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RÉSULTATS DES MESURES

a) Tube n° 1 (déjà publié, en collaboration avec le professeur Wangermez [369]).

Tension : 300 kV. (constante).

Filtration : ({0,8] + 0,5) Cu — 1,3 mm. Cu.

Fantôme : pâte Columbia (irradiation non limitée). Dosimètre : Hammer:

Distance focale ...... 00 275 400045024000 Deere ER AE Er - AT 45 02 60 TAN

soit un gain de 11 % en passant de 50 cm. à 100 cm.

Les courbes de la figure 30, tracées à partir de nos mesures, montrent nettement l'importance de ces gains.

300 KV. 27/n,8 Cu.

300 KV. 1T/m,3Cu.

200 KV. 27,8 Cu.

200 KV. 17m ,3 Cu.

35% [e) 0,50 0,75 if F6. 30:

— JIniluence de la distance focale sur le taux de transmission en profondeur (en abcisse, les distances focales) (Wangermez et Auriac 1369]).

b) Tube n° 2.

Tension : 400 KV. (constante).

Filtration : [1,2] mm. Cu + 1 mm. Al.

Fantôme : pâte Colombia (irradiation non limitée). Dosimètre : Hammer.

Tagzeau VIIL

Distance focale 50 cm. 100 cm.

450 cm.

DDR RATES 40,5 AA SALE DS MENT 16,8 5,8 2,8 ORNE LEE SET TRRE 41,5 51,9 55

(1) : exprimée en r/minute.

soit un gain de 10,4 %, en passant de 50 cm. à 100 cm,

Le gain se réduit à 3,4 % de 100 à 150 cm.

Ce résultat, mesuré, non calculé et où intervient au premier che l’effet-fantôme, confirme ce que nous avons exposé plus haut et montre bien que, lorsque la distance focale en arrive à être de l’ordre de 10 fois la profondeur à atteindre, le gain dû au facteur distance devient faible.

Une autre série de mesures (toujours à 400 KV.) faites avec un ionomètre différent (Siemens) nous a donné des doses profondes de valeurs plus élevées, mais avec un gain, dû à la distance, analogue

Tagceau IX.

Distance focale 50 cm. 100 cm.

Gain : 118 %.

Nous avons voulu nous assurer si de tels nombres obtenus au fantôme ne présentaient pas trop de divergence avec ceux obtenus avec le malade, ou, en d’autres termes, si le fantôme de cire utilisé avait « une réponse » parallèle à celle du corps.

Malade Chav.… N° du dossier : 36325.

Tension : 400 KV. (tube n° 2).

TaBLEau X.

Distance focale Ionomètre 0 m. 50 tm:

TT Hammer Sièmens Hammer Siémens Bras mouse 21 26,5 8,3 136 DE vagin Pr IS 1255 12,6 47 4,6 0 = 8 D A Er AU 45,8 47,6 56,7 59,1

Gain : Hammer, 11,9 %; Siemens, 115 %.

(1) Exprimé en r/min.

Ces résultats, qui montrent une concordance assez satisfaisante entre les deux ionomètres utilisés, permettent de noter un gain dû au facteur distance de l’ordre des précédents.

Ainsi, la distance focale nous semble toujours être un des facteurs à faire jouer pour améliorer la dose en profondeur, amélioration qui, on l’a vu, va en s’amenuisant rapidement à partir d’une valeur moyenne égale à 10 fois environ la profondeur à atteindre.

Et sur ce point particulier, ce ne serait pas les essais de télécuriethérapie « qui, notait tout récemment [368] le proîesseur Wangermez, n’ont pas jusqu’à présent, semble-t-il, répondu aux espoirs qu'on avait un peu prématurément fondés sur cette méthode », qui nous inclineraient à changer d'opinion.

Gunsett nous semble déplacer le problème lorsqu'il écrit [1251: « s’il est logique d'employer de grandes distances pour 200 KkV., ceci n’est plus nécessaire lorsqu'on travaille à des tensions très élevées ».

La logique (c’est-à-dire le raisonnement à base théorique) est en faveur des grandes distances dans les deux cas; mais l'expérience — de Gunsett — est en accord avec la logique à 200 KkV., et ne l’est plus à 500 KV. Le tout est d'interpréter cette transformation de convergence en divergence.

