IV. — Pseudopeziza Medicaginis Lib
Habitat. — Cette espèce végète dans le parenchyme foliaire des Luzernes. Le limbe est quelquefois criblé de disques fructifères du parasite. Nos échantillons ont été récoltés au mois de septembre 1931, dans les environs de Bordeaux.
Le comportement du parasite envers son hôte. — Le tube germinatif, issu de la spore, peut pénétrer de deux façons
Fi. 5. — Pseudopeziza Medicaginis. Quelques cellules épithéliales et une cellule du tissu palissadique envahies par le parasite (G.2.100). Figure demi-schématique (Fixateur Duboscq-Brasil).
dans la feuille de Luzerne : ou il utihise ces solutions de continuité naturelles que constituent les ostioles des stomates, ceux-ci étant nombreux à la face supérieure du Bimbe ; ou bien,il traverse directement l’épiderme de l'hôte (Fig. 5). L’invasion s’étend graduellement à tout le parenchyme ; dans les coupes, certaines cellules du tissu palissadique surtout, se montrent littéralement bourrées de filaments mycéliens (Fig. 6, à gauche). Le protoplasme des éléments ainsi envahis est rapidement tué ; il ne forme plus, dès lors, dans les espaces de la cavité cellulaire que n’oc-
cupe pas le parasite, que des amas coagulés, très fortement chromophiles, dans lesquels sont englobés les plastes chlorophylliens. La figure 8, ci-après, reproduit une coupe transversale de feuille de Luzerne saine, passant par un stomate.
Fi. 6. — Pseudopeziza Medicaginis. Coupe à travers une région très attaquée de la feuille-hôte. La cupule fructifère de la Pézize se trouve un peu à droite de la figure. Une cellule épidermique est en partie détachée des éléments palissadiques dont les membranes sont rom-
pues (G. 2.100) (Fixateur Duboscq-Brasil).
La comparaison avec les figures 6 et 7 permet de se rendre compte de la gravité des lésions causées.
. Aux endroits où s’édifieront les réceptacles fructifères du parasite, se constituent de petits coussinets stromatiques sous-épidermiques. Ces derniers, en s’accroissant, exercent, du côté extérieur, une poussée qui ne tarde pas à provoquer, d’abord, le décollement de la membrane infé-
rieure de l’épiderme de la feuille, puis le soulèvement deceluici. La figure 6 montre une cellule épidermique en erande partie détachée des cellules palissadiques sous-Jacentes. L'appareil ascophore, en voie de développement, de la
Fic. 7. — Pseudopeziza Medicaginis. Le protoplasme des cellules-hôtes ne forme plus qu'un coagulum sans structure, fortement noirei par l'hématoxyline (G. 2100) (Fixateur Duboseq-Brasil).
Pézize, se trouve un peu à droite de la région dessinée. II survient aussi des ruptures de membranes cellulaires du üssu palissadique (Fig. 6). À ce stade, l’épiderme boursouflé n’est pas encore rompu. Au-dessous, le stroma dont nous avons parlé est en voie de différenciation. De sa partie profonde, s'élève un faisceau de paraphyses, parmi lesquelles
On aperçoit, Çà et là, quelques cellules-mères d’asques en voie d’allongement (Fig. 9). Un peu plus tard, l’épiderme
Fig. 8. — Pseudopeziza Medicaginis. Coupe, au niveau d’un stomate, dans une portion de la feuille hospitalière non encore attaquée par le champignon. Comparer avec les fig. 6 et 7. (G. 2.100) (Fixateur Duboscq-Brasil.)
se déchire, puis se soulève sur tout le pourtour de la cupule, désormais largement ouverte. Quand le processus est achevé, les réceptacles ascifères se présentent comme de
petites coupes saillantes, dont le fond est constitué par le stroma sous-épidermique dont il a été déjà question. Ce stroma se prolonge inférieurement jusque dans les cellules palissadiques dont il comble tout le fond (Fig. 9).
Fic. 9. — Pseudopeziza Medicaginis. Coupe à travers un très jeune conceptacle. Au-dessus de la partie stromatique comblant le fond des cellules palissadiques, se différencient les premiers asques et les premières paraphyses (G. 2.100) (Fixateur Duboscq-Brasil).
L’hyphe ascogène. — Etant donné le peu d'épaisseur du pseudoparenchyme sous-hyménial, l’hyphe ascogène, de peu d’étendue, n’est formé que de trois ou quatre articles ayant chacun 4-5 v de longueur sur 2,2-2,4u de lar-