal;
4 gardôn, |
1 barbeau (Barbus fluviatilis Cuvier), 4 brochet,
pèchés dans la Loire.
Sur ces 25 poissons, seule, pêchée dans le canal au mois
de juillet 1933, une tanche, ouverte vivante, et dont l’intestin était extraordinairement bourré, nous a donné un con-
Le fa tenu intestinal présentant du bacille coli : bacille à peine mobile et difficilement identifié à cause de sa très minime action sur les milieux à réactions biochimiques, ce qui exigea de nombreux repiquages.
Les 24 autres poissons, examinés les uns encore vivants, les autres morts depuis plusieurs heures, nous donnèrent un résultat négatif quant à la présence du bacille coli dans leur contenu intestinal.
3° Poissons d’aquarium.
Nous avons examiné 6 cyprins (Carassius oratus L.) que nous avons pris dans un minuscule aquarium, où ils vivaient depuis plusieurs mois. L’eau de cet aquarium contenait du bacille coli — de l’ordre de 100 bacilles coli au litre — au moment où nous avons retiré les poissons. Les 6 poissons furent examinés au point de vue qui nous intéresse : leur contenu intestinal ne présentait pas de bacille coli.