Du point de vue pratique, donc, alors qu'à l’autre bout de l'échelle on s'occupe de plésio-ræœntgenthérapie (rœntgenthérapie à très courte distance [2 à 10 cm.}, d'irradiation analogue à celle de la curiethérapie locale intracavitaire), le dogme de l’avantage des grandes distances, est encore bien vivant, même dans des travaux récents (Ferguson, 1936 [941), et ne devra, en tout cas, être abandonné qu'avec une extrême prudence, et sous l'accumulation de nombreux résultats expérimentaux et cliniques convergents.

E. — Dose profonde et grandeur du champ.

On sait classiquement, en rœntgenthérapie pénétrante, que le taux de transmission augmente en même temps que la

largeur de champ irradié et que ce phénomène est dû à l'existence du rayonnement diffusé (par diffusion simple).

Mais dès que l’on dépasse 180 à 200 kV. vers les très hautes tensions, on constate, au contraire — sans qu'une explication théorique, correcte et satisfaisante, puisse encore en être fournie __ que le rayonnement diffusé décroît, d'abord assez rapidement, semble-t-il, puis plus lentement.

Dans l’échelle, relativement modeste, des tensions à notre disposition, nous avons pu constater le fait.

La méthode de mesure généralement utilisée et qui a été la nôtre, est la suivante : on mesure le rayonnement diffusé en surface, d’une façon approchée (1), en faisant une première mesure, avec l’ionomètre à la surface du fantôme, puis une deuxième mesure en supprimant le fantôme. La différence donne la quantité de diffusion, que nous avons calculée en % de la dose-fantôme.

(Gunsett [129] donne ce qu'il appelle la dose additionnelle de diffusion en % par rapport à la dose-air.)

Tube'n° T°:

Filtration : 2,8 mm. Cu + 1 mm. Al.

Distance focale : 60 cm.

Fantôme : pâte Colombia.

Dosimètre de Hammer.

Tension :

200 KkV. 300 kV.

Diffusion de surface :

22940 242 % (Voir fig. 31).

Mais la distance focale paraît jouer un rôle non négligeable

(facteur géométrique de distance ou facteur couche d'air). Voici quelques nombres :

Tube n° 2 :

Fantôme : pâte Colombia.

Dosimètre instantané de Siemens.

(1) La mesure serait rigoureusement exacte si l’on opérait dans le vide.

a) Distance focale : 50 cm.

(ältration : (1,2 + 1) mm. Cu + 1 mm. Al).

Tension : 200 KV. 300 KV. 400 KV.

Diffusion de surface : 272 % 218% 202

200 300 Kv.

Fic. 31: — Décroissance de la diffusion de surlace avec le voltage.

b) Distance focale : 100 cm.

(filtration : 1,2 mm. Cu + 1 mm. Al).

Tension : 200 KV. 300 KV. 400 KV.

Diffusion de surface : 132% ADR A8

La décroissance du rayonnement diffusé paraît plus rapide à mesure qu'augmente la distance focale.

En matière de diffusion rœntgen, on peut individualiser : 1° l'absorption photo-électronique; 2° l'absorption Compton.

Disons tout de suite que ce sont là deux degrés successifs du même phénomène : impact d’un photon sur un atome immobile.

S'il s'agit de photons à faible énergie (rayons X mous), c’est l'absorption photo-électronique qui est en jeu.

S'il s'agit de photons de grosse énergie (rayons X durs), c’est l'effet Compton.

1° L'absorption photo-électronique. — Toutes les fois qu'un quantum d'énergie vient frapper un atome, celui-ci absorbe l'énergie tout entière du quantum, et sont émis des électrons « lents » (c’est-à-dire de vitesse faible) qui, pour indiquer leur mode de production, sont appelés photo-électrons.

C’est le cas de rayons rœntgen de voltage 60 KV. environ, venant frapper des éléments légers tels que laluminium, et sans doute aussi les tissus du corps humain.

2° L’absorption Compton. — Ici l'énergie du quantum incident est trop grande pour pouvoir être absorbée entièrement.

A la suite du « choc » du quantum hf (longueur d’onde À) sur l’électron, celui-ci subit un mouvement de recul avec une vitesse v, et le photon incident subit une diminution d’énergie : celle-ci devient hf, donnée par la relation

hf = hf + mo.

(m : Masse de l’électron.)

F16. 32. — Effet Compton.

# : Electron de recul; — hf : Quantum incident. — hf’ : Quantum diffusé,

La nouvelle longueur d’onde est :

N = À + K A — cos 0).

