CHAPITRE IV
METHODE SPECTROGRAPHIQUE
Il paraîtrait singulier de clore cette partie consacrée aux méthodes de mesure du rayonnement rœntgen sans avoir dit un mot de la spectrographie.
Sa supériorité, pour déterminer la qualité du faisceau, est reconnue par la majorité des auteurs.
Failla [93] note que c’est dans ce but la meilleure méthode.
De même, Du Mond et Hoyt [77] insistent sur l'importance du spectrogramme pour la détermination de la qualité.
Leucutia et Corrigan [211] considèrent la spectrographie comme, du point de vue physique, la méthode la plus précise, car, disent-ils, elle permet l’évaluation directe de deux facteurs essentiels : la grandeur de la longueur d’onde la plus courte et la distribution spectrale de l'énergie. Ils ne se dissimulent pas d’ailleurs la difficulté de la technique à mettre en œuvre.
Au cours de l’année 1936, nous notons l’article de Bell [16] sur la spectrographie, avec une étude de l'accord de la théorie de Silberstein [321] avec les résultats expérimentaux.
La même année, Bouwers [31], à propos des tubes à haut sur la spectrographie contenant une étude sur laccord de la théorie de Silberstein [321] avec les résultats expérimentaux.
D'après Read [292], Lauritsen aurait déjà d’ailleurs entamé l'étude spectrographique du faisceau émis par son tube à 1.000 kV.
Corrigan vient de publier (avril 1937) [56] des tracés de distributions spectrales jusqu’à 3500 KV.
Il nous semble qu'il s’agit là d’une méthode à la technique
De
délicate et compliquée, et qui ne saurait évidemment être envisagée, actuellement, dans les applications cliniques, mais qui se montre d’une valeur unique pour permettre de connaître d’une façon complète et précise la répartition de l'énergie du faisceau X. C’est en elle que l’on peut mettre l'espoir de la clarification de nombreux problèmes de rœntgenthérapie, en particulier, nous semble-t-il, du problème de la filtration, quant à l'épaisseur, mais surtout quant à la qualité du filtre.
Nous ne doutons pas que cette méthode ne prenne un nouvel essor, alors qu'il est à la disposition des chercheurs, pour l'exploration des spectrogrammes, ces instruments, d’une exquise précision et d’une remarquable fidélité, que sont les microdensitomètres enregistreurs actuels.
Faisons remarquer, en terminant, que nous n'avons pas distingué qualitométrie et quantitométrie. En effet, du point de vue de la réalité clinique, cette différenciation nous semble quelque peu artificielle : avec la dégradation qui se produit. faiblement d’abord dans la couche d’air tube-corps irradié, puis d'une façon intense au sein des tissus, la « pureté » d’un faisceau rœntgen donné est bien vite perturbée; ce qui importe, nous l'avons vu, c’est un appareil de mesure rendant compte de l'intensité du rayonnement sur une échelle importante de longeurs d'onde. Et qualité et quantité paraissent, du point de vue des applications cliniques, liées d’une facon assez intime.