VII. — Conclusions
Actuellement, écrivait Failla en 1933 [93], personne ne sait d'une manière définitive si le rayonnement très mou qui existe dans un tissu irradié, et qui peut avoir un effet du point de vue biologique, produit son plein effet dans la chambre d’ionisation.
Les recherches du professeur Wangermez, que nous n’avons fait que tenter de préciser, permettent, nous semble-t:il, de répondre à Failla et d’afirmer qu'il n'existe pas de chambre idéale.
Et dans l’imperfection relative des chambres d’ionisation mises à la disposition du radiothérapeute praticien, une hiérarchie existe (4).
A côté de ce résultat important, et, répétons-le, plus que jamais d'actualité : classement « objectivé » par des chiffres, des chambres d’ionisation, d’après leur perméabilité aux rayons X mous (et accessoirement d’après la protection anti-X de leurs supports), cette microdensitométrie ræœntgengraphique peut donner quelques renseignements complémentaires :
(1) Le rœntgengramme de la chambre d'ionisation, ou mieux les rœntgengrammes obtenus avec diflérentes longueurs d'onde, tendent à devenir une caractéristique de cette chambre, d’une réelle utilité pour la classer (voir par exemple, pour le dosimètre instantané de Siemens, l’article d’Aretz [4], et, pour le Panzer-dosimètre, l’article de Hase [135)).
A. — Pychlau à récemment insisté [276] sur la supériorité des chambres nouvellement réalisées, qui sont constituées par un matériel homogène de bakélite et de graphite, comprimé à haute température, et, par conséquent, exempt d’altérations causées, par exemple, par le détachement de petits morceaux de graphite provenant du revêtement intérieur.
L’extrême sensibilité de l'exploration au microphotomètre enregistreur (qui permet, nous l'avons vu, de juger de la régularité de l'émulsion du film) nous donne donc un moyen de nous assurer de cette homogénéité des parois des chambres, soit qu’il s'agisse d’une chambre nouvelle, soit qu'il s'agisse d'une chambre déjà en usage, et dont on veut s'assurer que la manipulation n’en a pas altéré la qualité.
B. — Peut-on espérer qu’une telle étude pourra procurer des « coups de sonde » sur l’ordre de grandeur, au point de vue qualité, du rayonnement diffusé ?
Faisant des mesures, soit au fantôme, soit au niveau du corps humain, avec différents ionomètres, et obtenant des résultats de dose (profondeur et surlace) différents, soit avec des ionomètres à chambres relativement perméables aux rayons X mous, soit avec ceux à chambres relativement opaques à ces mêmes rayons, il serait possible de déduire de cette divergence l’ordre de grandeur du rayonnement diffusé (enregistré par les premières chambres, et dont les secondes rendent un compte imparfait ou nul).
On verra que nous avons tenté (p. 118 et suiv.) d'utiliser de tels rapprochements.
Nous n’en sommes heureusement plus à cette période de la dosimétrie, vieille de quelques années, où dans limparfaite connaissance des phénomènes de diffusion, de l'effet Compton en particulier (passé avec quelque lenteur du domaine du physicien à celui du biologiste et du radiologue), on pouvait d’une façon simpliste supposer que plus s’élèverait la tension aux bornes du tube rœntgen, moins importerait le facteur
sensibilité de l'instrument de mesure aux rayons de basse tension, cette période où on pouvait se croire pariois autorisé à négliger d'indiquer lionomètre utilisé (Mudd [247], Ruggles [304]).
Et même, dans un temps plus rapproché, il nous paraît quelque peu audacieux d'écrire (Mallet [220]) : « les microchambres... indépendantes de la longueur d’onde », en ajoutant « à partir de 150 KV. ». Il nous semble qu'il s’agit là d’une indépendance assez relative, et que, en tout cas, rien ne prouve que la tension correspondant à l'effet biologique soit supérieure ou égale à 150 KV. Il est vrai que plus loin, dans le même travail, Mallet ajoute : « Dans le rayonnement de diffusion, il existe des rayons corpusculaires de pénétration trop faible pour atteindre la chambre d'ionisation et qu'enregistre cependant la cellule vivante ».
Ne soyons pas trop ambitieux et concluons, en faisant nôtre, la modestie de Du Mond et Hoyt [77] : « Il est raisonnable de croire qu'il est à peu près impossible de construire un dosimètre indépendant de la longueur d’onde, c’est-à-dire utilisable pour toutes les qualités de radiation. »
Et nous ajouterons : pour obtenir un instrument se rapprochant le plus possible de cette perfection, qui serait donc inaccessible, il faut, à côté de l'ingénieur-constructeur, si étendue soit sa compétence, un physicien et surtout un radiothérapeute, familier avec les délicats problèmes que pose la desimétrie clinique.