Elle est d'autant plus modifiée que l'angle 8 est plus grand

(fig. 32).

La direction et la « portée » de l’électron de recul sont évidemment sous la dépendance de la force avec laquelle le

Fic. 33. — Diagrammes (par représentation vectorielle) de l'énergie du quantum diflusé et des électrons de recul, suivant l’énergie incidente : EL : 650 kV; — II : 2.550 kV.

(D'après Rutherlord, Chadwick et Ellis [307].)

quantum incident a frappé et de la stabilité de l’électron dans la structure atomique.

En ce qui concerne spécialement le rayonnement rœntgen, il est clair que ces électrons de recul :

— auront un parcours d'autant plus long; — auront une direction s’écartant d'autant moins de la direction du faisceau rœntgen. incident;

— enfin seront d'autant plus nombreux, que le voltage utilisé sera plus grand.

Les deux diagrammes de la figure 33, empruntés à Rutherford, Chadwick et Ellis [307/, mettent bien en évidence ces particularités.

Somme toute, pour conclure du point de vue pratique, la diffusion de retour due à l'effet Compton (le « back-scattering » des auteurs anglo-saxons) « s'étale » latéralement de moins en moins à mesure qu'augmente le voltage.

Marquons bien qu’au sein des tissus l'absorption ne se limite pas à un seul effet Compton, mais que, comme il a été démontré expérimentalement (Hulubei [165]) du point de vue physique, il doit se produire une suite de diffusions Compton en cascade, avec émissions d'électrons de recul secondaires, tertiaires, etc., jusqu’à en arriver, la dégradation de l'énergie étant devenue suffisante, à l'absorption ultime photo-électronique (11).

F. — La couche d’air filtre-chambre ionométrique.

Entre la fenêtre de sortie du tube rœntgen — où trouve place à l'ordinaire le filtre — et la matière à irradier (fantôme, corps humain), se trouve non le vide, mais de l'air, de l'air à la pression atmosphérique, avec toutes ses variations suivant l'altitude, suivant l’état hygrométrique (cette dernière donnée nous paraissant pouvoir avoir une certaine importance, en particulier dans un climat humide comme le climat bordelais) @),

L'indifférence que témoignent de nombreux auteurs pour cette couche d’air pouvait peut-être se justifier, dans le passé,

(4) 11 faut signaler également, ayant peut-être un rôle dans l'effet biologique, mais extrêmement difficiles à mettre en évidence, du fait de leur facile désintégration, les particules chargées positivement, dites « posi- {rons ».

(2) Quinton estime que l'humidité de Fair apporte dans les mesures d’ionisation des perturbations de l’ordre de 1 % [287].

lors de la rœntgenthérapie dite semi-nénétrante, dans le présent également, où, en rœntgenthéräpie pénétrante, des distances Îocales inférieures ou égales à 40 cm. sont couramment utilisées. Cette indifférence nous semble plus sujette à caution lorsque l’on atteint les 80 à 100 cm., adoptés le plus souvent en rœntgenthérapie ultra-pénétrante, à plus forte raison les 200 et 340 cm. de la téléræœntgenthérapie.

Parmi les radiothérapeutes, et ils sont la majorité, qui négligent influence de la couche d'air filtre-corps irradié, relevons quelques opinions

Failla [93], après avoir fait des mesures de télécuriethérapie avec les distances focales : 8, 13 et 18 cm., se contente, pour obtenir les doses à 50 cm., d’intérpoler suivant la loi de l'inverse du carré de la distance.

Dans le même sens, Mallet [223] conseille, en matière de dosimétrié télérœntgenthérapique, d'appliquer cette même loi, une mesure soigneuse à Ô0 m. 59 de distance focale permettant de calculer la dose à 1 m. 50, « en tenant, écrit-il, l'absorption par l'air pour négligeable pour des tensions de lordre de 200 KV. ».

On a proposé des chiffres à l'appui de cette manière de voir : Rump [305], ayant utilisé différentes méthodes de mesures, estime la valeur du rayonnement diffusé dû à lair inférieure ou égale à 1 % de l'intensité du rayonnement primaire (pour des distances focales moyennes), et il conclut d’une façon quelque peu paradoxale : « le rayonnement secondaire dans l'air peut être négligé dans ies mesures dosimétriques, mais on doit en tenir compte dans la protection ».

