‹ Contribution à la connaissance cytologique des AscomycètesChapitre 18 sur 40 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

Les suçoirs. — Des diverses espèces d’'Erysiphées que nous avons étudiées, Æ. Cichoracearum est celle où ces: organes se sont montrés les plus nombreux et les plus faciles à observer. Ce sont de gros éléments sacciformes, pourvus d’un noyau énorme et d’un protoplasme très dense. Cette accumulation de matière vivante dans les suçoirs est un fait général chez les Erysiphées ; mais le contraste, à ce point de vue, entre les haustoria et les cellules du mycélium superficiel, est 1er des plus frappants. Il n’est pas rare de rencontrer deux suçoirs dans une même cellule-hôte. Le pédicelle est toujours très ténu, ne mesurant guère plus de 1,1 à 1,3 & de diamètre. La lésion causée à l’épiderme de l’hôte se traduit par un brunissement circulaire qui apparaît autour du point où le suçoir commence à s’enfoncer dans la cuticule. Les sucoirs envahissent, non seulement les cellules épidermiques du limbe, mais aussi celles des poils.

Le mode de formation des fulcres. — La cellule génératrice d’un fulcre peut être plus ou moins allongée dans le sens tangentiel (Fig. 25 a et b). Dans le premier cas, elle émet, du côté externe, bien entendu, un bourgeon (Fig. 25 b) qui devient rapidement digitiforme, mais qui n’intéresse qu’une portion de sa surface ; dans le second cas, c’est toute la surface qui s’allonge radialement (Fig. 25 à).

Peu après,le noyau contenu dans la cellule génératrice se divise ; l’un des noyaux-fils reste en place dans celle-ci, et l’autre passe dans le bourgeon ; une cloison transversale se constitue ensuite dans la région inférieure du processus et, dès lors, ce dernier se trouve séparé de la cellule qui l’a produit ; 1l devient l’article inférieur du fulcre. Le noyau de cet article se divise à son tour ; l’un des noyaux-fils reste en place et l’autre gagne la région apicale ; une cloison s'établit entre les deux et, à ce moment, Pappendice se trouve formé de deux articles. Le processus recommençant, un troisième article s'ajoute au second. Le fulcre

comprend finalement un petit nombre d'articles, ou plus exactement de cellules, très allongées, cylindriques, dont le contenu régresse rapidement en commençant par

l'élément le plus inférieur (Fig. 25 c).

FiG. 25. — Erysiphe Cichoracearum. a) Cellule de l’assise externe

du péridium évoluant en fulere (début) (Fixateur Bouin). b) Fulcre : bourgeon précurseur émis par une cellule de l’assise

externe du péridium ; c) Cellule inférieure de fulere reposant sur la cellule génératrice ; d) Cellule basilaire de fulere et article inférieur de ce dernier ;

e) Partie basilaire de fulcre.

Parfois, les choses se passent un peu différemment au début. En effet, le noyau de la cellule périthéciale, au lieu de se diviser de bonne heure dans celle-ci, passe d’abord dans le bourgeon où il opère ensuite sa division. Deux cas peuvent ensuite s'offrir : une cloison peut se former à la base de l’appendice et l’on retrouve au-dessous la cellule génératrice dépourvue de noyau (Fig. 25 d), ou bien la cloison ne s'établit pas, et dans ces conditions, cette cellule et son prolongement ne forment qu’une seule cavité uninucléée (Fig. 25 e).

Le développement du périthèce. — À part quelques détails de peu d'intérêt, l’on peut dire que les stades initiaux sont les mêmes que ceux décrits chez les Erysiphées déjà étudiées. L’ascogone (Fig. 2, PL XXXIX) a toujours cette forme caractéristique générale que nous avons décrite avec soin chez M. quercina. Les Figures 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, Planche XXXIX, montrent, jusqu’à l’évidence, qu’anthéridie et ascogone, plus ou moins étroitement rapprochés, ne se mettent en communication à aucun moment et que la fécondation, à ce stade, est, par conséquent, impossible ; les noyaux restent àleur place dans leur cellule respective, et ceux de l’anthéridie s’y désorganisent plus ou moins tôt. Le mycélium étant très abondant, ces aspects du début ne sont pas rares dans les préparations, surtout si l’on prend soin de couper un peu épais ; 10 & paraissant l’épaisseur optimale.

