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fréquentes chez l’homme et dans les espèces supérieures, chez les Anthropoïdes par exemple (Chudzinski),ces anomalies ne leur sont pas spéciales, car on les trouve à tous les degrés de l'échelle, mais chez les Rongeurs en particulier, Parsons (1) les estime moins fréquentes que chez l'homme. Longtemps leur marche insaisissable les a fait prendre pour des bizarreries sans explication, un jeu de la nature. KElles échappent, en effet, à toute influence extérieure ou fonctionnelle ét ne répondent pas au type morphologique actuellément connu de la famille et de l’espèce.
On a démontré de nos jours que ces variations individuelles n'étaient pas une pure fantaisie plastique et que leur raison d'être siégeait dans les espèces qui occupent un niveau inférieur. Ces anomalies pour la plupart reproduisent des dispositions qui sont normales dans les espèces inférieures. Elles sont une manifestation des relations étroites qui unissent les espèces entre elles.
L’explication n'est ni générale ni absolue. Elle ne saurait par exemple s'appliquer aux faits qui témoignent dans un organisme d’un perfectionnement, d’une tendance au progrès. Elle ne nous dit pas non plusle pourquoi de cette apparition soudaine, inattendue, sans provocation, dans un organisme élevé, de telle disposition propre aux types inférieurs et que les autres organismes ont perdue.
Le fait n’en est pas moins certain. Le plus souvent, l'anomalie musculaire ou autre se retrouve à titre normal quand on descend quelques degrés de l'échelle animale. On comprend dès lors l'intérêt majeur que prend l'anatomie comparée pour l’étude de l'homme et des espèces supérieures : pour la myologie les récents travaux de
(1) Loc. ct, Myomorphine Rodents 1896, p. 191.
synthèse des professeurs Testut (1) et Ledouble (2) ont montré tout le parti qu'on pouvait tirer des muscles des animaux dans l'interprétation des anomalies si fréquentes chez l’homme.
Cesvariationsindividuelles, d'autre part, nesontpas une des moindres difficultés que l’on peut rencontrer quandon cherche à démêler la part qui revient dans la morphologie musculaire aux influences des races ou des fonctions.
L'idée qui a inspiré le présent travail est tout entière dans les considérations précédentes. En abordant cette étude de myologie comparée, j'ai eu pour but de rechercher, en me plaçant dans des conditions qui réduisent au minimum les influences familiales, l’action qu’exerce la fonction sur des groupes musculaires déterminés. J'ai pensé, d'autre part, qu'il n’était pas indifférent de réunir des descriptions précises d'anatomie qui pouvaient être utilisées soit dans ia classification des animaux eux-mêmes, soit plutôt dans l'interprétation des anomalies si fréquentes chez l'homme et chez les animaux supérieurs.
L'ordre des Rongeurs, avec ses types physiologiques très nets et variés, m'a paru répondreassez favorablement aux conditions du problème que Je me proposais.On trouve côte à côte dans ce groupe d'animaux, des Coureurs, des Sauteurs, des Fouisseurs, des Grimpeurs, souvent dans les mêmes familles. A côté du Lapin {Lepus cuniculus), qui est un fouisseur, vivant en terrier, on trouve le Lièvre {Lepus timidus) « qui vit isolé, ne se terre point, couche à plate terre et se fait chasser en arpentant la terre par de grands circuits (3). » Dans la classe des Sciuromorphes, on voit près des Ecureuils (Sciurus) « qui grimpent aux arbres avec facilité,
(1) TesTur. Les Anomalies musculaires chez l’homme, 1884.
(2) LepouBLe. Traité des Variations du système musculaire de l'homme, Paris 1897, 2 vol.
(3) Cuvier. Le Règne animal. Fortin, Masson et Cie. Texte, p. 255.