Au contraire, Wilsey [378], faisant une revue générale de la photométrie rœntgengraphique, note justement que, dans l’utilisation de la loi de l'inverse du carré de la distance, en vue de faire varier l'intensité du faisceau rœntgen, l'absorption par l'air doit entrer en ligne de compte, « si on désire des mesures délicates ». Et il précise : une couche d’air supérieure à un mètre absorbera suffisamment de rayons X pour aîlecter l'exactitude des mesures photographiques.

La pratique clinique courante plaide, nous semble-t-il, en faveur du rôle joué par cette couche d’air : elle montre quotidiennement le danger, pour les plans cutanés, d’une filtration faible, 5/10 mm. de cuivre par exemple (on filtre alors, suivant l'expression du professeur Wangermez, en grande partie avec la peau) lorsqu'on emploie des distances focales de l’ordre de 40 cm. Et on sait qu’il faut pousser jusqu’à 1,5 à 2 mm. de cuivre.

Mais comment alors, d’autre part, expliquer ce fait, accepté par un grand nombre de radiologistes s’occupant de télérœæntgenthérapie (Mallet, entre autres, [223]), qu'il n'y a guère de différence, au point de vue effets biologiques superficiels, entre une filtration de 5/10 mm. cuivre et des filtrations plus importantes ({ mm., { mm. 5), si on ne fait pas entrer en ligne de compte la couche d’air de 2 à 3 m. d'épaisseur.

L’'expérimentation idéale consisterait évidemment à comparer deux séries parallèles de mesures faites, l’une dans les conditions ordinaires, l’autre en faisant régner le vide entre le filtre et la chambre ionométrique.

Dans l'impossibilité de réaliser un tel dispositif, nous avons procédé à une série de mesures dont voici le schéma :

Une même mesure au fantôme, soit en superficie, soit en profondeur, a été faite, d’une part avec le filtre dans sa position habituelle, à l’orifice de sortie du tube, d’autre part avec le filtre placé au voisinage le plus immédiat de la surface du fantôme.

Nous avons utilisé les constantes habituelles

300 kV. Ct.

3 mA. (Tube n° 1).

La distance focale a été choisie égale à 100 cm., c’est-à-dire suffisamment grande pour obtenir une épaisseur importante de couche d’air, et cependant pas trop grande, pour ne pas allonger exagérément le temps de mesure.

La filtration à été la suivante :

1° Filtration « primaire », fixe, du tube : équivalente à 0,8 mm. de cuivre.

2° Filtration « secondaire », mobile :

2 mm. Cu + 1 mm. AL + 5 mm. feutre.

C’est ce complexe, cet ensemble dont nous faisons varier la position.

La filtration primaire est donc égale aux 4/10 de la fiitration secondaire en cuivre.

ANT RC dl = PE RTS PONT ea FERA TERRE PARENT te De Dr ie Un EZZZZZRZIIIZA ---------(Ct no

ee FR

CALRÉ "Ni nu

| + | fixe

* Feutre |

1 Er

Fic. 34. — Mesure de la dose profonde en faisant varier la position du filtre.

La disposition générale était celle de la figure 34. Pour la grandeur de champ, nous avons utilisé, pour ainsi dire, les deux extrêmes :

a) d’une part, pas de limitation du champ irradié au niveau e # A du fantôme, constitué par un assemblage de plaques de pâte Colombia, ayant les dimensions suivantes :

dans le plan horizontal : 20 x 22 cm.; hauteur : 20 cm.

c'est ce que nous avons dénommé : « large champ »;

b) d'autre part, un champ extrêmement réduit, puisque limité aux dimensions de la chambre d’ionisation employée, ou, plus exactement, de dimensions à peine supérieures à celles de cette chambre. Pour cela, nous avons fait établir deux plaques de plomb, ayant même surface que le fantôme (20 x 22 cm.) et de 1 cm. d’épaisseur : ces plaques présentent en leur centre un orifice, calqué sur la forme de la chambre, mais de dimensions supérieures de 1 mm. dans tous les sens :

— l’une, pour la chambre du Solomon; — l'autre, pour les chambres du Hammer et du Siemens.

Ce sont les « petits champs ».

Nous avons en effet utilisé les trois dosimètres suivants :

— ionomicromètre de Solomon:

— dosimètre de Hammer:

— dosimètre de Siemens.

Rappelons enfin l'intérêt qu’il y a à réaliser, en une séance, toute la série de mesures prévues.

Le tableau XI rend compte des résultats de nos mesures.

