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Tibial postérieur

Ce muscle est généralement peu développé.

Chez Cavia cobaya (3), il est mince, demi-penniforme, inséré sur le lisament interosseux et la partie voisine des deux os de la jambe. Son tendon passe devant celui du flé-

(1) Insertion sup. : LXXIIL B,15, p. 213.

(2; Insertion sup. : LXXIIT, B, 16.

(3) Insertion sup. : LXVII, 15, p. 208.

chisseur tibial et après sa réflexion derrière la malléole interne, se fixe au tubercule du scaphoïde.

Chez Mus decumanus (l), il est refoulé sur la partie interne de la jambe par le développement du fléchisseur péronier. Il s’insère sous le poplité sur la ligne oblique du tibia et au tiers moyen du bord interne de l'os. Son extrémité supérieure est recouverte par la lamelle fibreuse du fléchisseur tibial qui la contourne pour gagner son insertion. Son tendon se place en dedans de celui du fléchisseur tibial (fig. XC VIII, 24, p. 336); il se réfléchit dans la gouttière qui est creusée sur la face interne de la malléole tibiale et s'insère au scaphoïde.

Sciurus vulgaris (2). — Muscle très réduit de volume et rejeté sur le côté interne de la jambe. Il se fixe à la face postérieure de la têle du péroné et à la face postérieure du tibia suivant une ligne qui descend jusqu’au tiers moyen entre les deux fléchisseurs. Son tendon passe sous celui du fléchisseur tibial et se fixe à la partie postérieure du scaphoïde.

Dipus ægyptius (3). — Rudimentaire. Petit corps charnu situé sous les fléchisseurs et s'insérant avec le fléchisseur tibial le long de Ia ligne poplitée et sur le bord interne du tibia. Son tendon filiforme passe sous celui du fléchisseur tibial et s’insère au scaphoïde.

Chez Lepus cuniculus (4) et Lepus timidus (5) le {ibiay postérieur peut être considéré comme un des points controversés et délicats de la myologie. Il convient d’exposer d’abord les faits avant de les discuter.

On trouve sur la face interne du tibia un muscle semi-penniforme, assez important et allongé quoique aplati, qui chez

(1) Insertion sup. : LXVIII, 22, p. 209.

(2) Insertion sup. : LXIX, 15, p. 209.

(3) Insertion sup. : LXX, 9, p. 210.

(4) Insertion sup. : LXXI, 12, p. 211.

(5) Insertion sup. : LXXII, 14, p. 212.

le Lapin prend naissance sur le bord interne du plateau tibial, au-dessous de la surface articulaire, au-devant de l'insertion de l’ischio-tibial. Les fibres s’implantent sur la moitié supérieure de la face interne de l'os, confinant en arrière au poplité qui les sépare des fléchisseurs tibial et péronier, en avant au tibial antérieur. Chez le Lièvre (/ig. XC, 12, p.299) l'insertion ne s'élève pas au-dessus du cinquième supérieur de la face interne du tibia ; elle est recouverte par les tendons du demi-tendineux et du droit interne. Toutefois le bord postérieur du muscle monte sur le bord interne du tibia jusqu’au condyle interne et s'arrête derrière l'ischio-tibial.

Le tendon se dégage vers le tiers inférieur de la jambe chez le Lapin, vers son milieu chez le Lièvre. Il descend audevant du fléchisseur tibial, se réfléchit derrierele petit crochet que présente près de la mortaise le bord interne du tibia et croise obliquement en bas et en avant le ligament latéral interne de l'articulation tibio-tarsienne. Il suit le bord interne du pied (/ig. CT, 12, p.367), envoie une expansion au tenden de l’extenseur au niveau du tarse, adhère avec l’interosseux interne à la base de la première phalange du second métatarsien, puis, continuant son trajet sur le dos de cette phalange, se fusionne avec le tendon de lextenseur du second doigt.

Krause, en raison de son insertion terminale sur le dos du pied avait décrit ce muscle sous le nom d'extensor hallucis longus. Leche déclare que Xrause a commis une erreur et il se range à l'opinion de Ruge qui voit dans ce muscle un segment de la couche postérieure de la jambe ayant émigré vers la partie dorsale.

Or Leche, parlant de l’innervation de ce muscle, la donne comme fournie par le tibial antérieur, ce qui viendrait à l’encontre de l'opinion de Ruge. Je veux plutôt croire qu'ils’agit d’une erreur matérielle de texte, car je me suis rendu compte que le muscle en question était bien innervé par la branche du sciatique poplité interne qui fournit le fléchisseur péronier.

Il s'agit donc bien, comme le veulent Ruge et Leche, d'un muscle appartenant à la région postérieure de la jambe,

malgré son insertion, sa situation, et surtout malgré sa terminaison. L'embryologie ou des formes intermédiaires pourraient seules établir d’une façon pérernptoire que malgré son origine en dedans du poplité, sa situation sur la partie interne de la jambe et sa terminaison avec les extenseurs, il forme le tibial postérieur. Cependant nous avons déjà vu chez Sciurus ce muscle avoir une tendance à être rejeté sur la partie interne de la jambe par le développement des fléchisseurs. D'autre part l'hypothèse précédente semblera permise si on tient compte de la provenance rétro-jambière de ce muscle qui est démontrée par l’innervation, et de l’absence de tout autre faisceau pouvant représenter le tibial postérieur chez le Lièvre et le Lapin.

