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que ces deux phénomènes se rencontrent souvent au cours de la lithiase, et il semble plus juste de penser que c’est au contraire le calcul biliaire qui est la cause la plus fréquente de la stase et de l'infection des voies biliaires.
IV. -— Théorie de Rovsing sur la pathogénie des calculs biliaires.
A. PATnoGÉNIE. —— La formation des calculs biliaires cCom-
mence, en règle générale, dans le foie par la précipitation du - pigment calcique noir. Cette précipitation est due, en général, à une cause passagère. La plus grande partie de ces concrétions passe directement dans l'intestin, «mais quelques-unes s'arrêtent dans la vésicule (ou moins souvent dans un gros canal hépathique): grâce à leurs arêtes piquantes, elles se fixent dans la muqueuse de la vésicule, l’irritent et produisent ainsi une desquamation épithéliale qui détermine le catarrhe lithogène. Ainsi est fourni l'élément organique indispensable à l'édification des calculs, cholestérine, bilirubine ou biliverdine calcique, qui se précipite autour de ces corps étrangers.
Cette précipitation est obtenue par l'arrêt physiologique de la bile dans la vésicule, où la résorption de l’eau entraîne une très importante concentration de la bile.
En effet, John Berg à montré que « la vésicule, à cause de son union avec le foie, est un organe de rétention partielle permanente de son contenu ». C'est pourquoi la précipitation des sels biliaires est très rapide et les petits noyaux de pigment restent facilement accrochés dans la vésicule.
A l'appui de sa théorie, Rovsing donne-les preuves suivantes :
1° Le stade primitif des calculs est un calcul de pigment calcique noir.
En effet, sur lés calculs de ses 530 opérés, tous avaient un centre de pigment calcique noir, sauf un de cholestérine pure : mais, étant donné que plus les calculs sont anciens, plus petit est le noyau central, on peut en conclure que cette exception
n’est qu'apparente et que, dans ce calcul très ancien, la cholestérine avait refoulé complètement tout pigment.
2° Les calculs de pigment calcique noir se forment dans le es As
Tous les auteurs, même Naunyn, les ont rencontrés dans le foie ou les voies biliaires intrahépatiques et tout à fait excephonnellement dans la vésicule; c'est justement à cause de leur rareté dans cet organe qu'on les avait négligés. Or, comme la bihihumine dont ils sont formés ne se trouve pas dans la vésicule normale, dès qu'ils y sont arrivés ils ne peuvent s'angmenter que par incrustation des éléments solides normaux de la bile. Leur aspect-extérieur change donc et c’est ce qui a induit en erreur les différents auteurs.
3° L'élimination du pigment calcique et l’état morbide qui en est cause sont passagers.
Il s’agit bien d’une diathèse ou d'un trouble du métabolisme à action passagère car, s’il en était autrement, on devrait trouver dans une vésicule des calculs à tous les stades de développement. Or, « les calculs biliaires, lorsqu'ils sont multiples, sont ou bien de grosseur et de formes égales, ou bien appartiennent à des générations différentes dont les individus portent l'empreinte d'un développement contemporain ».
B. Eriococie. — Mais quelles sont la nature et les causes de ces anomalies passagères qui font que le foie élimine de la bilihumine calcique? Est-ce une affection congénitale, héréditaire ? Cela est peu probable, puisque, sur ses 530 opérés, Rovsing ne trouve que 25 cas, soit 4,7 p. 100 d’antécédents héréditaires ou collatéraux positifs.
Par contre, il est un fait qui est évident, c’est la proportion beaucoup plus grande de lithiasiques chez la femme que chez l’homme, surtout à l’époque de la maternité. C’est ainsi que, sur 530 opérés, Rovsing a 428 femmes, soit 80 p. 100. De plus, le pourcentage d'hommes est plus élevé à la clinique privée qu'à l'hôpital, ce qui montre le rôle de l’excès de nourriture et du manque d'exercice.
En s’appuyant sur ses statistiques personnelles et sur 3 sta-
or e
tistiques d’autopsies portant sur 7.447 cadavres, Rovsing en conclut :
a) Certaines particularités du sexe féminin causent plus fréquemment chez la femme que chez l’homme des troubles susceptibles de nécessiter le recours à l'opération, puisque la statistique opératoire donne 4 femmes pour 1 homme et la statistique des nécropsies 2 femmes seulement pour un homme;
b) La grossesse a une influence énorme, en voici la preuve : chez l’homme, presque pas de calculs avant 30 ans, chez la femme, dès 20 ans on trouve des calculs (5 à 12 p. 100 de l’ensemble des cadavres examinés entre 20 et 30 ans avaient des calculs). Or, comme chez les femmes vierges de 20 à 30 ans on trouve aussi peu souvent de calculs que chez les hommes du même âge, il faut admettre évidemment qu'il existe d’autres causes communes pour ces cas, mais que les cas les plus fréquents pour les femmes de cet âge concernent des femmes enceintes ou déjà mères. Voyons maintenant, d’après les constatations précédentes, les causes occasionnelles ou prédisposantes de la lithiase.
1° La grossesse. — Comment la grossesse influe-t-elle ?
a) Grâce à une diminution d'apport de liquide au foie par suite de l’eau que réclament le fœtus et la sécrétion lactée, le pigment calcique, ne pouvant rester en solution, se précipite;
b) Les substances toxiques provenant du fœtus passent dans la circulation générale de la mère, d’où troubles du métabolisme aboutissant à la précipitation du pigment calcique.
En effet, le foie joue un‘ rôle important dans l'élimination des produits d'échanges toxiques; Milescu à décrit le « foie gravidique » et Hofbauer a trouvé dans l’intérieur des lobules hépatiques de femmes enceintes ne présentant aucun signe d'affection hépatique, entre autres constatations, de la stase biliaire et des dépôts de pigment.
2° Autres causes. — Mais quelles sont les causes communes chez l’homme et chez la femme vierge ? De ce qui précède, on peut en conclure qu'il s'agit, Ià aussi, de la conséquence de certaines maladies entraînant un appauvrissement de l’orga-
nd fee
nisme en liquide ou une toxémie, d’où élimination de pigments calciques dans le foie.
En effet, se basant sur 32 autopsies où on avait trouvé des calculs de pigment pur, c'est-à-dire des cas où la formation des calculs remontait à peu de temps, Rovsing en conclut que c'est. à la maladie qui a causé la mort que les calculs doivent leur origine. Or, les suppurations chroniques ou les cancers sténosants du tube digestif, c’est-à-dire des maladies accompagnées de toxémie prolongée, s’y rencontrent dans 80 p. 100 des cas.
De plus, la fréquence ges cholécystiques après les fièvres rhumatismales, typhoïdes ou les ostéomyélites vient à l'appui de cette théorie.
3° Causes prédisposantes. — Enfin, il n'y a pas de douie que l'excès de nourriture et le manque d'exercice sont des causes prédisposantes.
En effet, la plupart des lithiasiques sont des femmes grosses, bien nourries, et les ptosiques sont rarement atteintes.
De plus, ainsi qu'il est dit plus haut, ia proportion d’hommes est double dans la statistique de la clinique privée de Rovsing (il s’agit là de malades aisés et bien nourris) de celle de la statistique d'hôpital.