DENON
geur. Malgré leur petitesse, nous avons pu constater qu’ils sont binucléés (Fig. 7 et 8, PL XXXIII). Il est à peu près certain que des anses d’anastomose existent au niveau des cloisons transversales; la Figure 8, Planche XX XIII, semble le démontrer.
Sur l’origine du tronçon binucléé, nous ne pouvons apporter de précision. Maire [119] pensait que le premier dicaryon prenait naissance à partir d’une cellule végétative, dont le noyau subissait une division non suivie de cloisonnement ; cela pour les Basidiomycètes. Depuis, les travaux de Brackmax [17] et de Cnrisrman [31], ont montré que le dicaryophyte résultait de la migration du noyau, d’une cellule végétative dans une cellule contiguë qui devenait ainsi, le point de départ d’une lignée d’articles à dicaryons.
Nous n’avons pu tirer aucune conclusion des faits observés dans P. Medicaginis, et cependant, nous tenons à les relater, car 1ls pourraient être utiles aux chercheurs à venir. En examinant avec soin le pseudotissu sous-hyménial de très jeunes fructifications, notre attention s’est trouvée attirée, un très petit nombre de fois, par des cellules d’un volume dépassant la moyenne et très riches en protoplasme |Fig. 9 partie encadrée] ; quelques-unes de ces cellules présentaient leur noyau en mitose. Ces éléments qui deviennent ainsi binucléés ne seraient-ils pas l’origine du dicaryophyte ? Et comme, d’un autre côté, nous avons rencontré, une ou deux fois, des aspects, comme celui représenté Figure 10, Planche XXXIITI, rappelant des cellules ascogènes en voie de bourgeonnement, semblables à celles que nous avons vues chez les Erysiphées, nous avons pensé qu'il ne serait pas impossible que cet état fût un stade ultérieur, par lequel pourraient bien passer les cellules à noyau en voie de division dont nous venons de parler.
En tout cas, nous n’avons Jamais pu saisir le passage d’un noyau d’une cellule dans une autre, comme cela a été vu et figuré par Curisrmax dans les Phragmidium.
Il semblerait donc, d’après nos propres observations, que le dicaryophyte prit naissance de la façon que Maire a décrite:
Mais ces dernières sont trop peu nombreuses pour que nous puissions en faire état. Nous sommes d’autant plus réservé que M. et Mme Moreau [130] ont observé, dans quelques cas, des anastomoses cellulaires à l’origine de la diplophase chez certains Ascolichens.
La cellule-mère de l’asque. — Par suite du double cloisonnement, le crochet se trouve divisé en trois cellules (Fig. 11, PL XXXIII) dont l’avant-dernière, binucléée, devient la cellule-mère de l’asque. Les nombreuses coupes examinées ne nous ont pas mis en présence d’une fusion de la cellule terminale du crochet avec la cellule antépénultième. #
Une fois la fusion opérée (Fig. 12, PI. XX XIII), l’asque croît rapidement et devient une grande cellule claviforme à protoplasme dense et granuleux. Le noyau de fusion vient s’y placer dans la région moyenne. Même quand l’asque, est adulte, on peut souvent distinguer à sa base les deux plans, formant entre eux un angle obtus, suivant lesquels passent les cloisons qui séparaient la cellule-mère de l’asque, d’une part, de la cellule terminale du crochet, d’autre part, de la cellule-pied de l’asque (Fig. 13, PL XX XII).
Les paraphyses (Fig. 10) filiformes, sont constituées par de longues cellules uninucléées. La cellule ultime est légèrement renflée en massue. L'élément basilaire est plus massif. Les paraphyses sont parfois bifurquées. Les noyaux, quoique très petits, sont parfaitement nets.
Les cinèses dans l’asque. — 11 y à une très grande difficulté pour les mettre en évidence, à cause de la chromophilie du cytoplasme qui est presque aussi grande que celle du matériel nucléaire. La marche de la régression par l’alun de ler, va de pair pour les objets situés dans le noyau et
pour tout ce qui est en dehors de lui, de sorte que l’on n'arrive que dans de rares cas, à une différenciation satisfaisante.
Néanmoins, nous avons réussi, grâce à beaucoup de patience, à observer les trois mitoses.
Pour la première, nous n’avons pu suivre les stades de la prophase hétérotypique si remarquablement nets dans d’autres espèces, comme G. succosa et la plupart des Erysi-
Fi. 10. — Pseudopeziza Medicaginis. Structure des paraphyses (G. 2.100) (Fixateur Duboscq-Brasil).
phées. A la métaphase, nous avons trouvé des chromosomes volumineux et plus ou moins coalescents, ce qui rend dillicile leur comptage (Fig. 14, PI XXXIII). Quoi qu'il en soit, leur nombre n’est pas supérieur à quatre ou cinq. Les fuseaux ont une direction plus ou moins oblique. La membrane nucléaire n’est plus distincte à ce stade, et l’on ne parvient pas à voir nettement les limites du nucléoplasma. Néanmoins, 1l est à peu près certain que tout le système cinétique se trouve inclus dans le noyau.
La seconde mitose est encore caractérisée par la présence de quatre ou cinq chromosomes à la plaque. Les
fuseaux ont une direction parallèle à l’axe de l’asque. Le nucléole reste net et ne subit aucun changement. Il n'y à pas de délimitation précise entre nucléo. et cytoplasma (fie MS PEEXRERAIRE
A la troisième cinèse, nous trouvons le même nombre de chromosomes qu'aux cinèses précédentes (Fig. 16, et 17 PI. XXXIII). Les fuseaux s’orientent à peu près transversalement.
Le doute qui plane sur le nombre des chromosomes observés dans les divisions réductrices, se trouve levé grâce à la rencontre faite, dans le pseudotissu sous-hymémial, d’une division somatique où l’on voit un stade de plaque équatoriale à quatre chromosomes extrêmement nets
(Fig. 19, PL XXXIHID).
La formation des ascospores. — Le cytoplasme de lasque se partage suivant des lignes sinueuses passant à quelque distance des noyaux, lesquels sont disposés sur deux rangs latéraux (Fig. 18, PL XXXIII). Il subsiste au sommet de la thèque et à sa base, une quantité assez considérable d’épiplasme. On ne voit pas clairement le rôle que jouent les centrosomes et les asters dans cette syntomie du protoplasme aboutissant à la différenciation progressive des spores.
Les ascospores. — Elles conservent pendant quelque temps une position latérale, puis elles gagnent finalement la récion axiale de l’asque, où elles forment une série linéaire.
Elles sont plus ovoïdes qu’ellipsoïdales, l’une des extrémités étant légèrement acuminée ; leurs dimensions moyennes sont : 6,5-7,5u X 3,2-3,5 u. La membrane est épaisse et le noyau occupe la région centrale ; on y voit un nucléole punctiforme. De part et d'autre du noyau, se trouve une gouttelette dont nous n’avons pas étudié la nature (Fig. 1,
PI XXDCIMN
De ce qui précède, il faut surtout retenir :
19 La structure binucléée des hyphes ascogènes sans que: nous puissions dire comment cette structure prend naissance. 29 La formation de l’asque selon le mode du crochet.
3° La constance du nombre (quatre) des chromosomes. aux cours des mitoses dans l’asque.