‹ Contribution à la Médecine Industrielle: Le Médecin d'UsineChapitre 12 sur 18 · III. — MÉDECINE D’USINE ET PRÉVENTIONS · texte numérisé non relu

III. — MÉDECINE D’USINE ET PRÉVENTIONS

La médecine d’usine est avant tout une médecine préventive. La préoccupation constante du médecin d’industrie sera donc comme le disait déjà Puccinotti au xvir siècle de : « Rendre le travail inoffensif afin de conserver la vie au travail. » Conseiller technique pour tout ce qui concerne l’hygiène industrielle, rien de ce qui peut améliorer les conditions de travail ou de confort de l’ouvrier ne lui sera indifférent. Les problèmes les plus élémentaires ne lui seront pas étrangers. Il contrôlera la propreté des vestiaires, des lavabos ou des w.-c., vérifiera leur désinfection périodique, avec le même zèle qu’il imposera aux services compétents l'installation de dispositifs d’aération, de ventilation ou d’aspiration. Connaissant les facteurs nocifs de l’industrie à laquelle il collabore, il tendra tous ses efforts pour y remédier.

Partout il recherchera ce qui peut nuire; chimiste il saura analyser l’air qu’il aura prélevé, dénombrant les poussières il recherchera leur nature ,et tâchera de découvrir la source de leur formation, analysant les gaz, il déterminera leur composition. Pour toutes les recherches délicates il saura s’entourer de chimistes, de techniciens choisis parmi les plus compétents. Ayant défini parfaitement les conditions optima de l’hygiène, il fera appel à lingénieur pour la réalisation des dispositifs nécessaires. Mais [à ne s’arrête pas le rôle d’hygiéniste des médecins d’usine, et il n’aura fait vraiment œuvre utile que lorsqu'il aura su s'assurer la coopération de l’ouvrier. Ce rôle

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d’éducateur n’est pas toujours le plus aisé, et nous avons souvent remarqué comme il était difficile de faire admettre à certains travailleurs, qu’un bienfait, qu’une amélioration n'étaient pas une brimade.

En dehors de la lutte contre les dangers dus à la viciation de l’ambiance d’atelier, le médecin d’usine aura encore à lutter contre ce que nous appellerons le « risque machine ». Hélas! ce risque est parfois considérable, et les statistiques ont démontré fréquemment l'augmentation des accidents du travail, parallèlement au perfectionnement de la machine. Tenant constamment à jour la liste des accidents du travail, il arrive souvent que le praticien se demande pourquoi sur la même machine les accidents se répètent avec une fréquence étonnante, pourquoi les accidents sont-ils plus fréquents dans un atelier que dans un autre? Le devoir urgent du médecin est d’aller lui-même chercher sur place la réponse à ces questions. Et souvent il constate que : cet ouvrier qui se blesse si souvent est un maladroit ou un mal adapté, que la cadence qui lui est imposée est trop élevée; cette machine dangereuse est mal installée, ou mal éclairée, le dispositif de sécurité prévu y est insuffisant ou fonctionne mal. Ayant fait ces constatations, le médecin alerte immédiatement les services compétents afin qu'ils envisagent de remédier à ces défectuosités. Il propose au besoin les moyens de protection, c’est ainsi qu’il pourra avoir recours aux dispositifs les plus compliqués de protection, comme cellules photo-électriques, jusqu’à l'emploi des moyens les plus simples, port de sabots, de lunetres, désencombrement des pistes, etc.

Quoi qu’il en soit, le rôle du médecin d’usine est capital pour tout ce qui a trait à l’hygiène et à la sécurité. Conseiller technique de l’ingénieur en ce qui concerne la salubrité, de sa vigilance dépend la diminution du risque accident et mala-

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