Arctomys marmotta (1). — L'origine du tbial postérieur décrit une courbe concave en bas et en dehors, sur la face postérieure de la partie proximale du tibia. Cette courbe commence près du péroné et suit la ligne poplitée jusqu’au bord interne de l'os. L'insertion est séparée de celle du poplité par lasurface de ce nom, le poplité ne se fixant qu’au bord interne de l'os. Le corps charnu, placé devant le fléchisseur tibial, donne un long tendon qui se réfléchit sur la malléole interne et se fixe à l’apophyse inférieure du scaphoïde.

Résumé. — 1° Parmi les dispositions anatomiques que présentent les muscles postérieurs de la jambe, on peut relever les suivantes comme étrangères à toute influence fonctionnelle.

Les unes sont indépendantes des influences génériques, telles sont les suivantes :

L'insertion supérieure des jumeaux contient des sésamoïdes chez Cavia, Mus, Sciurus, Lepus, Arctomys : elle n’en contient pas chez Dipus.

Il est intéressant de noter leur présence chez Cavia,

(1) Insertion sup. LXXIII, 13, p. 213.

leur absence chez un autre Caviidé, Cœlogenys (Parsons).

D'autres sont plutôt en rapport avecles influences familiales.

Le soléaire n’est indépendant du tendon d'Achille que chez Cavia, comme chez les autres Caviidés : il lui est uni chez Mus, Sciurus, Dipus, Lepus, Arctomys.

Le court fléchisseur des orteils n'existe que chez Mus, comme chez la plupart des Myomorphes ; il n'existe pas dans les autres {ypes.

L'union du fléchisseur tibial et du fléchisseur péronier a lieu plutôtchezles Hystricomorphes (Cavia, Dipus) (1); chez les Lagomorphes (Lepus cuniculus, Lepus timidus), elle fait plutôt défaut chez les Myomorphes (Mus decumanus), chez les Sciuromorphes (Sciurus, Arctomys).

2° À côté de ces caractères qui relèvent uniquement des affinités, on peut trouver, ce me semble, une preuve de l'influence fonctionnelle dans les dispositions suivantes.

L'insertion des jumeaux nous montre chez Cavia l'insertion de quelques fibres charnues sur le ligament externe de la rotule, mais chez Dipus ægyptius, Lepus cuniculus et Lepus timidus, on trouve des rapports beaucoup plus importants avec cet os. Ce sont de petits faisceaux musculaires qui naisseni des bords de la rotule et qui vont s'unir, après un certain trajet, avec la face postérieure du jumeau externe. On en trouve un chez Dipus, deux chez Lepus timidus et Lepus cuntculus.

D'autre part ces trois animaux sont les seuls parmi ceux que j'ai disséqués, dont le tendon d'Achille présen-

(1) Tout en acceptant cette ressemblance des Dipodidés avec les Hystricomorphes et quelques autres traits communs, Parsons estime cependant que les tendances myomorphiques des Dipodidés Sont beaucoup plus fortes que leurs tendances hystricomorphiques (loc. cit. 1896, p. 187).

tait des connexions avec les muscles de la cuisse. Chez Dipus il est en rapport en dedans avec le droit interne et le grand adducteur par l'intermédiaire d'une longue bride fibreuse, en dehors avec le biceps par une expansion aponévrotique quise détache du bord postérieur de ce muscle.

Chez Lepus cuniculus et Lepus timidus, le tendon d'Achille est uni au droit interne et au demi-tendineux. Chez le premier son union avec le demi-tendineux est seule directe par l'émission d’un tendon vertical qui va le rejoindre après un trajet le long de la jambe. Le droit interne adhère au demi-tendineux et ne se trouve qu'en relation indirecte avec le tendon d'Achille, Chez Lepus timidus chacun des muscles envoie une forte lamelle tendineuse qui s'unissent avant d'aborder le tendon d'Achille.

Chez ces troisanimauxles jumeaux sont larges etépais.

Il semble donc que l’on puisse admettre que chez les Sauteurs, les jumeaux se font remarquer par leur volume, leurs connexions rotuliennes et les relations du tendon d'Achille avec les muscles de la cuisse.

Chez le Fouisseur, les jumeaux sont également larges et épais, mais ils ne présententent ni connexions rotuliennes ni relations avec les muscles de la cuisse.

Chez le Grimpeur, ils sont plutôt petits ou de volume moyen ; par contre les agents de la flexion des doigts sont plus développés. Le fléchisseur perforant ou péronier et le fléchisseur perforé ou plantaire grêle sont puissants ; le fléchisseur tibial, dont l'indépendance est un caractère sciuromorphe, est lui-même relativement assez développé.

Il faut signaler aussi la direction transversale du poplité chez Sciurus et son insertion à la partie interne du tibia.

Conclusions : 1° Les jumeaux des Sauteurs sont vo-

lumineux, ont des connexions rotuliennes charnues, sont en relation par le tendon d'Achille avec les muscles de la cuisse.

2° Chez le Grimpeur, les muscles fléchisseurs des doigts sont relativement plus développés que les muscles extenseurs du pied ; le poplité est non-seulement un extenseur de la jambe, mais un rotateur interne.

B. — Région antéro-externe de la jambe

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