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sition des muscles coïncide d'une façon marquée avec la classification ordinaire de l’ordre et semble dépendre beaucoup plus des affinités des animaux que de leurs habitudes et genre de vie.
Tout en reconnaissant, comme je l'indique dans mes conclusions, qu'un très grand nombre de dispositions musculaires n’ont aucun rapport avec la fonction et relèvent des influences génériques, on ne saurait douter à priori que les modalités nombreuses auxquelles doit se plier l'organe de la locomotion ne soient de nature à déformer son type originel. En fait, on trouve chez les sujets d'un même ordre mais de fonctions diffé rentes des groupes musculaires qui sont peu semblables les uns aux autres et j'incline volontiers à admettre avec Remy Saint- Loup que la myologie est d'un secours d'autant moins grand dans la recherche des affinités qu'elle est plus favorable à l'étude des influences fonctionnelles. Elle est trop plastique pour repérer sûrement les affinités. « Nous ne pensons pas, dit Remy Saint- Loup, que la myologie comparée soit appelée à Jeter beaucoup de clarté sur les problèmes d'affinité zoologique, mais bien plutôt qu'elle trouve son intérêt à démontrer les variations de structure musculaire qui, dans une même espèce ou dans les espèces voisines, correspondent à des différenciations de dimensions et d'habitudes des sujets étudiés (1). »
Je veux bien admettre toutefois que les adaptations fonctionnelles n'atteignent pas également tous les muscles, que certains groupes, ceux des membres par exemple, sont plus profondément et plus souvent modifiés que d'autres. Je citerai une remarque de Parsons (2),quime
(1) Remy. Samr-Lour. Le Dolichotis patagonica. Annales des Sciences naturelles, Zoologie, 8e série, t. VI, 1898, p. 304.
(2) Parsons. On the myology of the myomorphine Rodents. Proceedings of the Zoological Society, London, 1896, p. 190.
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parait favorable à cette opinion. Après avoir cherché à mettre en relief les caractères myologiques spéciaux à chaque espèce de Rongeurs en précisant les points de ressemblance et de différence qu’elles ont entre elles, il admet que ce sont surtout les muscles du tronc, du cou et de l'épaule qui sont les plus dignes de confiance pour la classification : l'omo-hyoïdien, le scapuloclaviculaire, l’acromio-trachélien, le scalène antérieur, le splenius colli, le trachélo-mastoïdien, le grand droit de l’abdomen, le transverso-maxillaire, le masséter, le digastrique, le biceps, le coraco-brachial, etc. Et, en effet, l'adaptation à la vie des champs, des arbres ou des terriers exercera plutôt son action sur les muscles des membres, sur la cuisse et la jambe chez le Coureur, sur l’avant-bras et la main chez le Fouisseur ou le Grimpeur. Aussi ai-je pris spécialement pour objet de mon étude les masses musculaires des membres qui semblent offrir un champ plus favorable aux adaptations fonctionnelles.
Les influences génériques ou fonctionnelles ne sont pas les seules qui impriment leurs traces sur le système musculaire. Il faut encore tenir grand compte de ces variations si fréquentes que l’on groupe sous le nom d'anomalies. L'apparente fixité de la morphologie individuelle cache une variabilité réelle qui est surtout apparente dans la conformation des muscles et des veines. Quand on étudie le sytème musculaire sur un certain nombre de sujets dans des conditions exactement semblables, on constate non sans surprise, que les insertions, la forme, le nombre des faisceaux charnus ou de leurs tendons peuvent offrir des différences parfois étendues. Tel muscle, sans cause apparente, est plus condensé ou plus divisé : tel autre est devenu fibreux, ailleurs on trouve un corps charnu, des brides tendineuses inconnues chez les autres sujets. Quoique plus