Quand le périthèce a atteint 16-184 de diamètre, on trouve dans la région centrale, protégé par une seule assise, un ascogone volumineux, de 12-13 & de hauteur sur 4-5 w de largeur. À ce moment, l’organe est généralement binucléé par suite de la division de son noyau primitif ; les deux éléments nucléaires sont à peu près de même dimension (Fig. 8, PL XXXIX). Ce stade dure peu. Très rapidement, l’on passe à des états où l’ascogone se trouve successivement divisé en deux, trois et parfois quatre gros éléments (Fig. 9,

10, 11, PL XXXIX) disposés, tantôt en are (Fig. 11),

tantôt de manière quelconque (Fig. 10). Généralement, un seul de ces éléments est binucléé; mais, par exception, 1l peut s’en trouver deux qui possèdent chacun deux noyaux SAMU PE XX XIE |

Le processus se poursuit par la formation des hyphes ascogènes et la constitution des diplogamètes où s'opère la fusion. Nous passons rapidement, car tous ces stades se reproduisent dans les mêmes conditions qué celles que nous avons déjà vues en détail précédemment.

Les cinèses dans l’asque. — Le noyau double de fusion occupe, à peu près constamment, la région inférieure de l’asque lequel, dans cette espèce, se prolonge, versle bas, en un pédoncule plus ou moins prononcé (Fig. 1 et 2, PI. XL).

La prophase de la mitose hétérotypique est marquée, au début, par une augmentation sensible du volume du noyau et le rejet du nucléole à la périphérie. La pression de cet organite contre la membrane nucléaire entraîne, parfois, une déformation de cette dernière, qui se traduit par une évagination de la cavité nucléaire dans laquelle le nucléole vient se placer (Fig. 1, PI XL). Fréquemment, du reste, la membrane d’enveloppe du noyau disparaît au cours de cette prophase (Fig. 4 et 6, PI XL) et le nucléole peut franchement émigrer dans le cytoplasme de l’asque, perdant toute relation aveclenoyau(Fig.3, PL XL).

Comme toujours, le matériel chromatique affecte, tout d’abord, une disposition en filaments plus ou moins emmêlés, qui embrasse plus ou moins l'étendue de la cavité nucléaire (Fig. 1, 2, 3, PL XL). En observant avec soin, on remarque, en certaines parties du trajet, cette dualité des filaments qui correspond au zygonema. À un moment qu'il est diflicile de préciser, se produit le synizesis (Fig. 4, 5, 6, 7 PI. XL),et à la fin de la prophase, la diacinèse (Fig. 8, PI. XL) avec les caractères que nous lui connaissons.

La Figure 9, Planche XL, montre un début d’anaphase particulièrement net. Les gemini, ou diades, viennent de se dissocier, et 1l est de toute évidence que chaque pôle recevra un groupe de quatre chromosomes.

La seconde mitose (Fig. 10 et 11, PI XL), est encore ‘caractérisée par la présence, à la plaque, de quatre chromosomes, et dans le noyau supérieur de la Fig. 11, l’un des éléments chromosomiques équatoriaux s’est déjà partagé.

Enfin, c’est encore quatre chromosomes que nous rencontrons à la métaphase de la troisième mitose (Fig. 12, PTEXTES):

Quatre est donc le nombre haploïde observé chez E.Cichoracearum, et ce nombre se trouve confirmé par l’étude des divisions somatiques (Fig. 13, PL XL) qui montrent, à la plaque, quatre chromosomes sur le point de se diviser.

Il découle donc des observations ci-dessus :

19 Qu’aucun acte sexuel n’a heu au début du périthèce.

20 Qu'il n'existe, dans l’espèce considérée, qu’une seule caryogamie.

39 Que le nombre des chromosomes est constamment de quatre au cours des trois mitoses dans l’asque.

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