Tagceau XI.

LARGES CHAMPS * PETITS CHAMPS NI SE D EN En N EN Dr ARE Cp Diifé Difté F4 | F2) | rence Fx F3 rence en % en % À ; Ocm DV OS PATTES ONE. 86 S e e © , ? , , 1 ) 5 DES 4poms] 4,75 4,9 [+ 314 3 polar = Dio5 % | 66,9 | 64 24 61852 041 05,242 49 [=| È res Ocm TAMPON SALONS A USA 0 ë OS tes 6 on pd 15: | 1410/2227 = Dis 153,5 | 48,4 |—142| 27.8 | 25,9 |— 7 S CRE MRNr es em 1,22| 2 +63,91 1,09! 1,84! +68,8 E = OÙ J0em8| 41,08! 41,871+731| 1,03! 14,76| +70,9 De | Disxl 88,5 | 93,5 |+ 9,21 94,5 | 95,6 | + 2,1 a | : filtre « en haut ». — (2) F8 : filtre « en bas ».

Lez F3 F5

Envisageons d’abord le cas des « petits » champs et confrontons les doses en surface.

Nous constatons que lorsque lon passe de la colonne I (filtre en haut) à la colonne IT (filtre en bas), il résulte (colonne II) :

— une diminution de la dose de 8,6 % avec le Siemens;

— une dose sans changement avec ie Hammer;

— une augmentation de la dose de 688 % avec le Solomon,

c’est-à-dire :

— Je statu quo ou une légère diminution (moins de 10 %) avec les ionomètres de Hammer et de Siemens;

— une augmentation considérable (près des 3/4) avec l’appareil de Solomon.

Sachant ce que nous avons exposé par ailleurs sur les perméabilités relatives des chambres d’ionisation, cette divergence peut s’interpréter ainsi : étant donné Finsuifisance de

transparence aux grandes longueurs d’onde de la chambre de Solomon :

__ dans le premier cas (filtre en haut), dans Île faisceau rœntgen venant frapper la chambre, il existait une partie du rayonnement de longueurs d’onde suifisamment grandes pour que l'appareil de Solomon n'ait pu en rendre compte, alors que, au contraire, les chambres de Siemens et de Hammer lui étaient perméables.

— dans le second cas (filtre en bas), le faisceau X avait éprouvé une dégradation faible de son énergie, de toute façon moins importante que précédemment, l2 dureté générale du rayonnement avait été mieux conservée, et le Solomon accusait la dose dans sa plus grande partie.

En examinant les conditions d’expérimentation, et en particulier le fait que la fenêtre de la couche de plomb a été rigoureusement limitée aux dimensions de la chambre, il semble peu légitime (en surface, rappelons-le) de faire intervenir la diffusion de retour en surface du fantôme, dans : l'explication de ces anomalies de mesures.

Au premier plan, selon nous, doit intervenir la diffusion de la couche d'air tube-ionomètre.

Remarquons que cette divergence du Solomon et du groupe Hammer-Siemens persiste avec les larges champs, mais moins tranchée.

Enfin l'examen de la partie « larges champs » du tableau permet de dire un mot d’un point d’ordre pratique :

Pour améliorer la dose en profondeur, n’y aurait-il pas intérêt à déplacer le filtre de sa position classique, à la sortie du tube, pour le placer au voisinage plus ou moins immédiat de la surface du corps à irradier ?

Nous constatons que, si on interroge le dosimètre de Solomon, il répond par laffirmative : on obtient ainsi un gain

de plus de 9 %.

Les appareils de Siemens et de Hammer, au contraire, accusent une diminution de cette dose profonde : la position classique serait la meilleure.

En définitive, on peut se demander cependant si la position « filtre en bas » n'est pas celle qui (aussi bien avec les « larges champs » qu'avec les « petits champs ») permet d'obtenir, au niveau de la peau, le rayonnement le « plus pur », le moins dégradé par la traversée de la couche d'air, et, de ce fait, le plus intéressant, du point de vue clinique, pour une atteinte minima des plans superficiels normaux.

La simple logique est d’ailleurs en accord avec ce résultat expérimental : si l’on admet l’action de la couche d'air au point de vue absorption et diffusion, on comprend que le filtre, placé à « la sortie » de cette couche d'air, arrêtera le rayonnement diffusé dû à la dite couche.

