‹ Contribution à la kinésithérapie oculaireChapitre 4 sur 5 · GYMNASTIQUE DES MUSCLES OCULOMOTEURS · texte numérisé non relu

GYMNASTIQUE DES MUSCLES OCULOMOTEURS

J’ai pu réussir, à l’aide d’un procédé kinésithérapique différent, à améliorer d’une manière considérable, un cas de nystagmus congénital. Je le relate ici en raison du caractère d’incurabilité que revêt d’ordinaire cette affection soignée au moyen des méthodes ordinaires de traitement.

Le mouvement oscillatoire rhytmique involontaire des yeux peut quelquefois se présenter à nous sous forme congénitale. C’est alors

presque toujours le nystagmus lié à une forte amblyopie d’amétropie ou à des lésions du fond oculaire qui n’a aucune ressemblance avec la forme acquise comme celle des mineurs, très bien étudiée par Nieden ou par lésions centrales comme Raehlmann, Charcot, etc., le reconnurent.

Je veux seulement m’occuper du traitement suivi jusqu’à présent dans le cas de nystagmus congénital, qui, ne présente que de très rares cas de guérison. Aussi bien Bohem que Javal assurent en avoir eu avec l’opération de la ténotomie dans les cas compliqués de strabisme et quelquefois sans cette particularité, mais qui présentaient un cas plus marqué de spasme clonique dans le domaine d’un muscle. Toutefois, ni cette cure, ni l’électricité galvanique, ni les injections de strychnine même, n’empêchèrent Fuchs, De Wecker et Landolt, dans leurs traités, de reconnaître l’incurabilité du nystagmus congénital.

J’ai pensé que la courte description d’un cas très marqué de nystagmus dans lequel, en employant une espèce de kinésithérapie oculaire, j’ai pu voir mes efforts couronnés de succès pourrait intéresser.

P. M. âgé de io ans à peine, d’un père possédant une parfaite santé, et trois frères qui ne présentaient rien d’anormal. La mère, il y a quelques années, mourut d’une maladie de poitrine. Les parents de l’enfant s’aperçurent, dès la première année de son affection, du continuel mouvement des yeux et de son impossibilité absolue de fixer, ainsi que d’un mouvement de tête continuel et anormal. Depuis cette époque, le nystagmus n’a jamais cessé ainsi que les mouvements de tête.

Plusieurs oculistes français et italiens qui visitèrent l’enfant se limitèrent à conseiller les toniques, le repos. Un d’entre eux chercha à corriger l’hypermétropie en conseillant des verres sphériques positifs. Mais la correction ne fut absolument pas acceptée par l’enfant. Le 2 5 janvier 1896, je reconnus chez le malade un nystagmus horizontal, binoculaire, continuel, très marqué.

En fixant la pupille au centre du strabomètre de Laurence, la moyenne du déplacement latéral apparent est de près de 5 millimètres.

Surtout quand le malade voulait fixer, ou se sentait observé, le nystagmus augmentait encore bien plus ; l’on pouvait vérifier alors une espèce de strabisme convergent alternatif, facultatif, qu’on ne remarquait pas quand il était au repos. Le nystagmus est accompagné de mouvements de tête qui ne lui sont pas toujours apposés et synchrones, ainsique de spasme clonique du muscle orbiculaire.

L’enfant est daltonique pour toutes les couleurs. Il ne s’aperçoit d’aucun mouvement des objets qu’il fixe.

L’acuité visuelle est assez réduite de la normale.

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