‹ Contribution à la biologie du bacille coliChapitre 5 sur 84 · DANS DIVERS MILIEUX · texte numérisé non relu

DANS DIVERS MILIEUX

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LE BACILLE COLI

Examiné à l’état frais, le bacille coli type se présente au microscope sous la forme d’un bâtonnet de 2 à 6 u, nettement mobile, dont la périphérie est pourvue de cils et les extrémités arrondies.

Il se colore par toutes les couleurs d’aniline et il ne prend pas le Gram.

Très résistant, il pousse dans tous les milieux usuels et à toutes les températures de culture.

Son pH optimum est 6,0-7,0 et ses pH limites 4,47-8.

Parmi ses nombreux caractères culturaux, nous ne citerons que les principaux, dont nous nous servons continuellement :

— il forme de l’indol sur les milieux peptonés;

— il fait fermenter la gélose lactosée tournesolée avec

dégagement de gaz;

— il coagule le Jaït en faisant virer au bleu le lait tour-

nesolé;

— il fait fermenter le bouillon glucosé avec dégagement

de gaz;

— il ne liquéfie pas la gélatine.

Mais le bacille coli, que nous venons de définir par une forme et des caractères précis, ne constitue qu'un type bactériologique. Pratiquement, on ne trouve guère de bacille coli qui réponde exactement à cette définition.

Plus et mieux que d’autres bactéries, le bacille coli s’adapte aux milieux dans lesquels il vit. Or, ces milieux sont extrêmement variés et tout à fait différents. Aussi a-t-on pu trouver : des coli immobiles (Jules Renault, Gilbert et Lion); des

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coli ayant perdu l’action sur le lactose; des coli faisant liquéfier la gélatine; des coli encapsulés; des coli ayant perdu le pouvoir indologène. À ce sujet, nous avons personnellement constaté que le bacille coli est d’autant moins indologène qu'il a davantage séjourné dans une eau pauvre en matières organiques, et il nous est arrivé quelquefois d'identifier, dans les eaux potables, un bacille coli qui ne nous donnait aucune réaction de l’indol en milieu peptoné, ni par le réactif nitrite de soude-acide chlorhydrique, ni par le réactif d’Ehrlich (paradiméthylamidobenzaldéhyde).

Le bacille coli n’est donc pas un germe nettement et clairement défini par une forme et des caractères fixes et immuables. Il existe de nombreuses variétés adaptives, qui se distinguent le plus souvent par leur mobilité et leurs propriétés fermentatives.

Il arrive même que des bacilles coli d’origine identique n’ont pas les mêmes propriétés. C’est ainsi qu’au cours de ces dix dernières années, nous avons, par trois fois, trouvé dans des urinés humaines prélevées aseptiquement et par catéthérisme un bacille coli ne donnant pas en milieu peptoné la réaction fondamentale de l’indol. Ici, le bacille coli est pourtant directement d’origine fécale. C’est dire que si le bacille coli présente des variétés très nombreuses, quelquesunes d’entre elles sont imprévus et difficilement explicables.

Le bacille coli a une vitalité extraordinaire, et il résiste dans la nature à toutes les intempéries. Nous le trouvons dans

l’air, dans l’eau, dans le sol, dans nos aliments, notam-

ment dans les légumes crus et dans le lait.

Les légumes crus sont, le plus souvent, des véhicules de

bacille coli. Nous avons pu constater — ceci dit simplement à titre d'exemple — un nombre considérable de bacilles coli sur quelques feuilles de persil (Petroselinum sativum) pris au marché.

Le lait de vache mérite une mention particulière, étant donnée l’énorme quantité qui est consommée journellement. Au cours de ces douze dernières années, nous n'avons

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