HEURES
10° 6O 1Ô TGS 210
Fig. 5.
Nous venons de voir en effet que l’hydrate à 2H:0 est obtenu à partir de cet hydrate amorphe ; il se transforme en monohydrate par élévation de température.
Ces faits expliquent que de nombreux auteurs ont donné comme composition de cet « acide blanc » amorphe et instable : TuO;, 2H20, alors que c’est celle de son produit d'évolution à froid.
En ce qui concerne le monohydrate jaune obtenu directement à chaud, l’évolution de l’hydrate amorphe primitivement formé est très rapide, en raison de la température et de l'acidité du milieu; le dihydrate probablement formé intermédiairement est décomposé en monohydrate, car il n’est stable que jusqu’à 600.
L’acidité, comme la température, joue un rôle important dans l'évolution de l'hydrate amorphe. Plus l'acide minéral est fort, plus l’évolution est rapide. Elle l’est beaucoup plus avec NO;H et CIH qu'avec SO,H:.
10 GUY BIEHLER
IV. HYDRATE AMORPHE ET HÉMIHYDRATE. — Dans les deux précédents paragraphes, nous avons fait intervenir à plusieurs reprises l’hydrate amorphe (appelé communément « acide tungstique blanc »).
Rappelons que la composition de cet hydrate est discutée.
Sa préparation, dans un état de pureté suffisant, présente des difficultés, par son caractère colloïdal d’une part, et par son instabilité d'autre part.
On l’obtient le mieux en précipitant, à 20°, une solution de tungstate neutre pur TuO,Na:, 2H:0 à 1 mol./g. par litre par une solution d'acide sulfurique diluée : 1 partie d’acide pour 2 parties d’eau. Il faut verser l’acide lentement et en agitant, dans la solution de tungstate, et en notable excès. La précipitation n'est complète qu'après 30 minutes environ. À ce moment on obtient un gel jaune blanchâtre, qu’il faut essorer à la trompe.
Le gel essoré est agité avec de l’eau pure, puis séparé par centrifugation à très grande vitesse. Les opérations sont renouvelées jusqu’à disparition de l’ion SO%3-dans l’eau de lavage, ce qui est assez long.
Le gel ainsi purifié est séché sur P:0; dans le vide. Il donne des morceaux vitreux, absorbe l'humidité avec vigueur et se délite.
L'analyse de ce produit donne une teneur en eau variable, 18 à 30 o/o. La teneur en sodium est variable aussi, et dépend du lavage. Trois échantillons contiennent respectivement 2,1, 1,8, 0,9 Na:0 0/0.
Ce sodium est fixé par adsorption et il est extrêmement difficile de l'enlever. Il n’est pas gênant pour nos essais.
Le gel ainsi obtenu est broyé au mortier d’agathe, puis chauffé — élévation de température de 20° à l’heure.
La figure 6 montre au début un départ progressif d'eau qui se ralentit de plus en plus et s'arrête vers 120°. À ce moment on a un produit blanc légèrement gris, mais n’ayant plus la coloration jaunâtre du début.
Le palier de poids s’étend jusqu'à 250° environ. À cette température, un nouveau départ d’eau se produit, moins important que dans le cas des hydrates à 1 et à 2H,0 (fig. 3 et 5).
À partir de 300°, on observe un palier définitif, le corps qui est jaune clair n’abandonne plus d’eau par calcination ultérieure.
Ainsi le produit nommé hydrate amorphe ne présente pas de composition définie et sa teneur en eau est essentiellement variable, comme de nombreux hydrates d'oxydes métalliques.
Il se transforme lentement par élévation de température en un corps défini, marqué par le palier P (fig. 6), l’hémihydrate TuO:.0,5H0.
Un hydrate de cette formule, blanc, a été signalé (Buchholz (2), A à 1000 d'HCI dilué sur une solution ultrafiltrée d’acide tungstique).
Nous avons obtenu l’hémihydrate en abandonnant dans de l’eau, au bain-marie pendant trois heures, de l'hydrate amorphe exempt d’acide (cf. p. 7). En présence d'acide minéral fort, HCI notamment, on obtient
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