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II. — La filtration primaire

Nous désignons sous ce terme la filtration due à la paroi du tube et que le faisceau rœntgen doit traverser à sa sortie. Les nécessités de la construction des tubes à voltage élevé entr&änent pour cette filtration primaire deux caractéristiques :

a) Cette filtration est importante; b) Elle est souvent hétérogène.

a) Les deux modèles de tube, dont nous avons usé, ont des filtrations primaires relativement faibles

Pour le tube n° 1 (320.000 V.) :

F, équivalente à 0,8 mm. Cu.

Pour le tube n° 2 (400.000 V.) :

F, équivalente à 1,2 mm. Cu.

Mais dès que la tension augmente, il en est de même de la filtration primaire. | Le tube de Coolidge, utilisé par Failla [93] avait une filtration primaire équivalente à 5 mm. Cu.

La plupart des tubes utilisés en Amérique du Nord, que nous avons énumérés, ont une filtration primaire élevée : 7 mm. d'acier pour le tube de Leucutia [211]. Equivalence à 6,5 mm. Cu pour le tube de Steel du St-John's Hospital de Cleveland [335].

LP en

7 mm. d'acier pour le tube du Harper Hospital de Detroit, 1,5 mm. Cu + 3 mm. acier pour le tube du San Francisco Hospital.

De même en France

Equivalence à 5,2 mm. Cu pour le tube Osram de Gunsett [125].

5 mm. acier pour le tube C. G. R. de Belot [20].

Il est évidemment des radiothérapeutes qui se lélicitent de cette forte filtration primaire; ainsi Steel [335] qui est partisan, en même temps que des grandes distances Îocales, des plus fortes (heaviest) filtrations.

Quant à nous, elle nous paraît plutôt gênante (c'est aussi l'avis de Thoraeus [347]); en particulier, elle ne permet pas des tentatives comme celles que nous exposerons plus loin : modification de la situation du filtre classique, que nous appellerons filtre additionnel, soit dans sa position ordinaire tout contre la fenêtre de sortie, soit au voisinage, plus ou moins immédiat, de la région à irradier. (Ce que nous avons pu réaliser avec notre tube n° 1 :

filtration primaire : 0,8 mm. Cu; filtre additionnel : 2 min. Cu).

Egalement, selon nous, cette forte filtration primaire rend assez illusoires les recherches sur la nature du filtre additionnel.

Par exemple, pour le tube de Gunsett, nous doutons que, le faisceau rœntgen ayant déjà traversé les 5,2 mm. Cu de la filtration primaire, l'interposition sur son trajet de 3/10 de mm. de cuivre ou d’étain puisse permettre des conclusions sur les valeurs relatives de ces deux métaux.

Somme toute, le constructeur de tube rœntgen à tension élevée impose la filtration au radiothérapeute, et celui-ci n’est guère en état de la modifier. |

b) Que vaut donc cette filtration primaire, non en quantité, mais en qualité ?

L'hétérogénéité qu'elle présente, surtout dans les tubes amé-

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ricains (acier, laiton, aluminium, verre au boro-silicate [117 huile, etc.), l'enchevêtrement des métaux constituants (les plus légers étant parfois les premiers rencontrés par le faisceau X), tout cela ne nous permet pas de préjuger de « ce qui sort » du tube.

L'équivalence en millimètres de cuivre, qu'ont adoptée de nombreux techniciens, n’est peut-être pas suifisante pour caractériser le faisceau.

De toute façon, si l'usage des hauts voltages se généralise, il nous semble que cette question de la filtration primaire

devra être clarifiée.

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