A propos du rayonnement diffusé de surface et de sa diminution relative avec le voltage, nous écrivions en 1936, avec notre maître et ami, le professeur Wangermez : « Il est probable que la diffusion de lair sus-jacent à la chambre d’ionisation (et sous-jacent quand le fantôme n’est pas sous cette dernière) n’est pas étrangère à cette apparente diminution » [3691].

Il nous semble, d’une façon générale, qu'on a trop tendance à négliger cette couche d’air tube-utilisation. Par les quelques mesures dont nous venons d'exposer le protocole, nous avons voulu tenter de justifier l'attention qui doit être portée, selon nous, à ce facteur.

G. — Conclusion.

En définitive, il ne nous paraît pas — dans la limite des voltages à notre disposition (jusqu’à 400 KV. constant) — que

la diminution de la longueur d’onde utilisée augmente çonsidérablement le taux de transmission en profondeur.

La radiothérapie à voltage élevé serait surtout intéressante

dans l’uniformisation de la dose profonde, pour une répartition

plus homogène du rayonnement.

Faut-il rappeler quelques opinions sur ce sujet ?

Les Européens, d’une part, et mis à part certains qui, tel Rajewsky, avancent que, « théoriquement, l'avantage des hautes tensions ne laisse aucun doute » [290], montrent une défiance qu'accentue encore l’amertume du désenchantement

« Les rayons de courte longueur d’onde n’ont pas donné tous les résultats escomptés. » (Hoffmann [1561.)

« La recherche des voltages de plus en plus élevés semble, pour l'instant, avoir perdu de son intérêt. » (Mallet [2211].)

Les Américains, d'autre part, vont délibérément de l'avant, poussés par un robuste optimisme, qui n’est peut-être pas étayé par des données physiques et biologiques bien certaines.

Les tubes rœntgen à voltage élevé paraïîtraient donc surtout intéressants par leur rendement, en permettant des irradiations à 90 et 100 centimètres, sans allonger exagérément la durée de l'exposition.

S'il en était ainsi, ce serait donc la compétition ouverte entre les trois tendances :

a) le tube à haut voltage et à intensité faible;

b) le tube à voltage courant de rœntgenthérapie pénétrante (200 KV. ou au plus 300 KV.()), et à forte intensité (tube « Westinghouse » à 25 mA. [228]. Gauducheau signale avoir, en 1934, vu fonctionner à New-York des tubes 200 kV.- 300 mA. [21]).

Notre maître, le professeur Réchou, fait usage depuis un an des tubes C. G. R. à 200 KV.-8 à 10 mA. (refroidissement supplémentaire par pompe à huile). Nous avons pu nous assurer que le rendement à la surface du fantôme (200 KkV.; filtration,

(1) Pour que l'absorption Compton entre en jeu, il ne semble pas que

s ) | l’on doive souhaiter de descendre, outre mesure, vers les basses tensions au-dessous de 200 KkV,

2 mm. Cu + 1 mm. Al; distance focale, 50 cm.: dosimètre instantané de Siemens) passe de :

8,4 r/min. à 4 mA.

à 13,6 r/min. à 8 mA.

pour une dose à 10 cm. de profondeur, de 54 à 55 %;

c) la télécuriethérapie (par foyer unique) pour laquelle la diminution du coût du radium (), depuis la découverte et l'exploitation des minerais nord-canadiens, permettrait, en augmentant, bien au-delà de 4 à 10 grammes, la charge de la bombe radifère, d'envisager des distances d'irradiation suffisantes.

De toute façon, il y a encore, nous semble-t-il, de beaux jours pour la radiothérapie, ce terme étant pris dans son sens le plus général.

Et l’on peut se demander, avec le jeune père de la radioactivité artificielle [175], si « les radio-éléments ne permettront demain à la Médecine de faire un pas décisif » dans le domaine de la cancérothérapie.

Les neutrons, « projectiles de choix (nous citons toujours F. Joliot [175)), car n'étant pas chargés, la barrière d’énergie potentielle (constituée par la charge positive du noyau bombardé) ne joue pas pour eux », passeront bientôt peut-être du domaine du laboratoire à celui de la biologie et de la thérapeutique.

Tout cet avenir séduisant ne rendrait d’ailleurs que plus étroite encore l'indispensable collaboration du physicien et du clinicien.

(4) De 50.000 dollars le gramme, le prix en est rapidement tombé à 21.000 dollars, soit sur la base du change à 21,5 (avril 1937) : 451.500 francs.

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